Volume 38 Numéro 2 – Le 18 septembre 2020

Éleveurs ou militants : même but



Par : Nicholas Dessaint

Le lundi 7 septembre dernier, une personne a obtenu un chef d’accusation contre elle, en raison de la nouvelle loi 156 pour avoir présumé interférer avec un camion qui transportait des porcs vers un abattoir à Burlington. Cette loi vise à protéger les fermes et les animaux d’élevage en Ontario contre les entrées sans autorisation et d’autres actes susceptibles de les déranger. Cette loi a aussi été établie afin de prévenir la contamination de l’approvisionnement alimentaire. C’est une loi que je trouve nécessaire, mais dont la nécessité me dérange.

Pour moi, ceci représente un différend entre des groupes qui veulent, à la base, la même chose. Les producteurs et éleveurs veulent le bien-être de leurs animaux, tout comme les militants pour les droits des animaux. Par contre, ces derniers craignent que cette nouvelle loi empêche le public de réellement pouvoir voir la « vérité » de ce qui se passe sur les fermes d’élevage.

Je me questionne… pourquoi au mois de mars 2017, un sondage réalisé par Agriculture Canada, avait montré que 91 % de la population faisait confiance aux agriculteurs tandis que maintenant, on semble présumer que l’industrie cache quelque chose.

Est-ce une érosion de la confiance envers les agriculteurs ou est-ce la minorité qui devient plus vocale ? D’une façon ou d’une autre, cette perception doit être changée. 

À la ferme, nous sommes déjà très réglementés et inspectés. L’industrie continue toujours à trouver des façons d’améliorer la condition des animaux. Il existe plusieurs programmes de certification pour promouvoir différents protocoles d’élevages.

Ce qui mérite plus d’attention, de la part de tous, ce serait indéniablement la capacité des abattoirs de notre province. La diminution du temps de transport des animaux serait assurément une amélioration. Ce serait en même temps un grand pas pour améliorer notre souveraineté alimentaire. 

Le bouleversement causé par la pandémie a dirigé les yeux de la population et des élus sur les failles dans notre chaîne alimentaire. En travaillant pour parfaire la chaîne, on réussira à améliorer la situation économique des agriculteurs, le bien-être des animaux et je l’espère, accroître la confiance des gens envers le système qui les nourrit.

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