Volume 30 Numéro 08 Le 5 décembre 2012

Justin Trudeau séduit les agriculteurs francophones


Le candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de sa visite à Alfred, dans l'Est ontarien.

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


De passage dans l’Est ontarien pour accroître l’appui des sympathisants libéraux, le candidat à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a rencontré plusieurs agriculteurs francophones le 30 novembre dernier. Il a prononcé un discours devant quelques dizaines de personnes au Campus d’Alfred de l’Université de Guelph au cours duquel il a davantage parlé de l’importance de la dualité linguistique au pays que de ses intentions en matière d’agriculture.

Bien que son allocution était davantage axée sur l’importance d’un Canada uni, le député de Papineau a fait allusion à la gestion de l’offre lorsque des producteurs laitiers et de volailles lui ont demandé sa position sur le sujet.

« Je supporte la gestion de l’offre pas parce que c’est le système parfait, mais parce que c’est un système qui fonctionne », a déclaré Justin Trudeau.

Il s’est cependant dit ouvert aux propositions de modification du fonctionnement actuel.

« Si les gens veulent remplacer la gestion de l’offre, je suis ouvert à entendre leurs propositions, mais pour moi, c’est un système qui a bien fonctionné depuis 40 ans. Alors, pour l’instant, j’appuie non pas par idéologie ancrée, mais parce que c’est ce qui fonctionne de façon pragmatique. »

Certains producteurs présents lui ont reproché d’avoir fourni une réponse trop évasive à leur goût.

 « L’est de l’Ontario est quand même assez avant-gardiste en matière agricole. On investit beaucoup, il y a beaucoup de relève et on aimerait avoir un peu de stabilité », a répondu Marcel Laviolette à Justin Trudeau.

« Je n’ai pas encore été convaincu qu’il y a un meilleur système que celui de la gestion de l’offre », a conclu le candidat.

Gestion de l’offre : l’enjeu
Chez les agriculteurs, le système canadien de gestion de l’offre fait partie des enjeux importants dans cette campagne pour choisir le chef du PLC, relégué au troisième rang à l’issue des dernières élections. C’est particulièrement vrai depuis que le Canada a entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral avec l’Union européenne et qu’il se démène pour se joindre aux négociations du Partenariat transpacifique.

Mais les opinions se divisent au sein même du PLC. L’avocate Martha Hall Findlay, elle aussi candidate à la chefferie, avait créé tout un tollé en juin dernier lors de la publication de son rapport prônant l’abolition du système de gestion de l’offre.

La candidate suggère une transition vers un libre marché, en payant peu à peu les quotas aux agriculteurs qui en détiennent.

Adversaires
Bien que M. Trudeau soit le candidat-vedette pressenti pour diriger le PLC, il pourrait néanmoins devoir partager le vote des militants libéraux ruraux le 14 avril prochain. Outre les dix autres candidats à la chefferie, il pourrait aussi devoir affronter René Roy, un agriculteur-économiste beauceron de 30 ans qui est actuellement vice-président Est de la section Québec du PLC. Ce dernier s’est présenté dans les circonscriptions de Mégantic-L’Érable et de la Beauce en 2008 et 2011, mais il avait été défait.

Sont également dans la course au leadership l’ancienne députée et avocate Martha Hall Findlay, l’avocate et professeure Deborah Coyne, la députée de Vancouver Joyce Murray, l’avocat David Bertschi, l’avocat George Takach, l’ancien astronaute Marc Garneau, le procureur Alex Burton, l’ex-président de l’aile du PLC en Colombie-Britannique David Merner, l’économiste Jonathan Mousley,  et l’ancienne lieutenant-colonel Karen McCrimmon.

Au moment de mettre sous presse, seulement Justin Trudeau et Deborah Coyne avaient officiellement rempli toutes les conditions exigées pour le dépôt de leur candidature à la succession du chef intérimaire, Bob Raye.

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