Volume 28 Numéro 22 Le 3 août 2011

Consommateurs ontariens : Rois de l’achat local

Par Isabelle Lessard, journaliste
info.agricom@lavoieagricole.ca


Les consommateurs de l’Ontario surpassent leurs voisins des autres provinces canadiennes en matière d’achat local. C’est du moins l’un des faits saillants qui est ressorti d’un récent sondage commandé par Financement agricole Canada (FAC) au sujet de la consommation de produits locaux et canadiens à l’échelle nationale.  

 

De fait, les consommateurs ontariens ont davantage tendance à déclarer que l’achat de produits locaux et canadiens est une priorité (46 % et 47 %, respectivement) et qu’ils sont prêts à dépenser plus pour ce genre de produits que les consommateurs d’autres provinces.

 

Quant aux autres provinces canadiennes, le même sondage met en lumière la faible volonté des consommateurs à payer plus cher pour des aliments d’ici. Même si la plupart des consommateurs disent préférer acheter des produits alimentaires canadiens, peu d’entre eux passent à l’action.

 

Plus pour leur argent à l’épicerie

Ce résultat n’étonne pas Jean-Philippe Gervais, économiste agricole principal à FAC. « Le prix est un facteur déterminant dans un panier d’épicerie. Par contre, ce que l’on sait peut-être moins, c’est que la part du budget d’un ménage canadien moyen consacrée aux dépenses alimentaires est passée de 19 % dans les années 1960 à 10 % en 2009, selon Statistiques Canada et l’Organisation de Coopération et de Développement économiques. »

 

D’après le sondage réalisé au printemps, 95 % des répondants déclarent que l’achat de produits alimentaires issus de l’agriculture locale est une priorité ou une préférence; toutefois, seulement 43 % d’entre eux sont prêts à payer plus pour des denrées locales.

 

Il semble donc que les consommateurs préfèrent avoir un panier d’épicerie plus garnie plutôt qu’un panier contenant des aliments de provenance canadienne ou locale. Pourtant, les prix que les consommateurs canadiens paient pour des aliments salubres et de grande qualité sont parmi les plus bas au monde.

 

Les campagnes portent fruit

 

Selon Simon Durand, directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, les efforts déployés par les citoyens ontariens pour l’achat de produits de provenance locale pourraient être le fruit des nombreuses campagnes publicitaires et promotionnelles intensives du gouvernement provincial. « Il faut reconnaître les efforts et l’argent investi par le gouvernement dans le programme Ontario Terre Nourricière, et je crois que c’est sûrement un élément qui aide les consommateurs à trouver nos produits sur les tablettes ».

 

Par ailleurs, la popularité grandissante des événements de type « visites de ferme » aurait des effets beaucoup plus positifs qu’on ne le pense. Le sondage met en lumière leurs résultats bénéfiques sur les habitudes de consommation des participants.

 

Les consommateurs canadiens ayant déjà visité une ferme au cours de leur vie ou ayant un lien personnel avec l’agriculture considèrent davantage l’achat local lors de leurs emplettes. Ils sont prêts à sortir un peu plus d’argent de leur porte-monnaie pour encourager l’agriculture canadienne. De fait, ceux-ci considèrent davantage les produits canadiens comme un achat plus dispendieux, mais valant la peine.

 

« Avec le projet Agritour que l’UCFO a géré et développé pendant plusieurs années, nous avons certainement aussi contribué à mieux faire connaître l’agriculture aux consommateurs et à les encourager à acheter localement ».

 

Par exemple, la moitié des répondants qui exprimaient que l’achat de produits locaux est une priorité et qui se disaient prêts à payer plus cher pour s’en procurer connaissait quelqu’un du secteur agricole, soit le propriétaire d’une exploitation ou une personne qui travaille dans le domaine agroalimentaire.

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