Volume 33 Numéro 18 Le 20 mai 2016

La saison est bien lancée, les semis vont bon train

Par Chantal Quirion


Selon l’agronome Gilles Quesnel, spécialiste en grandes cultures à la retraite, quoiqu’encore très actif dans le domaine, la saison agricole se déroule à merveille dans l’Est ontarien. Un sans-faute, pourrait-on pratiquement dire. Le 12 mai, 90 % du maïs était semé et il ne restait que les champs moins bien drainés à terminer. Quant au soya, le travail avançait à grands pas.

« Moi je dis que pour le maïs dès qu’on arrive à la fin avril les agriculteurs ne devraient même plus regarder le thermomètre et devraient semer. Je dis la même chose pour le soya à compter du 10 mai. »

Plus vite le maïs couvre le sol et plus il fabrique de photosynthèse. Pour le soya on souhaite qu’il forme un beau tapis lors des journées les plus chaudes vers le 20 juin.

Pour cette région, l’absence de pluie a favorisé le travail aux champs.

« On en annonçait souvent, mais ça finissait toujours par tomber ailleurs. »

L’agronome Georges Erik Tsague faisait lui aussi les mêmes constats, la saison a fort bien débuté. Pour sa part, il a même dû freiner les ardeurs de certains agriculteurs qui auraient voulu semer le soya dès les premiers jours de mai. Le sol est encore froid et il n’y a encore rien qui presse leur disait-il en leur conseillant d’attendre une bonne semaine encore.

Dans le Sud-Ouest, en date du 12 mai, on accusait un léger retard pour le maïs alors qu’environ 75 % des semis étaient effectués et que l’on venait de commencer le soya la veille. Néanmoins, rien de dramatique en ce qui a trait au potentiel de la saison. Quelques précipitations ont retardé le travail du sol, mais rien de comparable aux pluies diluviennes de l’an dernier. Et même à cela, la plupart s’en étaient finalement bien tirés avec l’automne chaud qui s’est étiré.

 

 

 

 

Dans le Nord

Dans la région de la petite et de la grande enclave argileuse, la saison s’annonce bonne indique le conseiller en développement agricole, Daniel Tassé, responsable des grandes cultures au ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO).

« On a eu deux bonnes semaines. Certains ont commencé au début mai et je dirais que ça avance à grands pas, surtout où les terres sont drainées. Le terrain se travaille bien il n’y a pas eu beaucoup de précipitation », rapportait M. Tassé, le 16 mai.

À cette date il y avait encore des risques de gelée et c’est pourquoi entre autres on ne conseillait pas de semer le soya avant le 10 mai.

« Mère nature est toujours pleine de surprise. La gelée par contre n’est pas un problème pour la fèverole et pour les céréales. Le sarrasin, lui va être semé au début de juin parce qu’il y est très sensible.

Contrairement à l’Est et au Sud-Ouest, on y plante très peu de maïs, seulement pour l’alimentation des animaux à la ferme. Le soya y est de plus en plus populaire, surtout pour effectuer la rotation des cultures. D’ailleurs, le choix des cultures a été fait il y a déjà quelques mois en raison des projections pour les prix  et de l’éligibilité des variétés à l’assurance-récolte. On y fait encore beaucoup de céréales : avoine, blé, et orge, mais la chute des prix de l’avoine l’an dernier n’a pas joué en sa faveur cette année. Alors que le canola était très populaire il y a quelques années, sa culture a dû être interrompue à cause de la cécidomyie du chou-fleur, un insecte ravageur.

« On a dû regarder pour des cultures alternatives comme le lin, le sarrasin, le pois vert, le pois jaune et la fèverole, tous des marchés pour la consommation humaine. La grande culture a pris beaucoup d’ampleur par ici. On a trois producteurs qui font 10 000 acres et plus et on en a de 1 000 acres et plus. »

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