le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 21 mai 2025 14:19 Agriculture

Travailleurs immigrants: ils sont de retour!

Ces travailleurs immigrants prennent une pause dans un champ du Nord de l'Ontario.
Ces travailleurs immigrants prennent une pause dans un champ du Nord de l'Ontario.

Le retour des beaux jours apporte avec lui une manne bienvenue pour les agriculteurs ontariens: les travailleurs saisonniers venus d’autres pays pour aider au travail sur la ferme. Les conditions de travail offertes se sont-elles améliorées?

Travailleurs immigrants: ils sont de retour!
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Bill George croit que tout est mis en œuvre pour assurer le bien-être des travailleurs étrangers en Ontario.

L’an dernier, Agricom assistait à un bras-de-fer entre le Foreign Agricultural Resources Management Services (FARMS) et l’organisme Migrant Workers Alliance for Change. Le premier estimait que les fermes qui traitaient les travailleurs immigrants comme des esclaves étaient la rare exception à la règle, tandis que le second dénonçait les règles injustes et les conditions déplorables rapportées par nombre de ces travailleurs.

Partenariat pour améliorer

« Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et le Programme des travailleurs étrangers temporaires (TET) sont encore parfois décrits comme laissant les travailleurs vulnérables sans logement adéquat ni connaissance de leurs droits ou des protections auxquelles ils ont droit, mais un véritable effort de collaboration entre les employeurs agricoles, les différents niveaux de gouvernement et les pays d’origine des travailleurs a largement contribué à répondre aux préoccupations légitimes soulevées », affirme pour sa part Bill George, viticulteur et président du comité du travail de l’Ontario Fruit & Vegetable Growers’ Association (OFVGA).

Selon lui, bien qu’une nouvelle norme nationale en matière de logement soit encore en cours d’élaboration, de nombreux agriculteurs ontariens ont déjà entrepris, à leurs frais, d’améliorer leurs logements, bien au-delà des normes régionales existantes et des changements proposés. Ces logements sont généralement fournis gratuitement aux travailleurs agricoles (PTAS) ou à un coût minime (maximum de 30 $ par semaine dans le cadre du programme des TET).

« Une autre mesure importante mise en place ces dernières années est la création de permis de travail ouverts pour les travailleurs vulnérables, qui permettent aux travailleurs du programme des TET de quitter un milieu de travail problématique et de changer d’employeur. Les travailleurs du PTAS peuvent également demander une mutation vers une autre exploitation agricole approuvée par l’intermédiaire du consulat ou du bureau de liaison de leur pays », dit-il.

Cheikh Moussa Thioye se sent bien accueilli sur sa ferme d’adoption où il pratique son art avant de retourner au Sénégal.

Une occasion d’apprendre

À la Ferme Francorive de Rivière-des-Français, Cheikh Moussa Thioye, originaire du Sénégal, semble entièrement satisfait de ses conditions de vie: il entame sa troisième saison à travailler dans les champs et il voit dans cette expérience, une opportunité de pousser ses connaissances plus loin. 

« C’est pleins de défis, on apprend dans tout! L’agriculture, c’est la vie et je prends plaisir dans tout ce que je fais. » 

Une expertise dont il compte faire profiter ses proches de retour chez lui au Sénégal: « Je ne pense pas avoir la possibilité de m’établir au Canada. J’aimerais avoir ma ferme. C’est beaucoup de défis pour les jeunes, comme la saison des pluies qui est courte et l’aspect financier. J’ai un petit réseau d’amis qui pratiquent l’agriculture au Sénégal. Je partage mes connaissances avec eux », dit-il fièrement.

Chaque année, plus de 20 000 travailleurs internationaux s’installent dans les fermes ontariennes grâce à des programmes légaux et approuvés par le gouvernement. Le PTAS a été lancé en 1966 avec seulement 264 travailleurs jamaïcains. Aujourd’hui, ce programme, fortement réglementé et approuvé par le gouvernement, est ouvert aux travailleurs saisonniers du Mexique, de la Jamaïque, de la Barbade, de Trinité-et-Tobago et des Caraïbes orientales qui retournent dans leur pays d’origine à l’automne.

IJL – Réseau.Presse – Agricom