Volume 25 Numéro 16 Le 16 avril 2008

La chronique de Claudie – Les mérites de l’hiver


Si on en a parlé de cet hiver! Finalement lui aussi se laisse choir au soleil printanier.

Au bureau de poste, au salon de coiffure, à la station-service, au travail, partout nous avons clamé haut et fort cette misère hivernale. Les entrepreneurs de déblaiement de neige on fait de grands quarts de travail; et Canadian Tire a sûrement tout écoulé son stock de pelles et de ?souffleuses’. Dieu qu’on a souhaité le départ de cet hiver!

Néanmoins, il a bien ses mérites, peut-être difficile à faire valoir j’en conviens car les dernières tempêtes avaient fini par ternir son image.

Mais à vrai dire, quelles belles occasions nous avons eues d’échanger avec les voisins qui devaient se frayer un passage dans les montagnes de neige pour se rendre à leur porte. L’hiver nous engage aussi dans une espèce de léthargie, nous rendant quasi-impuissants devant ses incessantes sautes d’humeur, ses verglas par-ci et ses poudreries par-là.

Pourtant, bien au chaud chez-soi, humant les parfums de la cuisine, nous avions une occasion idéale pour nous blottir dans la rêverie. On a lu’ bouquins, magazines de toutes sortes et bien entendu, notre catalogue de semences, imaginant déjà notre fructueuse récolte qui pourtant ne ressemblera en rien aux photos du catalogue.
Somme toute, l’hiver est vraiment une saison de réflexion; la vie d’aujourd’hui ne permet pas souvent ce luxe. Mais une fois pris d’assaut et retenus par une bonne tempête, nous avons le temps de penser non seulement à nos vieux péchés, mais aussi à la condition humaine, à notre contribution à la vie, à une meilleure définition de notre personne? et au printemps.

***

Avec l’arrivée des outardes, arrive la visite de la ville. On accourt aux cabanes à sucre pour manger les spécialités en région et en saison. Ma famille comme bien d’autres est fidèle à cette tradition.

? Tante Claudie, pourquoi les routes sont-elles sales’
? Elles ne sont pas sales, ma petite, c’est le dégel et ça fait beaucoup de boue.
? Tante Claudie, roule dans les trous d’eau pour que ça fasse splash!
? Pour ça, il faudrait prendre un camion.
? Maman a un camion.
? D’accord, la Subaru de ta mère convient bien comme « camion » pour rouler en ville. Mais ici, hiver comme printemps, ça prend un vrai camion.

Elle a mangé plus que sa part de suçons à l’érable à la cabane à sucre. Et le « camion » de sa mère, recouvert de boue, ramenait en ville la petite famille, épuisée mais ravie de leur sortie printanière à la campagne.

Je les reverrai au temps des fraises, sans doute.

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