Volume 29 Numéro 05 Le 19 octobre 2011

Des producteurs laitiers se solidarisent


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Depuis que l’agriculteur Michael Schmidt a été reconnu coupable de 13 chefs d’accusation pour avoir opéré une coopérative de lait cru, la communauté agricole de partout en Amérique du Nord se mobilise pour le soutenir dans ses démarches. Jusqu’à maintenant, huit autres personnes se sont jointes à lui dans sa grève de la faim. Ils veulent faire valoir le droit des citoyens canadiens et américains à consommer ce qu’ils jugent bon pour eux, tel que du lait non pasteurisé.

 

Des gens du Wisconssin, tels que Max Kane, qui a fait face à la justice à de nombreuses reprises pour avoir supporté des producteurs de lait dans la vente de lait cru et Vernon Hershberger, lui-même producteur laitier et victime de nombreuses descentes policières, se sont joints à Schmidt dans sa lutte pour les droits en alimentation(Food Right Battle). D’autres encore, comme Bernie Cosgrove et cinq personnes qui préfèrent taire leur identité ont accepté de ne rien manger et de ne boire que de l’eau pour joindre la cause.

 

Un groupe de Toronto a aussi adhéré au mouvement en participant en alternance à la grève de la faim.

 

Longue lutte

Michael Schmidt n’en est pas à ses premiers déboires avec la justice canadienne. Sa lutte pour la légalisation de la vente du lait non pasteurisé dure depuis 17 ans déjà, particulièrement en Ontario.

 

La ferme familiale qu’il opérait près de Durham a été le lieu d’une descente policière en 1994. Il a de nouveau été arrêté sur sa ferme de West Grey par une vingtaine de policiers armés du ministère des Ressources naturelles et de la Police provinciale de l’Ontario en 2006.

 

Schmidt, qui ne détenait aucun quota laitier ni licence de Dairy Farmers of Ontario, clament que ses opérations étaient tout à fait légales puisque les vaches étaient la propriété de plusieurs personnes qui avaient acheté leur part dans la coopérative qu’il exploitait. Selon le défendeur, les membres pouvaient légalement consommer le lait de leurs propres vaches et en faire la transformation puisqu’elles leur appartenaient.

 

Le juge Kowarsky de la Cour de justice de l’Ontario l’avait acquitté en janvier 2010, mais la province avait décidé d’en appeler de la décision, jugeant que le lait pasteurisé constitue un danger pour les consommateurs. Puis, un second juge a renversé le verdict de non-culpabilité le 28 septembre dernier.

 

De plus, l’organisme Fraser Health in British Columbia demande qu’on accuse l’agriculteur d’outrage au tribunal et qu’on lui impose une amende de 55 000 dollars. La cause sera entendue le 2 novembre prochain.

 

Schmidt est le fondateur de l’organisme Cow Share Canada, un organisme qui établit des standards d’innocuité pour la production de lait cru, qui sont connus pour répondre à des standards d’hygiène des plus exigeants.

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