Mais attention: à l’échelle du pays, l’année 2025 se classe malgré tout au deuxième rang des plus importantes années de production jamais enregistrées, principalement en raison des conditions météorologiques qui ont été favorables dans toutes les provinces productrices de sirop d’érable.
Pas clair
En Ontario, les producteurs ont récolté 690 000 gallons de sirop d’érable en 2025, contre 607 000 gallons en 2024. Si la performance ontarienne est impressionnante, elle paraît l’être davantage quand on sait qu’une partie de la production de sirop d’érable passe sous les radars officiels, selon le porte-parole de Statistiques Canada, Serge Desroches: « La communauté mennonite fait une production artisanale de sirop d’érable, mais il n’existe pas de données relatives à la quantité annuellement produite. »
« C’est principalement dû à la situation dans le nord de la province », indique M. Desroches. « D’une part, les conditions météo ont permis d’avoir 40 journées de coulées. On a aussi remarqué une augmentation de 11,7% du nombre d’entailles cette année, qu’on attribue notamment à l’arrivée de nouveaux jeunes producteurs », ajoute-t-il en citant les données de l’enquête annuelle de l’Ontario Maple Syrup Producers’ Association.
Cette enquête nous apprend par ailleurs que 71,7% du traitement de l’eau se fait par osmose.
Daniel Séguin rapporte une excellente production de sirop d’érable en 2025.
Faire plus avec moins
À la sucrerie Séguin, située à Lavigne dans le nord de la province, Daniel Séguin confirme que l’année 2025 a été très bonne pour la production de sirop: « On a fait un peu moins de deux litres par entaille, contre 1,4 l’année précédente. On a fait plus de production avec un peu moins d’entailles, grâce à l’amélioration de notre système de tubulures. »
Le secret selon lui est de ne pas manquer la moindre journée de production. « On a modifié notre système de tubulures. Ça me permet de faire une entaille aux 16 pouces au lieu de deux, et j’obtiens un meilleur vacuum. »
Si l’hiver 2024-2025 a été un « bon hiver traditionnel » pour lui -c’est-à-dire neigeux-, l’hiver 2025 a commencé avec un redoux qui a fait craindre que la fonte de la neige dénude les racines, ce qui aurait été préjudiciable à la production.
Quant à savoir s’il constate un engouement dans la région pour la production de sirop, il répond par l’affirmative: « Je le vois sur Marketplace, des gens qui annoncent du sirop d’érable à vendre dans le coin. Y’a pas de soins, je ne suis pas contre la concurrence. Les gens vont l’essayer, puis ils reviennent en acheter ici pour la constance de la qualité du produit. »
Mennonites
Daniel Séguin est d’avis que la communauté mennonite de la région Waterloo/Wellington est avide de sirop d’érable, bien que les producteurs locaux semblent peu enclins à partager les chiffres relatifs à leur production annuelle.
« C’est leur choix, je respecte ça », dit-il en s’affairant à faire chauffer le sirop à 180 degrés Fahrenheit avant de l’embouteiller pour la clientèle qui en redemande.
Agricom- Jean-Marc Dufresne- IJL