le Mardi 21 juillet 2026
le Mercredi 5 novembre 2025 13:19 Agriculture

Stimuler la productivité agricole pour rattraper les retards

La part de marché mondiale du Canada en agriculture a chuté de 12% depuis 2000, passant de la cinquième à la septième place dans le monde.  — Crédit photo: Courtoisie Pexels
La part de marché mondiale du Canada en agriculture a chuté de 12% depuis 2000, passant de la cinquième à la septième place dans le monde.
Crédit photo: Courtoisie Pexels

Il est crucial que les agriculteurs aient un accès rapide à de nouveaux outils de semences et de protection des cultures pour rester résilients face aux défis posés par le changement climatique et pour rivaliser sur le marché mondial. La croissance de la productivité agricole du Canada a stagné à moins de 1% depuis son pic de près de 2% il y a deux décennies.

Stimuler la productivité agricole pour rattraper les retards
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C’est du moins ce que soutient CropLife Canada, l’association professionnelle nationale des développeurs, fabricants et distributeurs d’innovations en sciences végétales telles que les pesticides et les biotechnologies végétales. L’organisme a d’ailleurs fait parvenir une lettre au gouvernement fédéral, demandant des actions audacieuses pour stimuler la croissance de la productivité agricole et renforcer l’économie.

Pierre Petelle demande au gouvernement fédéral de poser des gestes concrets pour stimuler la croissance de l’agriculture au pays.

Des retards

Selon Pierre Petelle, président et chef de la direction de CropLife Canada, le secteur agricole fait face à des obstacles importants qui entravent sa croissance, notamment des approbations prévisibles en temps opportun pour les nouvelles innovations agricoles telles que les semences et les produits de protection des cultures.

« Actuellement, il y a deux fois moins de soumissions de pesticides demandant une approbation réglementaire au Canada qu’il y a dix ans, et pourtant les délais d’approbation ont presque doublé. Cela met le Canada en danger de prendre encore plus de retard par rapport à d’autres nations qui ont établi des cadres réglementaires plus efficaces et prévisibles », dit-il.

Un rapport récent de RBC montre que la part de marché mondiale du Canada en agriculture a chuté de 12 % depuis 2000, passant de la cinquième à la septième place dans le monde, et pourrait encore tomber davantage si des mesures correctives ne sont pas prises.

« Les cultures canadiennes sont exportées dans le monde entier et rapportent des milliards dans notre économie, finançant des services essentiels comme la santé et les infrastructures. L’agriculture est vraiment la colonne vertébrale de l’économie canadienne et un énorme moteur de croissance qui bénéficie à chaque Canadien », a déclaré Petelle.

Les recommandations de CropLife

  • Mettre à jour les mandats de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) pour tenir compte des impacts économiques en plus de la santé et de la sécurité.
  • Instituer des pratiques réglementaires à la pointe – tirer parti des examens et des meilleures pratiques réglementaires de juridictions dignes de confiance basées sur le risque.
  • Établir et respecter des délais clairs d’approbation réglementaire – exiger que l’ARLA atteigne 100% de ses objectifs de performance pour faire du Canada une destination de choix pour l’innovation et l’investissement.
  • Réduire la bureaucratie – éliminer les processus bureaucratiques à l’ARLA qui ne protègent pas la santé et la sécurité, et concentrer les ressources scientifiques sur une mise à disposition plus rapide de nouveaux outils pour les agriculteurs.

Oui, mais…

« Absolument, il y a beaucoup de bureaucratie », reconnaît le Whip en chef du Bloc Québécois et porte-parole en matière d’agriculture, d’agroalimentaire et de gestion de l’offre, Yves Perron. « Les maraîchers nous le disent: ils font face à une crise, ils demandent l’autorisation d’urgence d’un produit et l’autorisation arrive après, quand les dommages sont faits . »

Cependant, il s’empresse de nuancer: « C’est évident que CropLife a intérêt à ce que tout aille vite. Ils veulent promouvoir la technologie génomique, mais c’est l’industrie qui s’autoréglemente, ça n’a pas de bon sens; et l’étiquetage aussi est défaillant. Si on découvre un problème dans 10 ans, il faut pouvoir faire la traçabilité du produit! »

Le député de Berthier-Maskinongé suggère que le Canada fasse un partenariat avec les États-Unis ou l’Europe pour accélérer les protocoles, par exemple, en faisant l’étude d’un produit sur le sol dans le Nord des États, et l’étude sur l’eau au Canada; les deux pays pourraient ensuite mettre les résultats en commun.

Yves Perron croit que le gouvernement Carney ne répondra pas favorablement à la demande de CropLife. 

Par ailleurs, au moment d’accorder cette entrevue à Agricom, Yves Perron était d’avis que le gouvernement Carney n’allait pas répondre favorablement à la demande de CropLife qui souhaite voir le fédéral positionner l’agriculture comme une superpuissance économique. 

« Non, le ministre de l’agriculture l’a dit il y a quelques jours en comité parlementaire, en diminuant les attentes pour les producteurs agricoles par le fait même: il n’y aura pas de nouveaux investissements dans ce domaine. Le Canada consacre moins de 1% de son budget à l’agriculture, la moitié moins que ce qui se fait dans d’autres pays. »

Agricom – Jean-Marc Dufresne – IJL