Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

Gerry Ritz aura beaucoup de défis à relever en 2014


Gerry Ritz Photo ILessard

Par La Presse Canadienne


Si le ministre canadien de l’Agriculture, Gerry Ritz, avait un voeu à faire pour 2014, il souhaiterait probablement sortir la politique de l’agriculture et des échanges commerciaux.

Au cours des prochains mois, le Canada se rendra à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour jeter les bases de possibles sanctions contre les États-Unis à propos des règles d’étiquetage des viandes selon leur pays d’origine, qui nuisent aux producteurs canadiens.

M. Ritz estime que la guerre commerciale qui se profile à l’horizon pourrait être évitée si les politiques américaines étaient équitables et fondées sur la science, plutôt que destinées à récolter des votes.

L’engagement du Canada à riposter en ciblant une vaste gamme de produits américains allant du jus d’orange au pain si la controversée politique n’est pas abolie n’est pas une menace en l’air, confiait récemment le ministre lors d’une entrevue téléphonique.

Selon M. Ritz, cette politique coûte un milliard de dollars par année à l’industrie.

L’effet de cette politique d’étiquetage, implantée en 2008, a été de réduire de moitié les ventes de boeuf et de porc canadiens vers les États-Unis.

Les règles, devenues encore plus onéreuses le mois dernier, exigent des étiquettes détaillées précisant l’emplacement d’origine du boeuf, du porc et du poulet vendus au sud de la frontière. Cela augmente les coûts pour l’industrie et complique l’achat des produits canadiens par des entreprises américaines.

Ottawa devra par ailleurs s’attaquer à d’autres dossiers liés à l’agriculture et au commerce l’an prochain. Des groupes de fermiers des Prairies font en effet pression sur le gouvernement fédéral afin que celui-ci montre les dents face aux deux principaux transporteurs ferroviaires du pays quant aux retards dans l’expédition des récoltes vers les ports, à des fins d’exportation.

Ces groupes veulent pouvoir plus facilement mettre les transporteurs à l’amende si ceux-ci ne livrent pas les récoltes dans les délais prévus.

Pour M. Ritz, ce dossier est plus complexe qu’il n’y paraît. Selon lui, les deux parties doivent travailler ensemble pour résoudre le problème.

Les récoltes de l’an dernier étaient 16 pour cent plus importantes que celles de l’année précédente.

Le Canadien National et le Canadien Pacifique ont souligné que cet important volume de grain augmentait grandement la pression sur les moyens de transports et qu’ils faisaient tout leur possible pour accélérer les livraisons.

En 2014, le gouvernement fédéral ira par ailleurs de l’avant avec la Loi sur la croissance dans le secteur agricole, présentée il y a quelques semaines.

Le projet de loi vise entre autres à accroître les droits financiers des entreprises qui mettent au point de nouvelles variétés de semences.

La plupart des groupes d’agriculteurs appuient le projet, mais il comporte également des détracteurs. Certains estiment notamment qu’il s’agit d’une stratégie pour que les géants mondiaux des semences réclament plus d’argent des agriculteurs.

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