Volume 28 Numéro 18 Le 18 mai 2011

L’«effet rotation»

André Dumont

Par André Dumont
Collaborateur
info@journalagricom.ca


Qui dit bonnes racines dit bon rendement. Et pour obtenir un bon développement racinaire, les rotations s’avèrent un outil de choix.

Les avantages des rotations sur les monocultures sont bien connus, mais très peu de recherches les démontrent sans équivoque. Voilà qu’une étude d’Agriculture et Agroalimentaire Canada nous apporte un éclairage précis sur l’impact des rotations sur la santé des racines et sur les rendements, dans le maïs et le soya.

Stéphan Pouleur et ses collègues du Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures, à Québec, ont comparé des monocultures de maïs et de soya avec des rotations incluant maïs, soya et blé. Treize séquences différentes ont été comparées, chacune sous labour et sous chisel.

« Certains disent que les racines sont la bouche des plantes. Je dirais qu’elles sont aussi les mains des plantes. Elles vont chercher les nutriments là où ils se trouvent dans le sol », a déclaré Stéphan Pouleur lors de la Journée d’information scientifique – Grandes cultures, à Drummondville le 17 février dernier.

Stéphan Pouleur a observé que dès la deuxième année d’une même culture, la pourriture des racines est plus forte et les rendements s’affaiblissaient.

Dans le maïs, le rendement (moyenne de quatre années) était 6,8 % plus élevé en rotation qu’en monoculture sur le labour. Sous chisel, le rendement en rotation était de 7,7 % plus élevé qu’en monoculture.

En monoculture de maïs, l’indice de pourriture s’avère plus élevé sous chisel (4,2) qu’en travail de sol conventionnel (2,0).

Dans le soya, les chercheurs n’ont pas observé de différence de santé racinaire entre le chisel et le labour. Par contre, les rotations dans le soya font beaucoup diminuer l’indice de pourriture des racines par rapport à la monoculture.

L’indice de pourriture après un an sans soya (4,6) est inférieur à celui de la monoculture (5,5). À la suite deux ans sans soya, l’indice de pourriture baisse considérablement (3,6). La pourriture des racines diminue donc avec le nombre d’années sans soya.

En soya, les rotations, lorsque comparées aux monocultures, ont permis d’accroître le rendement de 6,3 % sur labour et de 3,5 % sous chisel.

« Ces résultats nous incitent à croire que la meilleure efficacité des racines dans les rotations pourrait expliquer une partie des gains de rendement par rapport aux monocultures », conclut Stéphan Pouleur.

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