Le 21 mars 2002

Du sirop d’érable déjà en janvier!

Par Pierre-Alain Blais
info.agricom@atreide.net


La saison exceptionnellement clémente que nous connaissons cet hiver aura remis en question des façons de faire qu’on croyait ancrées profondément. Ainsi, des acériculteurs profitent de plus en plus des redoux fréquents qui peuvent survenir à n’importe quel moment de l’hiver, bien avant la période ?normale? des sucres.

Dans la région de London au sud de Toronto dans le Sud-Ouest ontarien, un acériculteur aurait produit 1500 litres de sirop avant même la fin de janvier, rapporte Dave Chapeskie, spécialiste en Agroforesterie pour le ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Selon Environnement Canada, Toronto aurait connu son hiver le plus doux des annales (si on peut encore appeler ça ?hiver?), et de loin, avec plus de 70 jours au-dessus du point de congélation.

D’ailleurs toute la grande région boisée du Sud-Ouest est toujours très en avance sur le Centre et l’Est ontarien, explique le spécialiste Chapeskie. «Quand on commence à peine à entailler dans l’Est, ils sont fréquemment en train de bouillir dans le sud; mais leur saison s’arrête beaucoup plus tôt que la nôtre».

Même son de cloche du côté du sud du Québec, où nombreux sont les acériculteurs qui disent avoir entaillé au moins une partie de leur érablière et récolté du sirop en janvier dernier, à la faveur des redoux que cette région a également connu. «Faire du sirop en janvier est un présage d’une bonne saison», a confié à Agricom Serge Beaulieu, acériculteur d’Ormstown. Il dit aussi, surprise agréable, que le premier sirop de la saison très hâtive était d’une qualité et d’un goût excellents, «avec aucun goût de bois que l’on trouve d’habitude dans les sirops fait très hâtivement». Serge Beaulieu croit que les érables étaient déjà prêts à donner leur eau en janvier, l’hiver ayant souvent eu des allures de printemps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *