Le 21 avril 2005

3e symposium du RJEA: sortons des sentiers battus!

Par Chantal Quirion


Serge Nault a été invité lors du 3ième Symposium économique traitant des concepts des chaînes de valeur et de la valeur ajoutée organisé par le Réseau des jeunes entrepreneurs en Agroalimentaire. Ancien producteur laitier, M. Nault est aujourd’hui à la tê

Si l’isolement est un attribut que l’on associe régulièrement à la profession agricole, le Réseau des jeunes entrepreneurs en agroalimentaire (RJEA) s’emploie à renverser cette tendance en offrant aux intervenants du secteur plusieurs opportunités de se rencontrer. La troisième édition de son Symposium économique qui s’est tenue au Collège d’Alfred le 13 avril dernier, illustre bien la volonté du RJEA d’insuffler à ses membres un souffle de dynamisme et la foi en leurs possibilités. Plusieurs aspects des concepts des chaînes de valeur et de la valeur ajoutée y ont été abordés.

Comme prêcher par l’exemple est une formule éprouvée, le RJEA a pour cette troisième édition réuni une panoplie de conférenciers dont l’expérience illustre le potentiel de l’agroalimentaire lorsqu’il est bien exploité. Bien qu’à chacun sa recette, en y regardant de près, certains ingrédients reviennent invariablement.

2000 acres « bio »
Comment un producteur laitier de septième génération qui a décidé de se tourner vers la production de grains biologiques est-il arrivé en dix ans, à posséder la plus grande exploitation de ce type de l’Est du Canada, soit 2000 acres de cultures’ Une analyse objective de sa situation, du potentiel de son terrain et de la demande du marché l’y ont conduit. « J’étais tanné de manger mes profits », dit cet homme, Serge Nault, également président de Bionat incorporé au Québec.

Certes, son succès est lié à la rigueur de ses décisions d’entreprise mais il tient aussi à la vigueur de son secteur d’activité, laquelle, dit-il, dépend directement de la force des associations et du syndicat. C’est pourquoi, malgré qu’il soit père de huit enfants en bas âge, il est très actif au sein de plusieurs de ces groupements. Il est notamment à la tête d’importantes activités de promotion de l’agriculture biologique dont la Bio Fête qui se tient annuellement à Montréal. Autre facteur non moins important, il est convaincu de la valeur de son produit. C’est pourquoi, il dit simplement: « la meilleure raison d’être producteur biologique c’est de pouvoir manger « bio », sept jours sur sept! »

Éleveur d’autruches
Comment réussit-on à s’imposer comme éleveurs d’autruches alors qu’au Québec au cours des dix dernières années, 90% de ces éleveurs ont fermé boutique? Annie Bugueiro, gestionnaire de Nid’otruche à St-Eustache au Québec explique l’importance de développer des stratégies de communication et de marketing pour amener le client à la ferme. À Nid’otruche, on propose beau temps mauvais temps, une visite safari où l’on peut même monter l’un de ces grands volatiles. On offre aussi un spectacle pour enfants donné par des professionnels et le concept de la visite est peaufiné dans ses moindres détails.

Pour arriver à recevoir un grand nombre de visiteurs sans s’épuiser, la gestion du temps est primordiale, considère Mme Bugueiro. Elle et son conjoint Nicolas ont appris avec l’expérience, qu’il vaut mieux restreindre les visites à des journées précises et remplir ces moments à pleine capacité.

Nid’otruche se démarque aussi par son originalité et sa créativité. On y multiplie les occasions d’inviter les gens à venir se procurer des produits inusités pour marquer des événements spéciaux. En recyclant le gras et les plumes, on a conçu un coffret pour la fête de la St Valentin, qui inclut un savon, un plumeau et de l’huile essentielle. Un cadeau original auquel on ne manque pas de suggérer de l’accompagner d’un petit tête-à-tête autour d’une délicieuse fondue d’autruche!

Par ailleurs, rapporte Mme Bugueiro, outre son côté exotique, cette viande rouge en plus d’être tendre et exquise est très diététique puisqu’elle est très faible en gras. Nid’otruche répond tout autant aux nouvelles tendances de consommation où les viandes issues d’animaux qui ne consomment ni hormone ni antibiotique, occupent une place de choix.

Si l’entreprise compte avant tout sur ses propres moyens pour développer son marché, elle n’hésite cependant pas à utiliser les moyens à sa portée pour maximiser et sa promotion et sa visibilité. Elle est membre de plusieurs associations agrotouristiques, son site Internet est accessible via plusieurs autres sites grâce aux liens, et de plus, Nid’otruche s’associe souvent avec des entreprises voisines pour offrir des forfaits.

On y vient en grand nombre mais on y revient aussi. « Pour réussir en agrotourisme, précise Mme Bugueiro, il faut aimer recevoir les gens ». Peut-être aussi fait-on le détour pour le simple plaisir de voir ce jeune couple et leurs deux jeunes enfants s’amuser avec leurs autruches dont certaines sont aussi dociles que n’importe quel animal domestique et pour lesquelles ils ont développé une véritable passion.

Ces histoires à succès comme toutes celles entendues au cours de ce Symposium ont été autant de sources d’inspiration, de réflexion, et de motivation pour les participants qui y ont aussi reconnu l’importance pour les producteurs de se réseauter et de se doter d’outils communs propres à augmenter leur force individuelle pour créer un secteur dynamique qui les supportent.

Le Réseau des jeunes entrepreneurs en agroalimentaire est une initiative de l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

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