Volume 29 Numéro 10 Le 20 janvier 2012

Explosion des revenus sur le marché des grains


Par Jan-Daniel Etter
info@journalagricom.ca


Viterra, la plus grande multinationale canadienne spécialisée dans l’achat et la vente de céréales prévoit des gains financiers significatifs pour l’entreprise suite à l’abolition du monopole de la Commission canadienne du blé (CCB) par le gouvernement conservateur.

L’entreprise basée dans l’Ouest canadien a profité de l’annonce de ses résultats financiers de fin d’année, pour publier ses prévisions financières à court et à moyen terme.  Viterra, dont le siège social est situé à Calgary, prévoit une hausse plus modeste pour 2012, mais une augmentation plus significative en 2013. À compter de 2014 cependant, les revenus risquent de croître à un rythme plus rapide qu’on ne l’espérait. La compagnie prévoit une augmentation de ses revenus annuels de l’ordre de 40 à 50 millions de dollars à compter de 2014, et ce, de façon permanente pour les années à venir.

Viterra fut la première entreprise spécialisée à proposer des contrats futurs pour le blé directement aux producteurs et elle a rapidement été suivie par plusieurs autres compagnies pour lesquelles l’abolition du monopole de la CCB fut une bénédiction tout droit tombée du ciel.  Ces contrats seront cependant assujettis à la déréglementation de la CCB prévue pour le 1er août prochain. 

La compagnie offre des contrats pour l’avoine, le blé et tout spécialement le blé durum, utilisé pour la confection de pâtes alimentaires. Le volume additionnel engendré par l’achat de ces céréales permettra à la compagnie d’optimiser la productivité et l’utilisation de ses élévateurs à grains et  ses installations portuaires, ainsi que pour augmenter ses marges financières et optimiser l’efficacité de ses infrastructures.

Ce volume d’achat supplémentaire auprès des agriculteurs demandera un investissement en capital pour Viterra de l’ordre de 150 à 200 millions de dollars.  Par contre, le géant canadien n’aura pas à investir du capital supplémentaire, car il possède déjà un système d’infrastructure suffisant à la demande, de même qu’un réseau de marketing international bien implanté.

Selon son président-directeur-général, Mayo Schmidt, «avec l’arrivée du libre-choix de la commercialisation des céréales au Canada, le réseau de marketing de Viterra présent au travers le globe, permettra aux producteurs d’avoir accès à de nouveaux débouchés et marchés internationaux.  Malgré les recours juridiques présentés par les opposants à la nouvelle législation, Viterra est persuadé qu’il n’y aura pas de délais supplémentaires à l’imposition du projet de loi C-18», a-t-il affirmé par voie de communiqué de presse

Selon plusieurs analystes agricoles spécialisés dans la commercialisation des grains, les profits engendrés par les acteurs majeurs du secteur céréalier seront vraisemblablement à la hausse dans un avenir rapproché, mais en sera-t-il autant pour la majorité des producteurs de l’ouest?  La question se pose.

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