Le 21 janvier 2004

La Coopérative fédérée de Québec s’intéresse à la relève agricole dans l’Est ontarien

Par Chantal Quirion


Lors du Forum jeunesse du mouvement coopératif agricole, Guillaume Gratton s’est mérité un forfait privilège. On l’aperçoit (à droite) en compagnie de l’administrateur du district 11 pour la CFQ, Gaston Blais. Photo C.Quirion.

La température morose et glacée du 17 décembre dernier, n’avait rien en commun avec les beaux paysages des cartes de souhaits. À quelques jours de Noël, la pluie drue et verglaçante ne semblait jamais vouloir s’arrêter. La chaussée difficilement praticable, n’empêcha pas cependant, la tenue du Forum jeunesse du mouvement coopératif agricole. Pour cette deuxième édition, la Coopérative fédérée du Québec (CFQ), avait retenu le village de Fournier comme lieu de rendez-vous.

Depuis deux ans, la CFQ organise dans chacun de ses districts, une journée d’information destinée à la relève agricole. Plus qu’informative, l’activité sert de lieu d’échange où les jeunes sont appelés à exprimer leurs opinions et leurs attentes sur différentes facettes du monde agricole. « C’est une bonne façon de prendre contact avec la relève », mentionne l’administratrice provinciale à la CFQ, Francine Ferland. Cette dernière qui s’est déplacée du Comté de Bellechasse au Québec, où elle exploite une ferme laitière avec son mari et son fils, précise: « D’une part, cela permet de faire connaître le réseau et d’autre part, les commentaires des intervenants constituent un excellent outil d’orientation pour la CFQ ».

C’est dans un contexte très convivial, que s’est amorcée cette journée à laquelle une dizaine de jeunes de l’Est ontarien, tous issus du secteur de la production laitière, ont participé. Dans de meilleures conditions, le Forum aurait probablement accueilli de jeunes Québécois, puisque le district 11 dont fait partie AgriEst, s’étend de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Néanmoins, compte tenu des circonstances, les organisateurs tant du côté de la CFQ que de la coopérative AgriEst, se sont dit très satisfaits du taux de participation.
Le Forum aura aussi fait un heureux en la personne de Guillaume Gratton qui s’est mérité un forfait privilège pour assister à la prochaine assemblée générale de la CFQ. C’est dans la tradition de l’événement, que de choisir un participant de la relève dans chacun des districts. L’attribution de ce privilège est déterminée par le pointage final à un jeu questionnaire portant sur le réseau de la Coopérative fédérée du Québec.

De la Terre à la terre

Avec un survol des principaux sommets économiques internationaux, De la Terre à la terre, le journaliste de la CFQ, Nicolas Mesly a illustré combien les décisions qui se prennent souvent loin de chez nous ont un impact direct dans notre cour. Dans le contexte de la mondialisation, les agriculteurs sont appelés à relever de nouveaux défis et doivent faire appel à leur capacité collective à s’organiser.

À ce titre, le Danemark est un bon exemple de ce que l’union peut générer. Le mouvement coopératif agricole y est très développé et travaille de concert avec les syndicats. Contrairement à notre philosophie nord-américaine qui préconise que dans un avenir rapproché, seules les exploitations de taille industrielle trouveront un salut, là-bas, la taille des fermes est limitée. Bien sûr, les réalités varient d’un pays à l’autre. Elles reflètent cependant des choix de société qui prennent leurs assises dans des décisions politiques.

En ce sens, le droit de vote est un des outils des agriculteurs, au même titre que la coopération et le syndicalisme. De même l’innovation doit avoir sa place. Au Danemark toujours, l’État a réussi à combler le fossé entre le producteur et le consommateur en s’appuyant sur la communication. La mise sur pied d’un vaste programme d’information destiné aux citoyens dès l’âge scolaire, a permis de rétablir l’image et l’opinion générale quant à la nature et au rôle du secteur agricole au sein de la société.

La Coopérative fédérée de Québec

Peut-être moins populaire qu’en Europe, le mouvement coopératif au Canada trouve quand même plusieurs adeptes. À preuve, le réseau Coop avec ses 37 000 membres et une centaine de coopératives affiliées, dont AgriEst, se classe au 4e rang des entreprises du Québec pour les revenus qu’il génère, et 7e, pour le nombre d’employés qu’il embauche. Pour en parler, l’administrateur et économiste du district 11, de la CFQ, Gaston Blais était présent.

À l’écoute des participants qui émettaient des inquiétudes quant à leur avenir dans le secteur agricole vu l’évolution de l’endettement, l’inflation du prix des terres et du quota et l’incompréhension généralisée face à la production agricole, monsieur Blais répondait, qu’il n’y a pas de solution miracle et que lui-même à ses débuts comme producteur, se demandait comment il y arriverait. Néanmoins, il soutient que le mouvement coopératif contribue à l’amélioration des conditions de l’agriculteur et qu’il s’agit d’un outil dont les possibilités sont multiples et profitables.

En particulier, être membre d’une coopérative affiliée à la CFQ se traduit par de nombreux avantages qui se traduisent entre autres, par une diminution du coût des intrants. La CFQ n’est pas là pour faire de l’argent, elle a versé près de 69 millions en ristournes entre 1998 et 2002. C’est aussi l’accessibilité à l’expertise de 350 agronomes et techniciens agricoles, ainsi qu’à un vaste réseau offrant les infrastructures pour la transformation et l’exportation.

De plus, la CFQ est membre de la Cooperative Research Farms (CRF), une coopérative de recherche de niveau international en alimentation animale. C’est un atout pour les membres qui peuvent se maintenir à l’avant-garde en matière de nutrition.
Tout cela est bien beau mais cela ne se fait pas tout seul, les coopératives existent grâce à leurs membres et nécessitent forcément une relève. « L’avenir de la force du réseau dépend de votre implication » déclarait monsieur Blais.

Le mot de la fin

Cette journée aura permis à plusieurs de prendre conscience de la portée de leur appartenance à AgriEst comme coopérative affiliée à la CFQ. Pour ceux qui n’en sont pas, les propos de Marc Quesnel, président du conseil d’administration d’AgriEst auront sûrement contribué à stimuler la fibre coopérative: « Une coopérative c’est des membres! Ce n’est pas une série de bâtiments, soulignait-il. Cela répond à un besoin commun de s’organiser, et c’est le membre qui oriente sa coop. Avec nos cent membres, nous avons les moyens collectivement de nous offrir des produits et des services auxquels nous ne pourrions pas avoir accès individuellement », mentionnait-il.

Depuis 3 ans, AgriEst est affiliée à la CFQ et profite de nombreux avantages dont les effets rejaillissent sur ses membres. Entre autres, la transmission de la chartre des procédures, rigoureuse et transparente aura aider le conseil d’administration à cheminer dans ce vaste exercice démocratique.

Comme plusieurs jeunes le soulignaient la situation est souvent difficile pour les agriculteurs ce à quoi Nicolas Mesly appuyait: C’est souvent lorsque l’on est dans la misère que se développent les coopératives.

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