Volume 28 Numéro 04 Le 6 octobre 2010

Chronique Claudie: Faire les choses le dimanche

Par Claudie


J’aime bien les dimanches. C’est la journée où je prends le temps de faire « les choses du dimanche ».

Vous vous demandez sans doute, qu’est-ce que constitue une « chose du dimanche »? C’est simple : il s’agit de prendre le temps de faire quoi que se soit, non pas pour le rayer de la grande liste mais de le faire en y prenant plaisir.

Par exemple, c’est ce qui distingue faire l’épicerie le dimanche plutôt que le samedi.

Si nous faisons les courses le samedi, vous savez comme moi, on se bouscule dans les allées trop étroites, les paniers s’accrochent, on ne prend pas le temps de sourire à la caissière, on s’impatiente lorsque cette dernière ne connaît pas le prix de l’aubergine. D’abord, c’est moi qui dois lui dire que c’est une aubergine, car elle n’en a aucune espèce d’idée, ensuite, elle prend un temps ridicule à en trouver le prix.

Le samedi, je piaffe d’impatience, le dimanche, je lui propose des recettes d’aubergines. Je prends le temps de bien choisir les aliments, je salue le boucher qui me prépare des os pour mon chien, je fais attention en virant le coin avec le panier d’épicerie? même que je prends le temps de lire les étiquettes des produits. Voilà la différence!

Je vous dirais même que faire l’épicerie le dimanche est aussi une activité sociale.

Je rencontre régulièrement des personnes que je connais ? qui elles aussi ont découvert le plaisir de faire les choses le dimanche ? et nous piquons des jasettes avec envergure en plein c’ur des comptoirs de fruits et légumes.

C’est ainsi que je fais le bilan des nouvelles « locales » et le plein de promesses de se revoir bientôt? ce qui ne se fera que la prochaine fois que nous faisons l’épicerie? le dimanche!

Le dimanche, je me fous de la liste qui habituellement règle mon horaire de la journée. Je choisis ce que je veux faire et je le fais à un rythme qui me convient.

Dimanche dernier, la température étant tellement belle, j’en ai profité pour jardiner, récolter les dernières tomates et cueillir les fines herbes pour les faire sécher.

Alors que les outardes s’envolaient vers le sud, les mains en terre, j’ai pris le temps de me reposer l’esprit. De contempler autour de moi les grands champs de soya, fin prêts pour la récolte, les arbres arborant leurs plus belles couleurs et d’entendre le chant des mésanges.

Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à la liste, car à vrai dire, c’est le dimanche que je la dresse, intérieurement. (Je ne dois pas oublier d’y inclure l’installation des cabanes d’oiseaux). Oui, c’est ça faire « les choses du dimanche ».

Lorsque je suis entrée prendre ma tasse de thé de l’après-midi, le téléphone a sonné. C’était ma fille.

– Hey Mom, qu’est-ce que tu fais’
– Je pense.
– Quoi? À quoi penses-tu’
– Oh, toutes sortes de choses et en même temps à rien.
– T?es bizarre…
– C’est dimanche et je fais « mes choses du dimanche ».
– Oh yum, as-tu fait cuire un rosbif!

Elle a bien compris que faire « les choses du dimanche » signifie également souper en famille.
– Non mon ange, mais du pesto, ça te tente?

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