Volume 35 Numéro 01 Le 8 septembre 2017

D’AgriEst à Unifrontières, la force du nombre fait loi


André Giroux, Sylvain Brault et Marc Quesnel d’ex-présidents des Coops Uniforce, des Frontières et AgriEst rejoignent la grande famille de la Coop Unifrontières. Crédit photo: InfoSuroit.com – Jeannine Haineault.


Il ne reste plus que quelques signatures à apposer pour que la fusion entre AgriEst dans l’Est ontarien et la Coop Unifrontières au Québec soit effective. La conclusion du processus d’amalgamation amorcé il y a quelques mois est imminente. AgriEst, centre de service agricole de la Coop Fédérée retrouve ainsi son statut de coopérative autonome et voit le nombre de ses membres passer de 183 à 900 ainsi qu’un chiffre d’affaires avoisinant les 165 M$ se profiler à l’horizon. On parlera dorénavant de la Coop Unifrontières, coopérative membre du réseau de la Coop Fédérée.

« C’est un achat-vente. La Coop Fédérée vend sa branche AgriEst à la Coop Unifrontières. Les membres vont être transférés en bloc à la Coop Unifrontières », précise Marc Quesnel en indiquant que la part des membres demeure inchangée, soit 1 000$, ce qui facilite d’autant la transition. Président d’AgriEst pendant plus d’une décennie,  M. Quesnel devient membre du conseil d’administration de la Coop Unifrontières dont la présidence est assurée par Sylvain Brault,  autrefois président de la coopérative agricole des Frontières. Cette dernière s’est unie à la Coop Uniforce en novembre 2016 ce qui a donné naissance à cette nouvelle entité (Unifrontières) qui accueille aujourd’hui AgriEst. Toutes les deux comptaient 350 membres chacune.

Cette transaction étend le territoire de la coopérative québécoise en sol ontarien, mais ce n’en est pas la motivation principale, explique le directeur général, Bruno Dubuc.

« Chacune avait un territoire qui se touchait, mais c’est principalement au niveau des services et des opportunités qui se présentent dans le marché que ça va être intéressant. Chacune avait ses forces, mais en se regroupant on augmente l’expertise de l’équipe. Comme les entreprises agricoles tant du côté ontarien que du côté québécois sont de plus en plus grosses, les besoins sont de plus en plus pointus. Cela va nous permettre de faire des investissements que chacune, individuellement, on n’aurait pas pu faire. Quand on regarde les semenciers qui se regroupent ou les industries de la chimie, on est dans les mêmes réalités de marchés. On a  plein d’avantages à se regrouper», indique M. Dubuc.

La nouvelle Coop Unifrontières dont le siège social est établi à Napierville dans la région de la Montérégie au Québec proposera neuf emplacements d’affaires ainsi que cinq centres d’engrais. Les sites de St-Albert et de St-Isidore connus de la clientèle d’AgriEst font partie de cet ensemble. La fusion n’occasionnera par ailleurs aucune perte d’emplois. Des 22 employés qu’ils étaient pour AgriEst, l’équipe d’Unifrontières frôlera la centaine.

« On s’est servi de toutes les personnes en fonction. On se rend compte que comparativement à lorsqu’on a commencé les employés sont rendus dans les ligues majeures et on voit la différence. On a de bons candidats. L’ancien directeur général chez AgriEst devient le directeur de la section végétale pour Unifrontières. Celui d’Uniforce prendra en charge autant le maraîcher que les grandes cultures et celui de l’ancienne coop des Frontières devient directeur des neuf quincailleries.  Avec ce remaniement qui a permis de garder les bons éléments, les équipes vont être mieux structurées et avec plus de ressources », se réjouit M. Dubuc.

Pour les clients, cette fusion ne devrait pas avoir d’impact sur leurs habitudes de consommation. Ils auront accès aux mêmes produits.

« On n’invente pas la roue. C’est savoir s’adapter. La synergie était déjà faite au niveau animal. On n’était pas complètement inconnu. Moi j’ai fait mon cours à Alfred en 2013 et on avait déjà des atomes crochus », mentionne Sylvain Brault, président de la Coop Unifrontières et producteur laitier.

Cette fusion de l’avis des parties concernées donnera plus de poids à différents niveaux, dont une meilleure représentation dans le secteur ruminant. Les planètes étaient enlignées pour que ce projet s’emboîte facilement.

« J’aime les défis et les beaux projets.  C’est sûr qu’on va entendre parler de nous dans les prochaines années », conclut M. Brault.

Marc Quesnel est tout aussi enthousiaste et ne doute pas une seconde que cette décision d’affaires bénéficiera tant aux membres qu’aux clients qui fréquentent AgriEst. Éventuellement, le nouveau logo de la Coop Unifrontières fera son apparition, de même que la nouvelle enseigne, mais rien ne presse dit-il. Le nom d’AgriEst y sera probablement inclus de sorte à permettre aux gens de conserver un sentiment d’appartenance.

Les membres ont pour leur part pu fraterniser lors d’une soirée sociale organisée récemment à Ste-Marthe au Québec. Les trois présidents des coopératives initiales, s’y sont d’ailleurs serré la main.

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