le Jeudi 25 juin 2026
le Jeudi 25 juin 2026 12:58 Agriculture

La place de l’agriculture locale fait débat au Festival de la fraise

  PHOTO : COURTOISIE
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À LaSalle, le résident Simon Jacques estime que le développement urbain a éloigné l’événement de sa mission initiale. De son côté, la Ville soutient que la célébration demeure ancrée dans la promotion des producteurs de la région.

La place de l’agriculture locale fait débat au Festival de la fraise
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À ses débuts, le Festival de la fraise avait pour vocation de promouvoir la production locale et de mettre en valeur le caractère agricole de LaSalle. Aujourd’hui, alors que la municipalité poursuit son développement résidentiel, certains citoyens s’interrogent sur l’évolution de cet événement emblématique.

C’est le cas de Simon Jacques, négociateur sur les marchés agricoles au Chicago Board of Trade et résident de LaSalle. « En parlant avec mes concitoyens, j’ai constaté qu’il y avait un enjeu. L’origine de notre festival était pour les producteurs locaux, les producteurs de fraises. Mais avec le développement résidentiel, les meilleures terres qui étaient propices à la culture de la fraise ont disparu », affirme-t-il.

Selon lui, le festival demeure un succès populaire, mais il existe désormais un décalage entre sa raison d’être initiale et la réalité agricole actuelle. « C’est un festival qui existe toujours et les gens ont du plaisir, mais le concept initial était fait pour les agriculteurs et pour notre agriculture locale », poursuit-il.

Le Festival de la fraise de LaSalle continue de réunir petits et grands.

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Pour Simon Jacques, les producteurs agricoles devraient occuper une place encore plus importante, non seulement au sein du festival, mais aussi dans l’ensemble de la vie communautaire. « Nos producteurs agricoles doivent occuper une place reconnue dans notre espace vital de communauté. Nous devons avoir à cœur leur travail et promouvoir leur valeur économique », soutient-il.

Le résident estime qu’une meilleure représentation du milieu agricole au sein des instances municipales permettrait de développer de nouveaux projets favorisant les exploitations locales. « Ça prend quelqu’un qui a une oreille attentive aux besoins des producteurs et une vision. Je vois actuellement un vide au niveau municipal en ce qui concerne cette expertise », affirme-t-il.

Simon Jacques réfléchit d’ailleurs à la possibilité de briguer un siège au conseil municipal lors des prochaines élections afin de représenter les intérêts du secteur agricole. « Je songe à me présenter au conseil pour représenter ce segment de notre population qui exerce un métier noble dans l’agriculture », explique-t-il.

Selon lui, une meilleure connaissance des réalités agricoles permettrait notamment de favoriser des initiatives locales, de soutenir les petites exploitations et d’assurer la pérennité des fermes familiales.

« Cette mission initiale reste au cœur même du Festival de la fraise de LaSalle »

— Patti Funaro, directrice de la culture et des loisirs de la Ville

La Ville de LaSalle rejette toutefois l’idée selon laquelle le Festival de la fraise se serait éloigné de sa mission d’origine. La directrice de la culture et des loisirs, Patti Funaro, affirme que l’agriculture locale demeure au cœur même de l’événement. « Cette mission initiale reste au cœur même du Festival de la fraise de LaSalle », assure-t-elle.

Chaque année, les fraises servies pendant le festival proviennent de Raymont’s Berries, une entreprise familiale du comté d’Essex. « Les fraises sont cultivées et récoltées spécialement pour coïncider avec le week-end du festival, ce qui garantit qu’elles sont servies à leur apogée de fraîcheur », explique Patti Funaro.

Selon elle, les visiteurs vivent précisément l’expérience souhaitée par les fondateurs du festival. « Lorsque les visiteurs font la queue pour déguster des fraises et des glaces, ils vivent exactement ce que ce festival a été créé pour célébrer : nos producteurs locaux et leur récolte. »

Raymont’s Berries occupe également une place visible au sein des festivités. L’entreprise participe notamment au défilé annuel avec son camion portant la mascotte du festival. Les fraises sont servies avec de la crème glacée Chapman’s, fabriquée en Ontario, ce qui permet, selon la municipalité, de mettre en valeur à la fois l’agriculture locale et une entreprise canadienne.

Pour Patti Funaro, le festival joue également un rôle éducatif en rapprochant les citoyens de la réalité agricole. « Le festival crée un lien direct entre les habitants et l’agriculture locale », souligne-t-elle.

Cet objectif se concrétise notamment grâce à des activités comme l’atelier de plantation de fraises animé par Raymont’s Berries. « Cela offre aux familles un moyen simple et concret de s’impliquer dans le processus de culture », précise-t-elle. La directrice rappelle aussi que l’organisation fait appel à de nombreux fournisseurs locaux, régionaux et provinciaux afin que les retombées économiques demeurent dans la région.

Comme plusieurs secteurs agricoles, la production de fraises fait toutefois face à de nombreuses pressions. « Notre priorité est de soutenir et de mettre à l’honneur les producteurs locaux chaque fois que nous le pouvons, et le Festival de la fraise est l’un des moyens que nous mettons en œuvre pour y parvenir », affirme Patti Funaro.

Héritage culturel et souveraineté alimentaire

Au-delà du Festival de la fraise, Simon Jacques souhaite ouvrir une réflexion plus large sur l’avenir de l’agriculture à LaSalle. Selon lui, l’étalement urbain constitue l’un des principaux défis auxquels la municipalité devra faire face au cours des prochaines années. « Il faut être capable de voir au-delà des chiffres. Il faut reconnaître la valeur des exploitations agricoles et préserver le plus possible notre territoire agricole », soutient-il.

Le résident estime que la disparition progressive des terres cultivées entraîne également des conséquences sociales et culturelles. « Il y a tout un héritage culturel qu’on perd. L’agriculture locale crée des liens humains et contribue à la qualité de vie de la communauté », affirme-t-il.

Son expérience des marchés agricoles internationaux l’amène aussi à réfléchir aux enjeux de souveraineté alimentaire. « Quand l’agriculture locale disparaît, nous devenons dépendants. Il y a une valeur dans l’agriculture locale qui est très difficile à quantifier, mais qui demeure essentielle », dit-il.

Pour la Ville, le Festival de la fraise reste justement un outil privilégié pour sensibiliser les citoyens à cette réalité. « Nous espérons que les visiteurs repartiront en ayant pris conscience du rôle que jouent les producteurs locaux au sein de notre communauté », souligne Patti Funaro. « Déguster des fraises et de la glace lors du festival nous rappelle tout simplement que l’alimentation commence près de chez nous et qu’elle est étroitement liée aux personnes et aux lieux qui nous entourent. »