Volume 26 Numéro 05 Le 15 octobre 2008

Billet de Claudie: De « Dead ducks » à minorité nationale?

Par Claudie


Les élections seront derrière nous lorsque vous lirez cette chronique.

Tant a été dit, promis, hurlé, revendiqué dans tous les médias par chacun des partis. Au cours de cette campagne, j’ai même été curieuse d’en connaître davantage. Toutefois, je constatais ce matin, à quelques jours du scrutin, qu’il serait rafraîchissant de lire ou d’entendre autre chose que les propos de nos politiciens à la course au pouvoir sur la scène fédérale.

Mon quotidien a deviné la lassitude de ses lecteurs en y insérant un article qui m’a certainement changé les idées, voire dérangée comme Franco-Ontarienne.

M. Duceppe qui souhaite toujours l’indépendance du Québec a oublié que le Canada compte deux (trois) peuples fondateurs: les Canadiens de langue anglaise, les Canadiens de langue française et je me permets d’y ajouter les Autochtones. Dans cet article, M. Duceppe désigne les Franco-ontariens comme étant une « minorité nationale ».

– Bon, ça y est, on recommence.

Pitchoune, mon Bouvier s’éveille en pensant que je suis maintenant prête à faire la randonnée du matin. Et j’ouvre la porte à l’air frais du matin, fort perplexe. Bien entendu, je me suis parlé toute seule en marchant, désarçonnée par la déclaration de M. Duceppe. À un moment de notre belle histoire, les Franco-Ontariens ont été traités de « Dead Ducks ».

Aujourd’hui, on nous désigne comme une « minorité nationale ». La campagne a assez duré pour M. Duceppe. C’est toute une lettre que je m’apprêtais à lui écrire!

Monsieur,
Où est la finesse d’esprit ou l’habileté de construire un pont avec les francophones hors Québec’ Tous les francophones ont une importance primordiale dans la construction du Canada. Tous ces francophones qui ont quitté le territoire québécois pour explorer d’autres terres, d’autres rivières et d’autres commerces ont le mérite d’avoir contribué à l’expansion de la langue dans le pays. Ces mêmes personnes se sont affranchies en tant qu’identités propres à leur culture francophone ailleurs qu’au Québec. M. Duceppe, vous avez peut-être oublié que tous les francophones du pays, en minorité ou en majorité dans leur province, ont ce même droit que vous: de faire partie de la grande famille des francophones au Canada et d’être fiers membres d’un des peuples fondateurs. Un peuple fondateur est loin d’être une minorité nationale.

Lors de notre retour à la maison, Pitchoune s’en donne à c’ur joie en courant après les outardes. Je dois presser le pas, sinon je serai en retard au travail. Même si cette lettre demeure dans ma tête, je me sens libérée et m’apprête à avoir une bonne journée au travail.

-Go, Pitchoune, go!

Oui, comme d’habitude, plus je tente d’exercer mon autorité sur Pitchoune, plus elle m’ignore. Têtue qu’elle est!

Mais je n’avance pas tellement vite, ayant déployée, il y a quelques jours, des efforts considérables en apprenant à jouer au curling. Oui, oui, c’est bien cela, le curling.

Je suis revenue de cet exercice, disons un peu gênée et très mal en point. Gênée d’avoir déjà pensé que c’était un jeu d’enfant? et que n’importe qui pouvait jouer. Mea culpa! C’est un jeu d’équilibre et de tactiques. J’ai une longue saison devant moi!

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