Élevage

Du miel ou du sucre d’érable avec ça?


Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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Rien ne vaut assister à l’éveil de la nature quand le soleil réchauffe les érables et l’odeur sucrée de l’eau qui bouille embaume l’air ou de passer l’été dans l’intimité du fascinant univers des abeilles! C’est ce qu’ont choisi Daniel et Tracy Séguin qui exploitent la Sucrerie Séguin Sugarbush et la Creekbend Farm.

Ces acériculteurs et apiculteurs de Lavigne, dans le moyen-nord de l’Ontario, viennent de construire un atelier de transformation pour le sirop d’érable et l’extraction du miel. Ce nouveau bâtiment leur permettra également la confection de produits à valeur ajoutée : crèmes, chandelles, bonbons…

La sucrerie, exploitée en partenariat avec la sœur et le beau-frère de Daniel, compte 8000 entailles sur des terres de la Couronne, près de la réserve Dokis. La récolte de l’eau d’érable se fait entièrement par tubulures et pompage à vide : l’eau qui arrive plus vite est plus fraîche et ne risque pas d’être détériorée par des bactéries. Bien que les Séguin utilisent un système par osmose inversée, ils ne passent l’eau d’érable qu’une fois et non trois fois comme le font certaines érablières pour concentrer les sucres et diminuer le temps nécessaire à l’évaporation de l’eau.

« Certains gros producteurs montent ainsi le niveau de sucre dans l’eau d’érable entre 15 % à 18 %. L’eau ne passe ensuite qu’une seule heure dans l’évaporateur. C’est pas assez pour qu’il y ait caramélisation », explique Daniel.

Les 8000 litres de sirop produits l’an dernier ont pratiquement tous été vendus à la porte.

Une seconde production prometteuse
L’autre production des Séguin est le miel. Pour répondre à une demande croissante, ils sont passés de 30 à 120 ruches et ils ont des plans pour se rendre jusqu’à 500. Daniel est très optimiste quant à l’avenir de la production mellifère. « Il y a beaucoup de place pour de l’expansion dans l’Est », soutient-il.

Comme pour tous les apiculteurs, les pertes dues aux parasites à la suite de l’hivernage de l’année dernière ont été énormes (58 %). La lutte contre les parasites exige de l’attention.

« Il faut continuellement vérifier combien on en a et savoir quand traiter », explique Daniel. Régulièrement un nouveau parasite apparaît. En mai dernier, à cause de la mortalité, Daniel a divisé 30 ruches pour en faire 100.

Pour rentabiliser l’apiculture, les Séguin se proposent de faire de la pollinisation de bleuets et de canola, mais les ruches ne seront déménagées qu’une seule fois. Autrement, « Ce n’est pas facile pour les ruches », explique Claude. Il veut les déménager vers le 20 juin et les ramener chez lui assez tôt dans la saison pour obtenir une récolte de miel.

Le nouveau bâtiment que les Séguin viennent de construire contient un extracteur à miel, un désoperculateur de cadres et une presse à cire. La miellerie aura le seau fédéral, ce qui leur permettra de vendre au-delà des frontières ontariennes et d’entreprendre l’expansion du rucher.

Quand on questionne Daniel sur la polémique entourant l’utilisation généralisée des néonicotinoïdes sur les semences, il déplore la bataille entre les apiculteurs et les fermiers. Puis, il se reprend et il déplore plutôt le lobby de compagnies de semences. Il déplore aussi que l’agriculture industrielle ait entraîné des banquiers et des comptables dans l’équation.

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