le Dimanche 19 juillet 2026
le Mercredi 22 avril 2026 12:53 Agriculture

L’Ontario protège ses terres agricoles et ouvre le Nord

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En limitant l’accès aux terres agricoles aux intérêts étrangers et en misant sur le potentiel du Nord, le gouvernement ontarien trace une nouvelle voie pour son agriculture. Une orientation saluée par les producteurs, qui y voient une occasion de renforcer la souveraineté alimentaire.

L’Ontario protège ses terres agricoles et ouvre le Nord
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En début de semaine, le gouvernement de l’Ontario a annoncé une série de mesures visant à restreindre l’achat de terres par des étrangers et à favoriser l’expansion du territoire cultivable, notamment dans le nord de la province. L’objectif est de préserver tout en soutenant la croissance du secteur agroalimentaire.

Trevor Jones, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Agroentreprise de l’Ontario

PHOTO : Assemblée législative de l'Ontario

«Les terres agricoles de l’Ontario sont une importante ressource limitée et devraient appartenir à des agriculteurs ontariens», a déclaré Trevor Jones, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Agroentreprise. Selon lui, ces changements permettront de protéger la production locale, de stimuler l’économie et d’assurer la pérennité des terres pour les générations futures.

Du côté des producteurs, la réaction est positive. Michel Dignard, vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), estime que la province va dans la bonne direction. «C’est vraiment bon qu’ils empêchent au maximum des intérêts étrangers de posséder des terres agricoles. Ce sont nos terres, c’est à nous de les développer.»

D’après lui, cette mesure pourrait aussi améliorer l’accès à la terre pour la relève agricole. «C’est probablement une des meilleures choses que le gouvernement peut faire sans que ça coûte rien. Ça va rendre les terres plus abordables pour les jeunes qui veulent se lancer.»

Michel Dignard, vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

Sans donner de précisions sur les mesures envisagées, le gouvernement a aussi annoncé mardi l’ouverture accrue à l’agriculture dans la grande enclave argileuse du nord-est de la province, qu’on appelle en anglais la Clay Belt. Michel Dignard y voit un potentiel réel, particulièrement pour les producteurs francophones. «Dans le Nord, il y a beaucoup de francophones. Ça peut encourager des agriculteurs à aller s’y établir.»

« Il faut penser sur 20 ans»

Cependant, le développement de ces terres demandera du temps et des investissements importants. «Ce ne sera pas les rendements qu’on connaît dans le Sud. Il y a beaucoup de travail à faire, surtout au niveau des infrastructures.» Routes, services et accès à l’équipement agricole devront donc suivre pour soutenir l’établissement de nouveaux producteurs.

L’enjeu de la souveraineté alimentaire est également au cœur de cette réforme. Pour Michel Dignard, l’initiative va dans la bonne direction, mais s’inscrit dans une vision à long terme. «En agriculture, il faut penser sur 20 ans. C’est un bon premier pas, mais il faut continuer.»

Parmi les pistes à explorer, il évoque des incitatifs pour encourager l’établissement dans le Nord, comme des allégements fiscaux, ainsi que des investissements soutenus en infrastructures. Il insiste aussi sur l’importance d’éviter un déséquilibre territorial. «Ce n’est pas une raison pour sacrifier des terres agricoles dans le Sud, sous prétexte qu’on en développe ailleurs.»

La grande enclave argileuse est partagée entre l’Ontario et le Québec. Du côté ontarien, on y retrouve notamment des terres agricoles qui ont été défrichées puis abandonnées. 

Enfin, la vigilance sera de mise pour que ces politiques profitent d’abord aux agriculteurs. «Il faut s’assurer que ceux qui achètent les terres sont vraiment des producteurs, pas des fonds d’investissement ou des grandes compagnies.»

Alors que des consultations sont prévues, l’UCFO entend faire valoir la voix de ses membres. Car pour transformer cette ambition en succès durable, les mesures annoncées devront s’accompagner d’engagements concrets sur le terrain.