Volume 32 Numéro 06 Le 7 novembre 2014

La piqûre des champignons


Lukasz Wozniak, myciculteur -Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Ce qui a commencé par une passion pour les champignons sauvages polonais est maintenant devenu une petite entreprise pour deux amis d’Ottawa. Le programme de démarrage d’une entreprise agricole de l’organisme Alimentation juste a permis à Shelley Lambert et Lukasz Wozniak de passer du rêve à la réalité et d’amorcer une démarche plus sérieuse dans la production de champignons comestibles.

Lukasz Wozniak est d’origine polonaise. L’une des choses qui lui ont le plus manqué de son pays natal est l’abondance de champignons sauvages en forêt qui sont cueillis par la population pour concocter de délicieux mets traditionnels.

« Le champignon est très populaire dans la cuisine polonaise. Malheureusement, il reste très peu de forêts à l’état naturel en Pologne et la recherche est plus difficile vu leur popularité », explique le jeune agriculteur.

Bien que cette situation le désole, il a la chance d’avoir immigré dans un pays où les ressources naturelles lui permettent de satisfaire sa gourmandise pour les champignons, un péché mignon qu’il a fait découvrir à son amie, Shelley Lambert. Les copains s’émerveillaient chaque fois qu’ils trouvaient des espèces comestibles en forêt.

En mars 2011, le couple d’amis a cédé à la tentation d’aller suivre un atelier dans l’état de Washington afin d’apprendre à cultiver ces fongus. Ils ont eu la piqûre. À peine quelques mois plus tard, ils ont commencé les essais avec des kits achetés sur le site Internet du conférencier.

« C’était comme un chia pet, on en prenait soin comme notre animal », rigole Lukasz.

Ça a commencé en une production domestique, puis avec le succès obtenu, ils ont décidé de commencer à produire à plus large échelle. Ils cultivent maintenant des pleurotes, des morilles, des shiitakes et des reishis.

« On a le goût du champignon sauvage sans prendre le risque de s’empoisonner », s’émerveille encore Shelley.

Ceux-ci utilisent une technique qui est peu répandue en agriculture. Ils cultivent les champignons à l’extérieur, en utilisant différents substrats : paille, bran de scie, souches d’arbre, etc.

« Ça nous donne accès à une meilleure luminosité et à de l’air frais, puis ça permet aux champignons d’aller chercher plus de nutriments », explique la mycicultrice. « La lumière du soleil est plus riche que la lumière artificielle », ajoute son collègue.

En l’exposant à l’environnement extérieur, le chapeau de leurs champignons a une différente couleur.

Mais qui dit extérieur, dit aussi qu’ils doivent composer avec le climat ontarien. Le printemps et l’automne sont les périodes les plus propices pour cultiver les espèces choisies, l’été étant trop chaud.

Aide au démarrage
S’ils en sont rendus là dans leur processus de démarrage, c’est que Lukasz et Shelley ont bénéficié du programme offert par Alimentation juste. Ils ont à leur disposition un terrain d’un demi-acre situé à Blackburn Hamlet sur lequel ils cultivent aussi d’autres fruits et légumes plus exotiques en créant un microclimat… Un sujet qui sera exploré dans un prochain article.

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