le Vendredi 19 juillet 2024
le Mercredi 24 avril 2024 13:30 Économie et politique

Budget fédéral: mauvaise récolte pour les agriculteurs

Kyle Larkin, directeur général des PGC croit le que gouvernement fédéral a raté une opportunité de montrer son appui au secteur agricole.
Kyle Larkin, directeur général des PGC croit le que gouvernement fédéral a raté une opportunité de montrer son appui au secteur agricole.
Si le gouvernement Trudeau comptait semer des graines de bonheur auprès des agriculteurs, son budget déposé la semaine dernière ne lui permettra pas de récolter grand-chose. L’exercice financier, qualifié d’électoraliste par un parti d’opposition, ne semble pas apporter les annonces attendues.
Budget fédéral: mauvaise récolte pour les agriculteurs
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Le fardeau financier des agriculteurs pèse de plus en plus lourd.

Par exemple, le député du Bloc dans Berthier- Maskinongé, Yves Perron, souligne que la portion sans intérêts du Programme de paiements anticipés a été augmentée à 250 000$ pour l’année 2024, alors qu’en 2023, le plafond avait été haussé à 350 000$.

« Le montant de base, qui est de 100 000$, doit être augmenté de manière permanente, parce que présentement, chaque année, le gouvernement force les agriculteurs de les supplier d’augmenter le plafond. Ça permet aux ministres de faire de belles annonces, mais ce n’est pas une voie qui garantit la résilience de notre agriculture », estime M. Perron.

Demandes sans réponse

Le député dresse une liste sommaire des domaines dans lesquels il aurait souhaité voir le fédéral prendre des initiatives au profit des fermiers: « Un fonds d’urgence pour un soutien rapide des éleveurs et cultivateurs en cas de coup dur; une révision du programme de gestion des risques, à l’heure ou de 30 à 40% des agriculteurs n’ont pas d’assurances parce qu’ils n’en ont pas les moyens; des mesures pour favoriser la relève ou encore, une compensation pour ceux qui protègent la bande riveraine », entre autres.

« Le budget 2024 ne reconnaît pas l’importance d’accroître la production alimentaire au Canada et de soutenir la rentabilité des producteurs de céréales », a déclaré Kyle Larkin, directeur général des Producteurs de grains du Canada (PGC). « L’un des meilleurs moyens de soutenir le secteur consiste à innover en matière de sélection végétale, ce que le budget ne parvient pas à faire. »

Patience, patience…

Selon les PGC, le Canada a cruellement besoin d’investissements majeurs dans les infrastructures propices au commerce parce que les clients internationaux de céréales canadiennes cherchent la prévisibilité des livraisons. Or, les perturbations des transports et de la chaîne d’approvisionnement au cours des dernières années ont ébranlé la confiance de certains des plus grands partenaires commerciaux du pays.

Enfin, le budget reprend également un engagement de celui de l’an dernier 2023 concernant le droit à la réparation et l’interopérabilité. « Les producteurs de céréales attendent patiemment une consultation sur le droit à la réparation et l’interopérabilité du matériel agricole. Malheureusement, ce budget présente des lacunes dans les priorités politiques-clés pour les agriculteurs, telles que les infrastructures, l’innovation, les incitations fiscales et des retards dans d’autres domaines politiques », conclut le directeur.

IJL – Réseau.Presse – Agricom