Volume 29 Numéro 14 Le 23 mars 2012

La Fromagerie Thornloe fait un retour en force


La Fromagerie Thornloe vient d'atteindre le seuil de rentabilité pour la première fois depuis que le géant du lait Parmalat a voulu la fermer, il y a 6 ans. Photo archives

Par Marc Dumont, collaborateur
info@journalagricom.ca


 « Je fais du fromage pour des concurrents qui n’ont pas l’équipement. C’est mieux que de me battre contre eux! » Cette ouverture d’esprit du nouveau directeur général de la Fromagerie Thornloe, Yves Gauthier, a été la clé du succès de l’entreprise, qui quelques mois passés, était en mode survie.

 

La Fromagerie Thornloe vient d’atteindre le seuil de rentabilité pour la première fois depuis que le géant du lait Parmalat a voulu la fermer, il y a 6 ans. Un an après la nomination d’Yves Gauthier comme directeur général de la fromagerie, l’entreprise a réalisé une remarquable augmentation de 35 % de son chiffre d’affaires.

 

Avant que la fromagerie ne soit achetée en 2006 par Gencor, une entreprise spécialisée en insémination artificielle, sa situation financière était jugée critique. Celle-ci avait fourni un appui important en gestion en marketing et en financement, mais les choses s’étaient compliquées à la fusion de Gencor avec un autre géant de l’insémination artificielle. La nouvelle entité n’avait pas de place pour la production fromagère dans son plan d’affaires. La Fromagerie Thornloe avait donc été laissée à  elle-même.

 

Pour John Vanthof, député provincial de Témiskaming-Cochrane qui avait été très actif dans le sauvetage de la fromagerie, c’est un soulagement. « Maintenant que la Fromagerie Thornloe a atteint la rentabilité, là on peut dire qu’on l’a sauvée. »

 

De meilleures conditions

La rentabilité de la Fromagerie Thornloe est un baume sur la plaie ouverte causée par de constants changements dans le Nord ontarien. L’augmentation de 1,3 million $ de son chiffre d’affaires serait également due à une meilleure conjoncture : la grève d’un an des mineurs à Sudbury avait fait mal. Des négociations avec les grandes chaînes alimentaires y ont aussi été pour beaucoup, de même que des alliances avec d’autres fromageries pour qui elle fabrique des fromages fins.

 

À son entrée en fonction, le directeur général a dû procéder à une restructuration.  « Il faut trouver la bonne combinaison pour la fabrication, le vieillissement des fromages selon la demande de la clientèle et les possibilités avec nos installations et la main-d’œuvre », avait-il déclaré à cette époque.

 

Et il a gagné son pari. À elles seules, les ventes quotidiennes à la Fromagerie Thornloe se chiffrent en moyenne 4000 $ par jour et 21 employés sont au service de l’entreprise.

 

Grâce à l’achat d’un édifice à Haileybury l’année dernière, la fromagerie a doublé ses installations de réfrigération. « Avec l’augmentation des ventes, il fallait monter l’inventaire de 20 % », explique M. Gauthier. De plus l’édifice comprend un fumoir à fromage qui sert à la fois pour fumer les fromages de l’entreprise, mais aussi ceux d’autres fromageries. Un travail à forfait qui se révèle profitable pour tous.

 

Défis à venir

Le défi qui attend Yves Gauthier dans la prochaine année sera la conservation de sa main d’œuvre puisque la compétition avec le secteur minier est forte. Le nord de l’Ontario connaît un boom minier sans précédent et les salaires sont plus qu’alléchants.

 

 « Ça devient mon plus gros problème. Les ventes de fromage sont là, les opportunités sont là, on a un bon produit et la production doit rester constante et livrée à temps », confie le gestionnaire.

 

La Fromagerie Thornloe lancera prochainement son nouveau fromage, le North Haven. Celui-ci a été primé lors de la Royal Agricultutal Winter Fair  en décembre 2011. Bien que cela surprenne, il n’avait pas encore été mis en production lorsqu’il s’est vu décerner un prix.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *