Volume 26 Numéro 04 Le 1er octobre 2008

Alors, c’est vrai, la passion en agriculture, ça se transmet!

Par Nicole Tessier, Communication - Université de Guelph-Campus d'Alfred


La famille Maher, agriculteurs de Salaberry de Valleyfield au sud de Montréal, dont les trois enfants ont choisi d’étudier en agriculture à Alfred, dans l’Est ontarien. Photo courtoisie.

Combien de fois voyons-nous les enfants issus du milieu rural complètement abandonner leur milieu et rejeter les carrières qui s’y rattachent? Ceci ne semble pas le cas chez la famille Maher qui compte aujourd’hui trois enfants aux études’ en agriculture.

Depuis 16 ans, François a pris la relève de la ferme paternelle à laquelle contribue Madeleine, sa conjointe. Il n’y a pas de doute, les Maher sont des passionnés et cette passion se dégage non seulement en conversant avec eux, mais également par le fait même que les trois enfants étudient en agriculture.

Les Maher habitent à Salaberry de Valleyfield. Ils exploitent une entreprise laitière de 90 têtes.

Pratiquant une agriculture qui favorise l’équilibre, François fait valoir les avantages de la culture semis-direct « no till ». Il vante les mérites de la vie microbienne pour la santé d’un sol. Lorsque je lui demande s’il pratique une agriculture biologique, il riposte que non. « La biologie, c’est la science de la vie ». C’est d’abord et avant tout la vie dans le sol qu’il vise.

François gère sa ferme en utilisant le minimum d’intrants extérieurs, pour des raisons économiques et pour réduire la dépendance. Il s’inspire de chercheurs-biologistes des sols dont Jill Clapperton du Centre de recherche à Lethbridge en Alberta.

Après avoir analysé plusieurs échantillons de blé cultivé selon différentes pratiques, elle conclut que la plus grande activité biologique du sol retrouvé dans la culture semis-direct permettrait d’obtenir une meilleure qualité de grains.

Le goût du savoir est le leitmotiv de ce diplômé en agriculture de Saint-Hyacinthe. Affamé de nouvelles connaissances, François joint le Club Action semis-direct et le Club Holstein où il détient le titre de 2e vice-président.

Il ne souhaite pas agrandir sa ferme, mais veut l’exploiter de façon « certaine et sereine », comme cette famille: une énergie bien stable découle des partenaires et des enfants.

Madeleine, diplômée en sciences comptables, parle davantage de la famille et des efforts déployés pour obtenir une éducation adaptée aux besoins des trois enfants. Ce sont des parents impliqués, qui font le magasinage d’écoles qui répondent le mieux aux besoins de Mathieu, Marie-Ève et France.

Aujourd’hui, Mathieu est étudiant de 2e année au Campus d’Alfred en Technologie agricole. Il planifie faire des travaux à forfait lorsqu’il aura terminé ses études.

Marie-Ève, la seconde, le talonne étant en 1ère année au Campus en agriculture elle aussi. C’est l’agronomie qui l’intéresse dans l’avenir.

Quant à France, la plus jeune, elle a choisi l’option MFRFO à Alfred, organisme dans lequel Madeleine oeuvre comme membre du Conseil d’administration.

« J’aime fonctionner en petit groupe. T?es pas un numéro. J’aime que quelqu’un soit attentionné à mes besoins, qu’il prenne le temps pour moi », énonce France. Elle dit apprécier particulièrement son enseignant, Stéphane Besner, qui connaît bien l’agriculture étant lui-même issu d’une ferme.

Avoir des enfants intéressés par des carrières en agroalimentaire, est-ce un coup de chance pour les Maher ou le fait qu’ils vivent l’agriculture avec passion, ce qui fait en sorte que Mathieu, Marie-Ève et France abondent dans la même direction’

« Les défis, c’est l’fun », conclut François.

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