Volume 33 Numéro 07 Le 20 novembre 2015

J’me champs bien/Field Good Farm


Ci-dessus, on reconnaît Isabelle Legeault et Ryan Spence dans leur serre de légumes d'hiver.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


J’me champs bien/Field Good Farm, c’est le nom de l’entreprise maraîchère entièrement biologique d’Isabelle Legault et Ryan Spence. Dans la jeune trentaine, le couple est installé dans la région de Cache Bay dans le Nord de l’Ontario. Cette année, ils ont cultivé 46 variétés de légumes et une dizaine de variétés de fines herbes sur cinq acres. La production est vendue au marché de North Bay dont ils sont les coprésidents. Ils distribuent également 110 paniers de légumes, du début de juillet jusqu’à l’avant-dernière semaine d’octobre. Le reste de la production est acheté par des restaurants, des épiceries et des cafeterias scolaires dans la région de Sudbury.

Mais ce sont les paniers de légumes qui motivent le plus nos maraîchers. « C’est un contact direct et fréquent avec le consommateur », commente Isabelle en rapportant des commentaires qui leur font bien plaisir comme : « Je ne pourrais pas m’en passer » ou « Je découvre de nouveaux légumes, j’en mange et j’en raffole! »

« C’est bâtir une communauté autour de la nourriture. Si ce n’est pas payant en argent, ça l’est socialement », affirme pour sa part Ryan. Et Isabelle d’ajouter : « C’est important de faire découvrir des légumes. C’est une façon de reconnecter les gens avec une partie d’eux-mêmes. »

Au marché de North Bay, il y a d’autres satisfactions. Le couple s’est rendu compte que les clients reviennent. Ils veulent déguster à nouveau leurs carottes multicolores, leurs petites tomates (une ancienne variété), le chou frisé, les cerises de terre, les 32 variétés d’ail et tout ce qui est verdure : laitues, pouces et herbes fraîches.

En 2011, au moment de démarrer l’entreprise, Isabelle et Ryan avaient bien réfléchi avant de prendre leur décision. Ils déplorent l’industrialisation et la mondialisation de l’agriculture. « En deux générations, la technologie a remplacé la relation humaine », explique Isabelle.  Ryan lui, voulait contribuer à sa façon: « Je voulais sentir que je faisais une différence. Je veux nourrir les gens avec de bons aliments. J’ai de la satisfaction à penser que nous offrons cette possibilité. »

N’allez pas croire que le couple est animé par un idéalisme naïf. Tous les deux ont une formation en agriculture, ils ont fait un stage d’un an dans un jardin et leur plan d’affaires était bien monté. Rien n’est laissé au hasard chez J’me champs bien/Field Good.  Ils notent combien de temps ils consacrent à chaque culture et prennent la décision de l’abandonner ou de l’augmenter. La planification est minutieuse et se fait avec l’aide d’un programme Excel selon l’historique de la dernière saison. « On tient toujours compte d’une marge d’erreur de 30 % », ajoute Isabelle.

Changer le monde

Le credo d’Isabelle et Ryan est leur profonde volonté de contribuer à bâtir une communauté meilleure. Le système social actuel isole les gens et il est possible de renverser la vapeur avec de la nourriture locale, à leur avis. Le contact direct avec le consommateur stimule les échanges. Et il y a d’autres façons de bâtir une communauté. Le couple alimente un blogue pour aider d’autres personnes qui voudraient cultiver. On y trouve leurs coûts de production, leur approche en gestion et d’autres données pertinentes. De plus, ils offrent des ateliers au Collège Fleming sur l’agriculture durable. Leur objectif est d’attirer des jeunes dans le Nord. Ils offrent même un programme de stage d’une pleine année. Comme critère d’admission, le candidat doit vouloir avoir une ferme un jour.

« Ce que j’aime, c’est notre mode de vie. On pense en termes de système communautaire avec beaucoup d’interaction. Alors c’est une bonne façon de vivre », conclut Ryan.

Isabelle, qui était d’ailleurs sur le point d’accoucher lors de cette entrevue, est d’autant plus heureuse que pour elle, c’est une belle histoire de famille. « On ne peut pas s’imaginer autrement. C’est ici qu’il faut être. Puis il y a un attachement historique. Nous sommes sur la terre qui a appartenu à mes grands-parents. Aujourd’hui, on en est les gardiens et on la passera à une génération future. »

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