Le 15 septembre 2004

Gens de chez-nous ? Le Dr Marcel Lalonde, éleveur Red Angus


Le Dr Marcel Lalonde pose avec Red Ace Trandy Lass, un superbe représentant de la race Red Angus.

Depuis 1997, le Dr Marcel Lalonde en plus de la pratique vétérinaire, s’adonne à l’élevage de bovins Red Angus. Son exploitation, la ferme Acer, avec ses quarante femelles et leurs veaux qui y sont élevés, sans parler des deux taureaux, occupe une fois ses consultations terminées, une bonne partie de sa soirée.

Heureusement, les travaux à la ferme sont partagés entre Marcel Lalonde, son fils Michael ainsi que leur voisin Rhéo Lalonde qui surveille les animaux durant la saison des vêlages et qui donne un bon coup de main pour les foins. Par ailleurs soutient Marcel en parlant de son fils, « Michael est rendu indispensable pour les grandes cultures ».
Il faut voir à l’alimentation, à l’entretien des parcs et l’été à faire les foins. Malgré les heures qu’il ne faut pas compter, Marcel Lalonde a développé une véritable passion pour le métier d’éleveur et met un point d’honneur à y exceller.

Inspiré malgré lui

On dit parfois que le passé nous rattrape et c’est peut-être ce qui lui est arrivé. Dès son enfance, il a grandi auprès d’un éleveur hors du commun, son père, dont le côté novateur s’est manifesté à maintes reprises.

Véritable pionnier, Gérard Lalonde est l’un des premiers éleveurs canadiens de la race Charolais au Canada au début des années 60. Il se rendait en France pour choisir ses sujets et ceux de d’autres éleveurs. C’est lui qui fit pression auprès du gouvernement canadien pour l’obtention d’une station de quarantaine, étape obligatoire pour l’importation de ces sujets sur le continent. C’est ainsi que Grosse-Île, située dans le fleuve Saint-Laurent en face de Montmagny (Qc), fut destinée à cette fin.

Il présida l’Association de Charolais de l’Ontario et du Canada et occupa le poste de vice-président au niveau international. Marcel Lalonde reconnaît en son père les qualités d’un véritable chef de file et se souvient encore de l’époque où ce dernier procédait aux premiers croisements entre les races Hereford et Charolais.« En ces temps là, se souvient-il, les semences n’étaient même pas congelées pour être expédiées et mon père devait s’en procurer aux États-Unis et au Mexique! »
Malgré cette influence, Marcel Lalonde ne se destinait pas à suivre les traces paternelles. Il voulait être vétérinaire. Après l’obtention en 1976 d’un baccalauréat en agronomie à l’Université de Guelph, il fut admis au Collège de médecine vétérinaire de la même institution. Quatre ans plus tard, licence en main, il ouvrait son cabinet à Alexandria.

Par la suite, son père prit sa retraite et vendit son troupeau. Ce n’est qu’à son décès, lorsqu’il fut question de vendre la ferme familiale que Marcel Lalonde se sentit interpellé. Il décida d’en prendre possession et de revenir à Riceville s’y installer, constituant la quatrième génération.
Le début d’une nouvelle carrière
Il chercha alors quel élevage pourrait être compatible avec son emploi du temps comme vétérinaire. Sans aucun doute la production laitière à cause des traites régulières était exclue, cependant l’élevage de bovins de boucheries semblait une bonne idée.

Il se mit alors en quête d’une race avec des traits de carcasse supérieurs. Il se rendit dans l’Ouest canadien à quelques reprises où il rencontra des vétérinaires et des éleveurs. Il mûrit sa réflexion pendant deux ans pour finalement porter son choix en 1997, sur le Red Angus, choix dont il est absolument satisfait et qui selon les études du Centre d’information sur le boeuf, rencontre les exigences du consommateur à 100%, comparativement à 60% pour la plupart des races.

Ses avantages et ses forces

Être éleveur de Red Angus comporte aussi l’avantage d’être soutenu par une association qui se démarque par l’énergie qu’elle déploie à promouvoir la race. « Elle élabore des stratégies très bien pensées, constate Marcel Lalonde. L’an dernier, 53 000 veaux ont été enregistrés, des ventes spécialisées sont organisées et rapportent beaucoup plus que pour d’autres races et c’est une organisation qui met tout en oeuvre pour stimuler la vente au détail », poursuit-il.

« Pour un éleveur, soutient le Dr Lalonde, pouvoir apposer le sceau avec le logo de l’Association Angus, constitue une valeur ajoutée et seuls les éleveurs de pur-sang ont ce privilège. La boucle d’oreille Angus a été portée par 250 000 bêtes destinées au marché l’an passé », dit-il encore. En Ontario, trois abattoirs font le marketing de la race au détail ».

C’est d’ailleurs grâce à ces initiatives croit-il, que les éleveurs de races pur-sang et en particulier de Red Angus ont été jusqu’à ce jour, épargnés des conséquences de la crise générée par l’ESB. Cependant, « les effets commencent à se faire sentir, dit-il et la nécessité de développer d’autres marchés devient imminente. »

Un troupeau hautement reconnu

Jusqu’à maintenant, la vente de sujets pour la reproduction lui a évité les déconvenues liées à cette crise. « Le marché local est assez fort de ce côté là », dit-il. Il faut cependant reconnaître qu’il ne ménage pas les efforts pour améliorer la génétique de son troupeau et la promouvoir. Le côté maternel de cette race est un aspect qu’il privilégie et qu’il développe en choisissant des taureaux qui en possèdent des traits marqués. Chaque année, il envoie ses meilleurs sujets dans les plus grands centres d’attestation de l’Ouest du pays.

Ces initiatives lui ont valu de nombreuses reconnaissances dont certaines très prestigieuses comme notamment deux 1er prix décernés par BIO, un organisme qui représente les éleveurs de race pure en Ontario. L’un d’eux à titre de Meilleur éleveur de la race Angus, et l’autre pour le Meilleur indice de performance dans la catégorie des carcasses de qualité en 1999.

Le Centre Douglas au Manitoba le nommait récipiendaire pour le Meilleur indice de gain en 2000 alors que le Centre d’évaluation du Sud-Ouest également au Manitoba, le classait premier pour deux distinctions au cours de cette même année: Meilleur indice de gain et Meilleure performance pour un groupe de taureaux.

En 2004, un centre d’attestation en Saskatchewan lui attribuait le Meilleur indice de gain. Par ailleurs, un taureau dont la mère fut élevée chez lui, reçut de BIO, deux importantes distinctions, dont un premier prix pour l’indice de production pour les races de performance ainsi qu’un deuxième prix dans la catégorie des carcasses de qualité.

Perspectives d’avenir

Vu la conjoncture, il semble indispensable à ses yeux, de créer les infrastructures pour répondre aux besoins d’abattage locaux qui permettraient de développer le marché des ventes aux particuliers, pense-t-il. « Les petits abattoirs de la région ne fournissent plus à la tâche ».

Par ailleurs, « peut-être les éleveurs de la région devraient-il se regrouper pour offrir un volume capable d’intéresser ces abattoirs éventuels’ » se demande-t-il. Une chose lui semble cependant certaine, c’est qu’il faut cesser de cibler les États-Unis comme unique marché. Pour sa part, il vise à augmenter le nombre de ventes de carcasses directement à la ferme tout comme il pense exploiter le potentiel que représente le bassin de restaurateurs établis à Ottawa. « La plupart d’entre eux s’approvisionnent déjà en Red Angus, il s’agit de les convaincre d’acheter par ici », dit-il. D’autant plus que chez lui, les bovins sont élevés sans hormone de croissance ni antibiotique.

« Le meilleur steak qui soit! »

Pourquoi les restaurateurs choisissent-ils la race Red Angus’ Parce que c’est le meilleur choix, affirme Marcel Lalonde qui explique à quoi tient cette classification suprême ?AAA?, qui repose sur la combinaison de trois qualités.

Premièrement, cette viande est parfaitement persillée, constate le Dr Lalonde qui précise que ce sont ces petites infiltrations que l’on observe dans la chair qui sont responsables de cette saveur inégalée. « Avec la Red Angus dit-il, on arrive à cette finition à l’intérieur de trois à quatre semaines alors que pour d’autres races il faut y mettre jusqu’à douze semaines et certaines n’arrivent jamais à un tel résultat. »

« Deuxièmement, à cause des fibres très fines, on a un produit si tendre qu’on peut presque le couper à la fourchette et troisièmement, la petite taille de la carcasse permet pour le même poids, d’obtenir un steak plus épais. De ce fait, on peut le griller à point sans trop le cuire, ce qui est indispensable pour l’apprécier à sa juste valeur. ».

Définitivement, Marcel Lalonde est très convaincant et à l’écouter, on a presque envie d’allumer le barbecue. Devant ce qui pourrait sembler être un parti pris, l’éleveur affirme qu’il n’est pas le seul à attribuer la note d’excellence à la Red Angus puisque celle-ci a remporté les faveurs d’un banc d’essai effectué à l’échelle internationale! Wow!

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