Volume 34 Numéro 11, Le 3 février 2017

Danika Binette, 21 ans et c’est déjà bien parti


Danika Binette exploite une petite ferme à Verner selon le modèle de l'agriculture soutenue par la communauté.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Qui a bien pu dire que la jeunesse d’aujourd’hui n’a pas de cœur au travail? Danika Binette pourrait en faire mentir plus d’un.

Élevée jusqu’à six ans sur la ferme laitière de ses grands-parents, Danika voit ses parents prendre des emplois à l’extérieur de la ferme. Sa mère devient institutrice et son père quincaillier. Ils n’ont toutefois pas été surpris lorsque leur fille s’est inscrite en Technologie agricole à Alfred. « Ils s’y attendaient et m’ont appuyée à 100 %. J’ai toujours eu une passion pour l’agriculture », rapporte la jeune femme.

À 21 ans, Danika exploite déjà une petite ferme et elle a de grands projets. Cet été, pour sa deuxième saison, elle a fourni 15 familles avec les légumes de son jardin. À cela s’ajoutent 100 pondeuses, 600 poules pour la viande, 25 dindes et cinq 5 porcs. Pour Danika, tout cela n’est qu’un point de départ. L’an prochain il y aura plus de paniers de légumes et plus de pondeuses. « Éventuellement, je voudrais me rendre à 3000 poules pour la viande. » Les dindes pourraient atteindre le nombre de 50 d’ici deux ans. Quant aux porcs, la production s’établira selon la demande. Il est aussi question d’ajouter le bœuf parmi les élevages. «  Ce que je vise c’est d’offrir une variété de produits pour que les gens qui arrêtent soient en mesure d’effectuer plusieurs de leurs achats en nourriture directement à la ferme », explique Danika.

Pour ses légumes et ses œufs, Danika fonctionne selon les principes de l’agriculture soutenue par la communauté, formule qu’elle a adaptée en intégrant la notion d’action.  Ses clients la paient à l’avance. Les gens achètent une action et cela leur garantit une douzaine d’œufs par semaine. Pour les poules à viande et les dindes, c’est vendu directement au client : ils passent une commande au début de la saison. « Éventuellement, je voudrais vendre du poulet aux restaurants. Avec le nouveau programme de poulet artisanal, c’est permis », dit Danika.

Si présentement, l’entreprise agricole est soutenue par la communauté, c’est que les produits sont de qualité : du biologique partout. Même les poules et les dindes sont dans des enclos à l’extérieur qui sont déplacés tous les jours. « Comme cela, elles mangent de l’herbe fraîche et des insectes », ajoute Danika.

Présentement, la production est surtout écoulée à Sturgeon Falls et Verner, le lieu de la ferme. Quelques produits se retrouvent à Sudbury et ce n’est qu’un début. Danika vise éventuellement North Bay.

En réponse à la question sur son choix de vie en agriculture, Danika répond qu’elle a été ambivalente pour un moment : devenir technicienne vétérinaire ou agricultrice. « Le choix s’est imposé de lui-même parce que j’aime travailler dehors, j’aime travailler de mes mains et j’aime les animaux, » ajoute-t-elle sans hésiter. Quant au fait que l’agriculture soit exigeante : pour Danika, l’été est occupé, mais cela ne l’empêche pas de profiter du chalet de ses parents et pour les autres saisons; c’est la motoneige et le 4 roues.

Pour quiconque voudrait se lancer en agriculture, Danika a ce message : « Si tu penses te lancer en agriculture, pas besoin d’être super gros dès le début. Commence petit, question de t’habituer au mode de vie. Tu fais des erreurs; tu peux te reprendre et t’améliorer parce que tu es toujours en train d’apprendre. Puis j’ai un réseau de gens qui  m’aident avec des suggestions, des solutions ou du prêt d’équipement. En passant, je fais aussi du travail à temps partiel sur deux fermes laitières.» Qu’est-ce que vous disiez encore sur la jeunesse d’aujourd’hui?

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