Volume 30 Numéro 11 Le 8 février 2013

L’agroécologie fait salle comble en France

Par Christine Rieux, collaboratrice


Le distingué palais d’Iéna à Paris était bondé pour la conférence Agricultures : produisons autrement le 18 décembre dernier. L’événement marquait un précédent. Pour la première fois, le ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, ouvrait un dialogue national dans le but de causer des alternatives au modèle agricole issu de la révolution verte.

 

Plus de cinq cents grandes pointures de l’agroécologie étaient au rendez-vous. L’objectif du ministre Le Foll est clair. Il souhaite que la France devienne un leader européen en matière d’agroécologie. Son fer de lance : le Projet agroécologique pour la France qui s’étalera jusqu’en 2014 et se déclinera en trois axes.

 

La conférence nationale s’inscrivait dans le premier axe du projet : connaître ce qui se fait de mieux en agroécologie et capitaliser sur les succès en 2012. L’inventoriage des points communs de réussite en agroécologie a pour but de proposer aux agriculteurs des modèles productifs et adaptés à leur réalité géographique et économique. «Dorénavant, il n’y aura plus de solution unique », explique Stéphane Le Foll.

 

Le deuxième axe du projet prévu en 2013 consiste à accompagner les agriculteurs dans toutes les phases de leurs projets de transition vers l’agroécologie. Pour y arriver, le ministre Le Foll compte former les conseillers et les formateurs afin qu’ils puissent appuyer adéquatement les agriculteurs. Le but étant de permettre aux agriculteurs de construire des systèmes adaptés à leurs exploitations. Présentement, une plate-forme Internet contributive permet aux intéressés de partager leurs modèles de réussite dans l’Hexagone (agriculture.gouv.fr/produisons-autrement).

 

Les chambres d’agriculture, les coopératives agricoles, les Instituts techniques agricoles et les réseaux existants effectueront une plus large diffusion. Trois millions d’euros supplémentaires sont prévus en 2013 pour soutenir les Instituts techniques agricoles et financer des projets collectifs en agroécologie. Le producteur laitier Philippe Pastoreau estime que la parole doit être redonnée aux agronomes et aux conseillers: «Évitons qu’ils deviennent des remplisseurs de formulaires administratifs agroenvironnementaux »

 

En 2014, le gouvernement déploiera le troisième axe du projet en accompagnant les producteurs dans la prise de risque au moment de la transition vers les nouveaux systèmes de production. Pour l’instant, aucun engagement financier n’a été avancé. Des enjeux prioritaires ont toutefois été évoqués. Un urgent besoin de faciliter l’accès foncier aux nouveaux agriculteurs s’est fait entendre. Les agriculteurs ont demandé une plus grande implication de l’État pour favoriser le développement de races animales et de cultivars obtenus sous une approche agroécologique.

 

De quelle façon le Projet agroécologique pour la France s’inscrira-t-il dans la nouvelle Politique agricole commune européenne 2014-2020? Comment ces ambitions se réaliseront-elles sur le terrain? Voilà quelques-unes des interrogations restées en suspens. Une chose est sûre, la révolution agroécologique s’étalera au-delà de l’agriculture. Le ministre Le Foll et le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, allieront leurs forces pour lancer la campagne Mangeons autrement en 2013. Si les agriculteurs peuvent produire mieux avec moins de ressources, les consommateurs peuvent contribuer au changement en diminuant le gaspillage alimentaire.

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