Volume 34 Numéro 21 Le 07 juillet 2017

Ferme F. & F., la famille Neveu se lance dans la poule en liberté


Les poules circuleront librement dans les deux sections de 50 pi x 182 pi et demi chacune. Tout dans ce poulailler est conçu pour attirer les pondeuses vers les nids que l'on aperçoit derrière la famille Neveu. On reconnaît: Joseph, François, Francine et Josianne Neveu. Crédit photo: Chantal Quirion

Par Chantal Quirion


Ils sont producteurs d’œufs de longue date et pourtant ils ont l’impression de tomber dans l’inconnu. Francine et François Neveu de la Ferme F. & F. à Casselman achèvent la construction de leur premier poulailler pour poules en liberté. Ils demeurent toutefois confiants d’avoir fait un bon choix.

Du bout de leur terrain en construction sur la Concession 19 on aperçoit au loin les toits rouges des bâtiments de leur ferme principale sur laquelle est érigé un poulailler d’élevage conventionnel avec 50 000 poules.

Dans la foulée des changements imposés par les Producteurs d’œufs du Canada, ce poulailler devra être converti au système enrichi. Comme les cages devront offrir 116 po2 d’espace au lieu de 67 po2 par volatile, la capacité d’accueil sera réduite. D’où, la construction de ce nouveau poulailler d’une capacité de 15 000 pondeuses.

Plusieurs options

Josianne et Joseph, les enfants du couple ont participé au processus de réflexion pour déterminer quel type d’élevage adopter pour le nouveau poulailler. Ils travaillent tous les deux au sein de l’entreprise et comptent prendre la relève.

« Il y a des rumeurs qui disent qu’un jour les cages ça va tout tomber. On a décidé de ne pas prendre de chance », explique Joseph.

Le système enrichi, le système en parcours libre et d’autres options comme un système aviaire combinant les cages et un accès à un espace commun étaient à étudier. Mais surtout, il fallait s’assurer d’un acheteur en ce qui concerne les productions de spécialités. Les œufs de poules en liberté coûtent plus cher à produire et les producteurs bénéficient d’une prime. Il faut en conséquence un bassin de consommateurs prêts à défrayer la différence.

Ils ont finalement opté pour la poule en liberté avec l’assurance que le poste de mirage Ontario Pride Eggs leur achètera leur production. Leurs œufs seront acheminés dans la région de Toronto où le marché de table pour ce produit est bien implanté. Les œufs bruns représentant un marché plus limité, leur production sera essentiellement d’œufs blancs.

Un projet d’envergure

La conception des plans a débuté en août 2016 et la première pelletée de terre célébrée en octobre de la même année.

« On a eu beaucoup de conseils des gens de Big Dutchman », apprécie Josianne. Ces fournisseurs d’équipements n’en étaient pas à leur première construction du genre.

La construction est presque terminée.  À l’avant, on aperçoit la partie centrale où se trouve la chambre pour les œufs, là où ils seront amenés mécaniquement et empaquetés avant d’être entreposés. À gauche, formant un L avec le bâtiment central,  le poulailler de 50 pieds de largeur par 365 pieds de longueur accueillera ses premières poulettes le 17 juillet.

Vision à long terme

Tout dans ce projet a été conçu pour raccorder un deuxième poulailler sur la droite, identique à son jumeau de gauche. François Neveu indique qu’il compte prendre sa retraite dans un avenir rapproché, mais qu’il voudrait avant, voir ce deuxième poulailler érigé.

La nouvelle construction

En entrant, on aperçoit une aire rectangulaire dont la largeur est séparée en son centre par des nichoirs. Ceux-ci séparent les lieux, mais n’empêchent pas les poules qui voudraient s’aventurer de l’autre côté d’y accéder. Sur les pourtours, un convoyeur distribue la moulée et partout des abreuvoirs. Les bandes latérales de ciment permettent aux poules de gratter le sol comme dans la nature. À la demande des propriétaires, le sol grillagé pour permettre l’évacuation des excréments, présente une pente ascendante vers les nids d’un pouce par pied.

« Tout dans ce poulailler est conçu pour attirer la poule vers le nid. Comme la poule aime grimper, elle va donc s’approcher du nid », explique François Neveu.

L’espace est séparé à mi-chemin par des grillages pour éviter l’entassement des poules. L’été, la ventilation sera assurée par un système de ventilation tunnel et en autre temps par un système de ventilation cheminée. Comme pour l’ensemble des composantes, l’éclairage sera aussi soigneusement dosé grâce à l’apport du système d’automatisation Maximus.

Ce type d’élevage demandera toutefois une vigilance accrue des producteurs qui devront effectuer au moins trois inspections quotidiennes des lieux.

« Il faut voir au confort de l’animal au moins trois fois par jour. Il faut aussi se dépêcher d’enlever les œufs sur le sol s’il y en a. On dit que c’est généralement un à deux pour cent. Il ne faut pas que la poule pense qu’elle peut pondre là ou qu’elle mange ses propres œufs », précise Francine Neveu. De son temps, dit-elle, les gens ne savaient pas et donnaient les œufs fêlés à manger aux poules! Les poules sont carnivores et il n’y a sûrement pas pire habitude à leur donner.

La famille Neveu a tout mis en œuvre pour que leurs locataires se sentent bien chez eux et qu’elles adoptent la routine d’aller pondre dans les nids conçus à cet effet. C’est une aventure, certes, mais c’est un défi qu’ils sont fiers de relever.

Producteurs d’œufs, ils sont aussi producteurs de grandes cultures, blé, soya et, mais qu’ils cultivent sur leur 400 acres de terre et les 130 qu’ils louent. Ils offrent également leur travail à forfait.

Un peu d’histoire

François et Francine Neveu ont acquis leur premier poulailler en 1974. M. Neveu travaillait auparavant sur la ferme laitière avec son père. Commençant avec 6 000 pondeuses, le couple a acheté un deuxième poulailler la même année, doublant le nombre de poules pour atteindre 12 000. En 1987, il faisait construire un nouveau poulailler et vendait le premier bâtiment. Tout le quota logeait maintenant à la même enseigne. En 1992, une rallonge permit de faire grimper la production à 20 000 unités puis à 24 000 unités. Plus tard, en changeant les cages profondes pour des cages disposées sur six étages on augmenta la production à 50 000, ce qu’elle est aujourd’hui.

La famille Neveu accueillera les visiteurs à l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée par MacEwen Agricentre le vendredi 14 juillet de 10 h à 15 h au 1998 de la Concession 19 à Casselman.

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