À vous qui lisez Agricom,
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Que vous vous rappelez, ou pas, du Père Itoine et du chat de la grange dans notre version papier.
Je vous reconnais.
Les formats du Journal Agricom ont bien changé depuis que j’ai commencé à y contribuer en tant que directrice générale de l’UCFO du début des années 2000 jusqu’en 2008. Mais notre intention est demeurée la même : être présent là où vous êtes. Aujourd’hui, cela passe par un rendez-vous chaque jeudi, dans votre boîte courriel, pour parler des sujets qui vous touchent.
Le changement peut faire peur mais il est inévitable. Rester pareil, en agriculture comme ailleurs, c’est souvent reculer. La transition n’est pas toujours confortable, mais elle est généralement nécessaire. Avancer pas à pas, même sans toute l’information, faire des essais, accepter les erreurs et devenir meilleur chaque saison, c’est choisir d’agir en acteur plutôt qu’en spectateur.
Si c’était facile, tout le monde le ferait.
Si c’était facile, l’agriculture compterait encore plus de gens.
Depuis la fin de l’année dernière, j’ai accepté de porter un nouveau chapeau : la présidence des Publications agricoles franco-ontariennes, qui publient Agricom. Même si Agricom ne m’est pas nouveau, ce rôle l’est. Et oui, ça me fait un peu peur. Mais c’est une peur qui donne des ailes, parce que ça me tient profondément à cœur.
On pourrait presque dire que j’ai Agricom tatoué sur le cœur depuis mon arrivée dans l’Est ontarien. Ce serait plus juste de dire que c’est la communauté agricole franco-ontarienne que j’ai tatouée sur le cœur. Pour moi, les familles agricoles sont au centre de notre système alimentaire… et on semble parfois l’oublier.
Vous m’avez lue au fil des ans, notamment avec mes chroniques sur le jardinage. J’ai maintenant envie de revenir aussi à l’écriture comme agroéconomiste pour aborder des enjeux qui touchent directement les familles agricoles. D’ailleurs, nous sommes en train de renouveler notre équipe de rédaction et vous verrez de nouvelles signatures sous peu.
J’ai un rêve peut-être un peu fou d’un système agroalimentaire où tout le monde a sa place : les jeunes, les femmes, les personnes qui produisent nos aliments, et où nous avons collectivement plus de contrôle sur les décisions et le territoire.
Un système qui encourage l’autosuffisance des fermes familiales, reconnaît l’agriculture comme un mode de vie et considère les mangeurs et les citoyens comme des parties prenantes à part entière du système alimentaire.
Je vois l’agriculture comme un mode de vie, avec la famille agricole au centre du système de production, et les consommateurs d’aliments comme des citoyens qui sont parties prenantes à part entière du système alimentaire.
Des chaînes de distribution justes et équitables.
Un choix de société assumé : produire nos aliments ici et les rendre accessibles à tous.
Une approche de la production et de la distribution alimentaire qui est au service de la santé des personnes qui nourrissent nos communautés et de leurs familles.
Je n’ai pas la prétention d’avoir toutes les réponses. Mon souhait est plutôt de nourrir la réflexion. Les transitions prennent du temps, surtout lorsqu’elles touchent nos systèmes alimentaires. On ne transforme pas tout en une nuit, mais on peut avancer, un pas à la fois. L’action demeure l’un des meilleurs antidotes à la peur du changement.
Au plaisir d’entendre vos commentaires, vos idées, et de poursuivre la réflexion ensemble.