le Vendredi 5 juin 2026
le Jeudi 4 juin 2026 17:08 Agriculture

Les semis tardifs n’entament pas la confiance du Nord

La Ferme de la famille Léveillé, à Earlton. — PHOTO : Famille Léveillé
La Ferme de la famille Léveillé, à Earlton.
PHOTO : Famille Léveillé

À Earlton, Simon Cloutier et Dominic Léveillé ont terminé la saison avec près de deux semaines de retard sur les dernières années. En revanche, le printemps froid est compensé par des sols bien humides et des cultures qui démarrent fort.

Les semis tardifs n’entament pas la confiance du Nord
00:00 00:00

Après plusieurs printemps hâtifs, les producteurs du Nord de l’Ontario ont retrouvé cette année une réalité plus typique de leur région : une saison des semis qui se fait attendre.

À Earlton, dans le district de Timiskaming, Simon Cloutier a dû patienter jusqu’au 15 mai avant de pouvoir mettre les premiers semoirs en marche. L’hiver a laissé derrière lui une importante quantité de neige et les températures fraîches du début de mai ont retardé l’assèchement des sols. «Une fois qu’on a commencé, on a reçu environ un pouce et demi de pluie», explique le producteur.

Les précipitations ont forcé une pause dans les travaux vers le 20 mai, particulièrement dans les parcelles argileuses qui évacuent l’eau plus lentement. Malgré ces contretemps, tous les semis étaient terminés le 1er juin.

L’exploitation cultive du blé d’automne, du blé de printemps, de l’avoine, du canola, du soya ainsi que du foin. Selon Simon Cloutier, les cultures accusent un léger retard, mais leur développement est encourageant. «Avec l’humidité qu’on a dans le sol, elles décollent vite.»

Le producteur croit même que la récolte pourrait être normale, voire supérieure à la moyenne si les conditions restent favorables au cours de l’été.

Sa principale préoccupation concerne le canola, semé plus tard que d’habitude. «On l’a semé le 23 mai. J’espère que les insectes ne deviendront pas un problème.»

Pour limiter l’impact des conditions météo, Simon Cloutier continue d’investir dans le drainage souterrain. «La tuile, c’est probablement le facteur sur lequel on a le plus de contrôle.»

Dominic Léveillé est producteur laitier à Earlton.

PHOTO : COURTOISIE

Il souligne également que les approvisionnements en engrais et en semences se sont déroulés sans problème cette année, permettant aux producteurs de profiter rapidement des fenêtres favorables.

«J’ai terminé le 2 juin»

À quelques kilomètres de là, le producteur laitier Dominic Léveillé a lui aussi vu son calendrier de travaux être repoussé. «L’an passé, j’avais fini mes semences le 21 mai. Cette année, j’ai terminé le 2 juin.»

Sur sa ferme, environ 180 acres ont été semés, dont 55 acres de blé, 75 acres d’avoine et le reste en orge. Malgré le retard, aucune modification n’a été apportée au plan initial. «Nos céréales tolèrent assez bien un semis un peu plus tardif. On a gardé les mêmes variétés.»

Selon lui, les trois dernières années avaient créé de nouvelles habitudes chez plusieurs producteurs. «On s’était habitués à des printemps très précoces. Cette année nous rappelle que dans le Nord, ce n’est pas toujours comme ça.»

Pour les producteurs laitiers, la réussite des semis est directement liée à l’alimentation du troupeau. «Nos animaux mangent principalement de l’ensilage de foin. Si les récoltes ne sont pas bonnes, ça a un impact sur toute l’entreprise.»

Même si la croissance des prairies a été ralentie par le froid, Dominic Léveillé demeure confiant. «La luzerne a fini par sortir et les prairies sont belles. Je suis optimiste pour la suite.»