Volume 31 Numéro 08 Le 6 décembre 2013

La magie de Noël… grâce aux arbres


Yvon Brabant, producteur d'arbres de Noël de Casselman. Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Que serait Noël sans « sapin » au pied duquel sont déposés tous ces cadeaux qui font le bonheur des petits comme des grands ? Ce symbole festif, vieux de 400 ans, on le doit à 650 d’agriculteurs ontariens qui cultivent avec passion des arbres pendant près de 10 ans avant qu’ils ne se retrouvent dans votre salon, ornés de boules et de guirlandes. Agricom a rencontré l’un d’entre eux, Yvon Brabant, un cultivateur de Casselman, dans l’Est ontarien.

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Yvon Brabant n’est pas le Père Noël, mais presque. N’ayant ni barbe, ni ventre rond, c’est plutôt grâce à son travail acharné tout au long de l’année qu’il crée la magie de Noël dans des centaines de chaumières de l’Est ontarien. C’est sous les arbres qu’il cultive que peuvent être déposés les cadeaux apportés par ce drôle d’homme barbu auquel croient encore ses six petits-enfants.

Chaque année depuis sept ans, c’est sur sa propriété que s’enclenche chez ses clients l’esprit des Fêtes. Sur sa terre d’une centaine d’acres sont cultivés une dizaine de milliers d’arbres, des sapins fraser, des sapins baumiers, des épinettes blanches et des épinettes bleues, destinés à l’autocueillette.

« Les gens aiment Noël, mais c’est dont stressant. Alors, quand ils viennent chercher leur arbre, il y a cette demi-heure ou cette heure pendant laquelle ils semblent paisibles et heureux, dénudés de stress », confie-t-il à notre journaliste lors d’une entrevue à sa sapinière, à la fin novembre.

Au-delà de cette frénésie du temps des Fêtes que ressentent ses clients, M. Brabant a l’impression d’offrir à ceux-ci une expérience unique en famille, à la limite tout aussi excitante que le déballage des cadeaux qui se trouveront sous l’arbre minutieusement sélectionné sur sa terre, quelques semaines plus tôt.

« C’est comme une récompense. J’ai travaillé tout l’été en espérant que les gens soient heureux et satisfaits de trouver leur arbre », soutient-il.
De fonctionnaire à producteur

Retraité de la fonction publique depuis quelques années déjà, il était loin de s’imaginer que son travail d’agent financier pour le gouvernement fédéral allait le mener à cultiver plus de 10 000  arbres de Noël aujourd’hui.

Il a acheté au début des années 2000 une terre où étaient déjà cultivés des arbres par des pépiniéristes. Certains sapins baumiers étaient donc déjà prêts à être coupés, ce qui lui a permis d’en faire le commerce peu de temps après l’acquisition de cette propriété.

N’ayant aucune expérience en la matière, il peut dire aujourd’hui avec un peu de recul qu’il a fait des erreurs desquelles il a grandement appris. Il nous a d’ailleurs confié avoir remis ses projets en question, un été, alors qu’il avait vu la mauvaise herbe prendre le dessus et envahir ses arbres miniatures. Il le reconnaît, il ne savait pas initialement dans quelle aventure il s’était lancé et ignorait la quantité d’heures qu’il devrait consacrer à chouchouter ses conifères.

« Je suis quasiment gêné de comparer les arbres que je vendais au début et ceux que je vends aujourd’hui. Ils sont tellement plus beaux. Mes fidèles clients ont probablement vu la différence au cours des années », raconte M. Brabant, embarrassé.

La coupe d’herbe, la taille des arbres, la récolte de sapins vendus précoupés et les journées passées en compagnie des bûcherons d’un jour totalisent huit semaines de travail complètes pour seulement huit jours d’auto-cueillette.

C’est sans compter les heures consacrées à l’aménagement de sentiers que peuvent emprunter ses clients pour faire une balade en forêt et de glissades pour les enfants, à l’entretien des bâtiments où les familles sont invitées à prendre un chocolat chaud et à l’entretien général du terrain.

Cette année, il s’est d’ailleurs lancé dans la confection de couronnes de Noël et dans la vente de sapins de trois pieds en pot. Ces derniers peuvent être décorés et mis en terre l’année suivante.

Mais cet homme est un passionné. Qu’importe la quantité d’heures qu’il accorde à sa plantation chaque année, il en retire une fierté palpable. C’en est beau à voir !
Déclin des arbres de Noël naturels
Les recettes monétaires provenant de la vente d’arbres de Noël naturels sont en déclin au pays. Selon Statistiques Canada, il s’est vendu pour 52 millions $ de ces conifères fraîchement coupés en 2012, en baisse de 2,3 % par rapport aux recettes de 53,3 millions $ enregistrées l’année précédente.

L’Ontario ne s’en tire pas à bon compte. Alors que les recettes avaient légèrement augmenté en 2011, elles ont baissé de plus de 820 000 $ en 2012. Il s’agit d’une baisse considérable de 1,76 million $ depuis 2008, un coup dur à encaisser pour les cultivateurs d’arbres de Noël ontariens.

Le nombre de fermes et la superficie des terres cultivées sont elles aussi en baisse. C’est cependant en Ontario qu’on compte le plus grand nombre d’entreprises, soit 647, qui exploitent un  peu plus de 14 700 acres d’arbres de Noël de toutes sortes. En termes de superficie cependant, c’est au Québec que l’on retrouve les plus grandes fermes, la moyenne étant de 54,4 acres.
SAVIEZ-VOUS QUE…
– Chaque hectare d’arbres de Noël produit suffisamment d’oxygène pour 40 personnes.
– Le 7 décembre est la journée nationale de l’arbre de Noël.

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