Volume 32 Numéro 02 Le 12 septembre 2014

Alfred : La population aura son mot à dire


-Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Quatre consultations publiques sont prévues dans différentes régions de l’Ontario  pour connaître les attentes de la population au sujet du sort du Campus d’Alfred. Dans le cadre du mandat qui lui a été confié par le gouvernement, le facilitateur Marc Godbout prendra le temps de rencontrer des dizaines d’intervenants du secteur agricole pour connaître leur perspective d’avenir de l’établissement d’enseignement postsecondaire.

Marc Godbout a été mandaté par le ministère de l’Agriculture pour faire la lumière sur les différentes visions des intervenants au sujet de la nouvelle structure de gouvernance d’Alfred, de même que sur l’offre de programmes proposée à l’heure actuelle et sur la nécessité de conserver ou non la ferme-école.

Rappelons qu’en vertu de sa décision de se départir des campus d’Alfred et de Kemptville, l’Université de Guelph mettra définitivement un terme à son implication auprès de ces deux écoles dès la fin de l’année scolaire 2014-2015. En ce qui concerne Alfred, une nouvelle administration devra prendre les rênes de l’établissement et gérer les trois principaux programmes d’enseignement de niveau collégial dont la responsabilité éducative a déjà été attribuée à La Cité et au Collège Boréal.

Ces deux derniers ainsi que le Conseil communautaire du Collège d’Alfred souhaiteraient tous les trois mettre la main sur la gestion du collège agroalimentaire et proposent des modèles administratifs tout à fait différents.

Plusieurs acteurs des milieux agricole, entrepreneurial, scolaire, communautaire, économique et francophone devraient recevoir une invitation les conviant à l’une ou l’autre des rencontres publiques, mais le coordonnateur du projet sur l’avenir du Campus d’Alfred, Jean Hébert, a confirmé ne pas s’en limiter. « Nous essayons de rejoindre le plus d’intervenants possible intéressés par la question », dit-il, en précisant que toute la population avait son mot à dire.

Quatre rencontres prévues
Le facilitateur débutera ses rencontres régionales dans le nord de la province le 16 septembre où il prendra les commentaires des résidents de la région de New Liskeard. Il invite donc la population à se rendre au Campus du Témiscaming du Collège Boréal de 10 h à 15 h pour lui faire part de leurs commentaires et suggestions.

Puis, Marc Godbout ira à la rencontre des résidents du sud-ouest de l’Ontario une semaine plus tard. Il leur donne rendez-vous à la salle paroissiale de Pain-Court, le 23 septembre, à la même heure.

Et finalement, son parcours s’arrêtera dans l’Est ontarien les 25 et 29 septembre. La première date sera plus particulièrement axée sur la ferme laitière qui sert très souvent de salle de classe aux programmes de Technologie agricole et Techniques de soins vétérinaires. De nombreux étudiants et intervenants rencontrés par Agricom depuis l’annonce de l’Université de Guelph étaient catégoriques : pas de cours sans étable. Ce sera donc l’occasion de faire entendre leur point de vue lors de cette table ronde qui aura lieu au Campus d’Alfred, de 10 h à midi.

La dernière rencontre publique se déroulera à l’hôtel de ville de la municipalité de La Nation, à Casselman, de 10 h à 15 h. Celle-ci clôturera la tournée des régions de Marc Godbout et de son équipe, mais quiconque n’a pas eu la chance de s’y présenter pourra envoyer ses commentaires par courriel, à l’adresse jhebert5757@gmail.com avant le 3 octobre.

Par ailleurs, plusieurs intervenants agroalimentaires ont été invités à déposer un mémoire dans lequel ils pourront décrire leurs aspirations quant à la nouvelle entité.

À l’Union des cultivateurs franco-ontariens, le directeur général Simon Durand prévoit rédiger un document qui résumera la position de son association. Il n’entend cependant pas se prononcer quant au modèle de gouvernance qu’il privilégie puisqu’il affirme ne pas connaître tous les éléments nécessaires pour prendre une décision éclairée et logique.

« Je ne connais pas la position de La Cité ou Boréal, ni leurs intentions par rapport à la ferme et à l’élargissement de l’offre de cours, donc je ne peux pas trancher », mentionne-t-il.

« Dans la mesure où la structure est efficace, simple, qu’elle donne de bons services aux étudiants et qu’elle a une bonne relation avec les agriculteurs, sans dire que je suis indifférent, je n’ai pas l’expertise pour favoriser un scénario plutôt qu’un autre », ajoute-t-il.

Ses réflexions porteront davantage sur la formation, la ferme ainsi que la relation avec les agriculteurs et les entreprises locales. Il est d’avis que le rapport entre le campus et les agriculteurs est déficient depuis quelques années. C’est également le cas de ses anciens étudiants et diplômés qu’il désigne comme étant un « réseau potentiel sous-utilisé ».

L’une de ses suggestions sera de ramener la recherche appliquée afin de rapprocher les agriculteurs de leur collège, au détriment de la recherche fondamentale dont les plus grandes institutions pourront prendre charge.

Marc Godbout doit remettre son rapport final au ministre de l’Agriculture, Jeff Leal, au plus tard le 31 octobre. Bien que la période électorale ait repoussé le début des travaux du facilitateur, un délai supplémentaire pour lui permettre de réaliser son mandat adéquatement lui avait été refusé.

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