Volume 34 Numéro 03 Le 23 septembre 2016

Alexandre Chabot, vocation: producteur laitier


Alexandre Chabot est entouré de sa famille lors du dévoilement des lauréats 2016 du Fonds de la relève agricole franco-onraienne.

Par Chantal Quirion


Travaillant et déterminé, Alexandre Chabot ne craint pas de se lancer dans la production laitière. Le jeune agriculteur de Clarence-Creek, dans l’Est ontarien, a retenu l’attention du jury du Fonds de la relève agricole franco-ontarienne qui l’a choisi au nombre de ses deux récipiendaires pour une bourse de 6 000 $ qui l’aidera à mettre son entreprise sur les rails. La Ferme Alexandre Chabot démarrera officiellement le 1er novembre prochain.

Avec son père, Sylvain Chabot, il met présentement la dernière main aux travaux dans l’étable inoccupée depuis huit ans. Son troupeau arrivera à la mi-octobre, le temps de laisser les vaches s’adapter avant le début des opérations.  Il a opté pour la Jersey. Hormis une qui vient de la région, ses 35 vaches proviennent du même éleveur et feront le voyage depuis Stratford, de l’autre côté de Toronto.

Ne rechignant pas devant la besogne et très habiles de leurs mains,  père et fils se sont attaqués à l’étable pour lui donner une seconde vie. « On a complètement démoli une partie que l’on a reconstruite, on a élargi et on a remonté le plafond. Ce n’est pas du neuf mais presque », explique Alexandre en faisant le bilan des rénovations.

L’étable se trouve à quelques pas de la maison sur la terre familiale, lieu où il vit toujours avec ses parents Sylvain et Mireille (Glaude) Chabot. C’est là que depuis l’enfance, il a appris les rudiments du métier. L’entreprise agricole a changé de vocation il y a huit ans pour se consacrer à la grande culture, mais Alexandre a décidé d’y ramener la production d’origine, à la différence près qu’il a troqué la Holstein pour la Jersey.

En plus de son bagage pratique, Alexandre jouit d’une solide formation académique acquise à l’Université Laval au Québec, d’où il a obtenu son baccalauréat en agronomie avec spécialisation en production animale en 2014.

« Je savais que je voulais être producteur laitier mais je ne savais pas si je serais capable. La majorité des finissants deviennent conseillers ou agronomes. En sortant de l’Université, j’ai travaillé avec mon père, on fait l’installation de toitures, et j’ai fait la traite pour d’autres producteurs dans les environs. »

Alexandre n’abandonne pas pour autant son rêve et couche son projet sur papier. Il présente ainsi son dossier au Dairy Farmers of Ontario (DFO) pour un programme de prêt de quota destiné à la relève (New Entrant Quota Assistance Program). Sa candidature est retenue et il fait partie des rares élus à bénéficier de l’initiative.

« C’était un gros dossier. Il fallait que je fournisse les prévisions comptables pour 10 ans. »

Grâce à ce programme, le jeune agriculteur voit son quota doubler par DFO pour une période de onze ans. Ainsi il en a acheté 16 kg (kg de matière grasse par jour) auxquels s’ajoute un prêt de 16 kg. Après la onzième année, DFO lui en retirera un kilogramme par année, qu’il pourra racheter pour conserver ses acquis.

« Ça donne un bon coup de pouce. Sans cela, je ne pense pas que je serais parti. Pas tout seul en tout cas. »

Selon son plan d’affaires, il louera l’étable de ses parents et leur achètera le foin et les grandes cultures pour ses débuts.

Dans cette étable qui fait 41 pieds par 126 pieds, 43 stalles ont été aménagées en vue d’une certaine expansion. La stabulation est entravée et l’espace réservé à chacune des vaches est conçu pour un confort maximal.

« Les stalles peuvent être plus petites pour les Jersey, mais je les ai faites assez grandes. Je pourrais autant y mettre des Holstein. »

Les pensionnaires jouiront aussi d’une belle luminosité avec la ventilation naturelle. La ventilation tunnel achèvera de contribuer à la qualité de l’air. Quant à l’alimentation, Alexandre s’acquittera lui-même de cette tâche.

Le choix de la Jersey

« Je voyais dans la Jersey, une vache plus robuste et avec moins de problèmes de santé.  Puis à long terme, si je veux un projet de transformation à la ferme, cela me permettra de me démarquer. »

La teneur en gras plus élevée du lait de la Jersey n’est pas pour lui déplaire non plus. Avant de prendre sa décision, il s’est renseigné auprès d’autres producteurs.

« Je suis allé voir Alain Poirier à Lefaivre. Je voulais voir à quel point il était convaincu et il l’est! »

Dans quelques semaines ce sera à son tour de recevoir ses belles brunettes.

« J’ai hâte et je suis assez occupé avec les rénovations que je n’ai pas le temps d’être nerveux. »

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