Volume 33 Numéro 22 Le 12 août 2016

La campagne se poursuit pour la famille Ryan


Ce qu'il reste de Ryandale Farm après l'incendie du 23 juillet dernier.

Par Chantal Quirion


NDLR – Alors qu’Agricom faisait relâche pour les vacances, le fil des nouvelles a été ponctué de quelques faits saillants qui se doivent d’être mentionnés.  

Ainsi, Ryandale Farm, ferme laitière de Riceville dans l’Est ontarien, été rasée par les flammes le 23 juillet en soirée. L’ensemble du troupeau en lactation, soit 57 vaches ont péri dans la tragédie. Seule Ninja, une vache mise en pension chez un voisin a échappé au sinistre. La cinquantaine de taures logées dans un autre bâtiment et les veaux dans leur hutte ont été épargnés. L’exploitation familiale s’apprêtait à célébrer ses 156 ans de fondation le 10 août.

Pour Chris Ryan, à l’extérieur de la région ce soir-là, la nouvelle a dépassé la fiction. Étant pompier volontaire, il a d’abord vu les coordonnées pour l’appel comme tous les autres pompiers. Il s’est fait confirmer les faits par un de ses collègues.

« Les genoux m’ont lâché. »

Il se relevait à peine d’un incendie survenu en mai 2013 alors que l’étable à taures était la proie des flammes. Il s’était alors tant et tant démené pour faire sortir les animaux qu’il en avait subi des brûlures au 3e degré sur les bras et d’autres au 2e degré, jugées sévères, sur le visage. Les médecins l’avaient plongé dans un coma artificiel pendant huit jours pour qu’il puisse survivre à autant de douleur et aux traumatismes des nombreuses opérations subséquentes.

« J’avais réussi à toutes les faire sortir, mais à cause des conséquences de la chaleur et de la fumée on en a perdu presque la moitié. Cela a fait un gros trou dans le troupeau, mais on recommençait à prendre le dessus. Ç’a été une période très difficile psychologiquement et physiquement. »

Ainsi, le 23 juillet, loin de se douter de ce qui allait lui tomber dessus, Chris Ryan profitait de la vie avec sa petite famille, sa conjointe Mireille Robert et sa fille Mélissa qui aura deux ans en novembre. Ils ont un petit bébé en route, attendu pour la mi-septembre.  Ils campaient alors à Saint-André-d’Avellin, venus encourager des membres de la parenté dans des compétitions équines et assister plus tard à une noce.

« Je prends une fin de semaine par année. »

Vu l’expérience, il savait que prendre la route à ce moment n’aurait rien changé. La nuit s’apprêtait à tomber, la roulotte n’était pas attachée et les émotions étaient vives. Il a donc pris la route tôt le lendemain, mais n’a pu se résoudre à aller sur les lieux les jours suivants, même si c’est là qu’il habite.

« Çétait trop « rough ». Voir mes vaches dans cette condition-là, surtout pour une deuxième fois, je ne pouvais pas. Ces vaches-là c’est comme tes bébés. »

Représentant de la sixième génération, Chris Ryan devait prendre la relève officiellement de son père, Howard Ryan, l’an prochain. Sa conjointe qui a aussi grandi sur une ferme laitière à Embrun souhaitait se joindre éventuellement à lui dans l’entreprise. Pour l’instant, leur rêve semble incertain.

« Mon père a pris ça dur et il a fait des crises d’anxiété. Il doit prendre ça une journée à la fois. Pour l’instant, c’est lui le propriétaire et je ne sais pas encore ce qu’il va décider. Il y a beaucoup de choses à régler. »

Aucune conclusion sur les causes du sinistre n’a été déposée, mais un problème d’origine électrique semble le plus plausible, indique Chris Ryan.

Impuissant devant les événements, il habite temporairement chez ses beaux-parents. Il n’y a plus d’eau à la maison. Il donne aussi un coup de main à Marc Bergeron pour les foins, le père de son meilleur ami dont le cinquième anniversaire de décès a été souligné tout dernièrement.

« Travailler chez Marc ça me fait du bien. En fait, lui, Diane et toute la famille on est très proches. »

Le décès de son meilleur ami dans un accident de ferme et deux incendies consécutifs, cela fait beaucoup pour un seul jeune homme. Malgré tout, il garde le cap. Il a transféré Ninja chez la famille Bergeron et d’autres vaches qui doivent aussi vêler dans un avenir rapproché. Les veaux sont chez un voisin.

Une cueillette de fonds a été lancée par un cousin pour cette famille sur le web. Les personnes intéressées à y participer peuvent suivre le lien suivant : https://www.gofundme.com/2g5f784.

Chris Ryan en est très reconnaissant comme du réconfort, de façon générale.

« Je tiens beaucoup à remercier mes amis, la famille, les voisins et mes collègues pompiers pour tout leur support. L’aide qu’ils nous ont donnée fait vraiment une grosse différence. C’est très précieux.  »

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