le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 8 octobre 2025 13:59 Économie et politique

Valeur des terres: l’Ontario fait bande à part

L'Ontario est l'une des deux provinces canadiennes où la valeur des terres agricoles n'a pas augmenté en 2025.
L'Ontario est l'une des deux provinces canadiennes où la valeur des terres agricoles n'a pas augmenté en 2025.

Si la valeur des terres agricoles cultivées au Canada a augmenté en moyenne de 6,0 % au cours du premier semestre de 2025, elle est restée stable en Colombie-Britannique et en Ontario, qui deviennent ainsi les exceptions confirmant la règle.

Valeur des terres: l’Ontario fait bande à part
00:00 00:00

Selon l’examen semestriel de la valeur des terres agricoles réalisé par Financement agricole Canada (FAC), le Manitoba est arrivé au premier rang avec une croissance de 11,2%, suivi du Nouveau-Brunswick (9,4%) et de l’Alberta (6,6%). La Saskatchewan a suivi la moyenne nationale en affichant une hausse de 6,0%, tandis que le Québec (2,6%), l’Île-du-Prince-Édouard (2,3%) et la Nouvelle-Écosse (1,0%) ont affiché des gains plus modestes. La valeur des terres agricoles en Colombie-Britannique et en Ontario est restée inchangée.

Leigh Anderson rappelle qu’il peut exister des disparités selon les régions en Ontario. 

Pourtant…

Les acheteurs potentiels d’entreprises agricoles en Ontario pourraient pourtant jurer que l’accès à la ferme est chaque année un peu plus hors de portée. C’est que la province a connu un cycle de croissance soutenu ces dernières années; or, le marché a maintenant peine à suivre et il s’essouffle.

« La baisse des prix des matières premières, le coût élevé des intrants et le fait que de nombreuses terres ont récemment changé de mains contribuent tous au ralentissement de la demande », estime Leigh Anderson, économiste principal à FAC. « Ces facteurs influent clairement sur l’activité du marché et, par conséquent, la valeur des terres semble se stabiliser dans une grande partie de la province. »

Mais attention, le portrait peut différer selon qu’on habite le nord ou le sud de la province: c’est que l’analyse de FAC est fondée sur des parcelles de terrain de référence réparties dans l’ensemble de l’Ontario, et la moyenne provinciale tient compte des différences de valeur foncière d’une région à l’autre.

« La valeur des terres agricoles dans le Nord de l’Ontario a tendance à être inférieure à celle du Sud, car elle reflète davantage les types d’agriculture courants dans cette région, comme la production végétale et l’élevage. Comme les résultats sont basés sur une moyenne provinciale, les tendances peuvent varier légèrement d’une région à l’autre. Les agriculteurs devraient tenir compte de ces différences régionales et des ajustements liés à la qualité des terres lorsqu’ils comparent leurs propres résultats aux résultats de mi-année », dit-il.

Stabilité durable?

Bien que FAC ne puisse pas dire avec certitude où se situeront les valeurs des terres agricoles d’ici la fin de 2025, il est probable qu’elles resteront proches de ce que révèlent les résultats de mi-année.

« La production de céréales et d’oléagineux de l’Ontario a été affectée par le temps chaud et sec cette année, et les prix des produits de base ont chuté, ce qui signifie que les revenus agricoles devraient diminuer. Par conséquent, la valeur des terres agricoles devrait rester stable ou augmenter légèrement au cours de la prochaine année », prédit le spécialiste.

Pour sa part, la directrice générale de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Roxanne Lormand, voit d’un bon œil l’accalmie du marché des terres agricoles ontariennes: « La stabilité du prix des terres en Ontario témoigne d’un certain équilibre entre la demande et les réalités économiques actuelles, mais elle nous rappelle aussi l’importance de continuer à favoriser des conditions qui assurent un accès viable et durable à la terre. »

Du côté de la Fédération d’Agriculture de l’Ontario (OFA), une récente enquête de l’organisme sur la confiance des entreprises agricoles a indiqué que la hausse du coût des intrants était la principale préoccupation des agriculteurs pour la deuxième année consécutive, le coût du service de la dette figurant également parmi les cinq principales préoccupations cette année encore.

« Les terres agricoles de l’Ontario sont aujourd’hui moins abordables qu’à tout autre moment au cours des 50 dernières années », rappelle Ben Lefort, analyste principal des politiques à l’OFA. « Malgré une légère baisse de valeur, les terres agricoles demeurent inaccessibles pour de nombreux acheteurs potentiels. Nous suivons de près cette tendance et ses conséquences pour les agriculteurs, les investisseurs et les économies rurales. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom