le Vendredi 12 juin 2026
le Mercredi 15 octobre 2025 14:31 Gens d'ici

Morel Kotomale: Un vent de changement

Morel Kotomale étudie l'effet des haies brise-vent sur les grandes cultures.
Morel Kotomale étudie l'effet des haies brise-vent sur les grandes cultures.

Un vent de changement souffle sur l’agriculture canadienne, et il est porteur de promesses.

Morel Kotomale: Un vent de changement
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Étudiant au doctorat en biologie, spécialisation en agroforesterie et récemment boursier de l’UCFO, Morel Kotomale veut approfondir ses recherches sur les systèmes agroforestiers, notamment les haies brise-vent afin d’aider les agriculteurs à améliorer leur rendement, freiner l’érosion du sol par le vent et à lutter contre les effets du changement climatique.

Et pour lui, le fruit ne tombe pas loin de l’arbre: deux de ses frères suivent aussi les traces de leur père, ingénieur agronome à la retraite et propriétaire d’une ferme au Bénin, un pays d’Afrique de l’Ouest. Après ses études de maîtrise en Côte d’Ivoire et plus tard au Collège Boréal, Morel entreprend actuellement ses études doctorales à l’Université du Québec en Outaouais. Il compte à la fois travailler et proposer ses services d’expert-conseil.

En arrière-plan, une barrière brise-vent constituée de conifères. 

Quel bon vent

Les sujets d’études ne manquent pas en agriculture. Pourtant, c’est l’effet des haies brise-vent sur les grandes cultures qui le fascine. « Au Québec et en Ontario, il y a peu d’études sur la question », dit-il. « Comment les haies brise-vent influencent les traits aériens et souterrains des grandes cultures? Permettent-elles de mieux conserver l’humidité du sol et offrent-elles un meilleur rendement? Ce sont autant de questions auxquelles j’aimerais répondre. »

Pour y arriver, le jeune homme de 31 ans compte arpenter des champs en Montérégie pour comparer les terres pourvues de haies et celles qui n’en ont pas. « On pense notamment récolter les données à travers des essais sur le terrain, et recueillies les données par les moissonneuses-batteuses qui permettraient d’avoir un portrait des récoltes dans les deux scénarios », explique-t-il.

Parmi les paramètres, le chercheur s’intéresse notamment à l’effet des brise-vent sur les cultures en condition de stress hydrique. L’été 2025 est un bon exemple, avec un ensoleillement hors du commun, favorisant des périodes de sécheresse. Évidemment, l’été 2026 pourrait être complètement le contraire. 

Mais est-ce que la plantation d’une rangée d’arbres ne viendra pas priver les cultures d’une eau précieuse en raison des racines longues et profondes de certaines essences d’arbres? « Non, parce que la haie brise-vent doit respecter une certaine distance du champ et des cultures et qu’on tient compte de la variété plantée », répond Morel. « La zone de protection d’une haie est généralement exprimée en fonction de la hauteur des arbres qui la composent. Ainsi, 1H égale à une fois la hauteur de la haie, 5H à cinq fois cette hauteur, et ainsi de suite. Les études tendent à démontrer qu’au-delà de 20H, la haie perd de son effet bénéfique. »

Sans frontières

Morel pense que le fruit de son travail permettra aux agriculteurs d’investir dans les systèmes agroforestiers qui créent un microclimat favorable à la culture et que la plantation d’arbres favorise la lutte au réchauffement climatique. 

« Dans quatre ans, quand j’aurai terminé mes études, je veux pouvoir travailler et avoir mon entreprise de services conseils d’expert. Je pense offrir mes services autant au Québec qu’en Ontario et même partout au Canada. Partout où l’implantation de haies brise-vent peut aider l’agriculteur à améliorer son rendement. »

Présentement, il poursuit ses études universitaires tout en enseignant au Collège Boréal. Il souligne d’ailleurs la collaboration de ses superviseurs à l’UQO, Audrey Maheu et David Rivest pour ses études, ainsi que la direction du Collège Boréal qui lui permet d’enseigner tout en s’imprégnant de la réalité des agriculteurs du nord de la province.