Volume 29 Numéro 16 Le 20 avril 2012

Contrer l’érosion des berges de la rivière Blanche

Par Marc Dumont, collaborateur
info@journalagricom.ca


Le samedi 31 mars, le tout nouveau Temiskaming Stewardship Council (Conseil de gestion du Témiskaming) invitait les agriculteurs à une rencontre sur la gestion des rives la Rivière Blanche.

 

Cette rivière est au cœur de la zone agricole du Témiskaming, là ou le sol est riche et varié. Ses berges sont souvent en glaise et sujet aux affaissements. Chaque printemps, les eaux boueuses gorgées d’alluvions charrient des troncs d’arbres et énormément de débris. Certains cultivateurs ont déjà perdu du terrain, de la terre cultivable.

 

Le Temiskaming Stewardship Council, un conseil à but non-lucratif  voué à l’amélioration de l’environnement, a mis sur pied un programme d’amélioration des berges de la rivière Blanche. Le principal objectif est de prévenir l’érosion et de stabiliser les berges en sensibilisant les agriculteurs et les autres utilisateurs qui bordent la Blanche.

 

Dans ce programme, on offre de l’expertise pour identifier les projets, de l’assistance financière (qui peut aller jusqu’à 100%) et des volontaires pour réaliser les travaux sur les berges ou ses affluents. Lauren McDonald du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, qui a descendu la rivière Blanche à plusieurs reprises, a fait remarquer que l’eau est de couleur thé-noir en amont, mais chocolat en aval. Et c’est l’effet cumulatif des petites sources de pollution qui ont beaucoup d’impacts sur la couleur de l’eau qui se vident dans le lac Témiskaming.

 

Selon elle, c’est surtout la surcoupe des arbres trop  près de la berge qui serait responsable de l’affaissement des sols dans la rivière. Il faudrait en replanter et c’est ce que le Temiskaming Stewardship Council veut entreprendre, un projet ambitieux.

 

En somme, ce sont de bonnes nouvelles pour les agriculteurs qui veulent régler leurs problèmes d’érosion. Afin de convaincre la vingtaine de participants, le conseil avait un invité de marque pour réconcilier les agriculteurs avec ce genre d’initiative dont ils se méfient parfois. Il s’agissait de Bryan Yuranch un éleveur de bovin du comté de Norfolk, dans la région du lac Érié.

 

La présentation a été une musique aux oreilles des agriculteurs présents. M. Yuranch a expliqué que ce que les cultivateurs produisent est de la santé, des aliments sécuritaires, de la qualité, de l’énergie et de l’amélioration de l’environnement. Par exemple, faire pousser des cultures fourragères fixe le carbone de l’air dans le sol, contribuant à réduire les gaz à effet de serre. « Nous sommes les environnementalistes, proclame-t-il. Il faut changer la conversation. »

 

Il affirme qu’aujourd’hui faire connaître ce que l’on peut faire pour l’environnement attire des clients. « Prenons conscience que nous avons des habiletés naturelles à faire pousser des plantes. Celles-ci fixent le CO2 dans le sol. Comprenons notre plus-value pour l’environnement et nous allons comprendre où est-ce qu’on se situe dans la société. Célébrons nos habiletés »,  affirme M. Yuranch avec conviction. Il annonce que des gens travaillent à développer une bourse de crédits écologiques, comme celle du carbone. Les agriculteurs améliorent l’écologie, donc doivent être récompensés à son avis.

 

Le conférencier a donné des exemples intéressants pour l’amélioration de l’environnement. Semer des plantes dans un ravin contrôlera l’érosion, gardera le sol humide plus longtemps, règlera le problème de le recreuser régulièrement et attirera les oiseaux.

 

Après les présentations, le conseil de gestion a lancé l’invitation à soumettre des projets. Les permis devraient être faciles à obtenir puisque Rick Gordon du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario est un des membres du conseil. Puis, chose rare de nos jours, le conseil à des fonds disponibles pour des projets d’amélioration des berges de la rivière Blanche.

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