Volume 30 Numéro 09 Le 21 décembre 2012

La sécheresse responsable de la faim en Ontario

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les conditions climatiques qui se sont abattues sur la province en 2012 seraient en partie responsables de l’augmentation du nombre de personnes souffrant de faim. Selon le rapport annuel sur la faim (Hunger in Ontario) de l’Ontario Association of Food Banks (OAFB), les nombreux « désastres naturels imprévisibles » auraient fait croître de près de 18 000 le nombre de personnes ayant besoin d’assistance alimentaire, pour un total de 412 000 individus par mois.

L’OAFB, qui représente 120 banques alimentaires et plus de 1 100 programmes d’aide alimentaire à travers la province, attribue cette augmentation de 4,5 % des besoins d’assistance notamment à la sécheresse, au gel printanier et aux inondations dont plusieurs régions ont souffert au cours de cette année.

«Les défis que nous avons eus en agriculture cette année, les augmentations des coûts de la nourriture et de la vie en général, les inondations dans le nord de l’Ontario, les fermetures d’usines et les mises à pied et les compressions budgétaires dans les programmes d’aide sociale ont tous été des facteurs qui ont mené à un besoin accru d’aide alimentaire», a déclaré Bill Laidlaw, directeur général de l’organisme.

Dure réalité en campagne
Dans les régions rurales, l’organisme a noté que le gel qui a suivi les chaudes journées de printemps, de même que le manque de précipitations cet été ont fait beaucoup de tort aux cultures. « Par conséquent, l’accès à une alimentation durable et de santé est devenu incroyablement limité », révèle le rapport annuel dévoilé au début du mois de décembre.

Il semble que ce soient les personnes âgées qui aient le plus souffert des conséquences des aléas climatiques. En région rurale, on note une augmentation de 14 % le nombre de personnes ayant recours pour la première fois à des banques alimentaires, dont la majorité serait des gens du troisième âge.

D’ailleurs, près de 20 % des banques alimentaires en milieu rural a affirmé ne pas avoir été en mesure de répondre à la demande en 2012. C’est le cas par exemple de l’Agapè Center Food Bank de Cornwall, qui malgré l’augmentation de ses dépenses en produits alimentaires, faisait face à des étagères vides et ne pouvait plus venir en aide aux gens dans le besoin depuis septembre.

Selon l’OAFB, l’augmentation de 5,7 % du coût des produits de la viande et de 4,5 % celui des céréales ont aussi contribué à rendre plus vulnérables les Ontariens dont l’état était déjà fragile.

Dans son rapport annuel, M. Laidlaw rappelle que d’autres conditions climatiques exécrables ont aussi affaibli certaines communautés. En mars dernier, les inondations dont ont été victimes les citoyens de Thunder Bay, Kashechewan et Fort Albany ont forcé les autorités gouvernementales à déclarer l’état d’urgence. Puis l’ouragan Sandy qui s’est déchaîné sur le nord de l’Ontario a forcé l’évacuation des citoyens de Michipicoten, de Wawa et de nombreuses autres communautés nordiques.

Dons agricoles
De nombreux organismes viennent en aide chaque année aux banques alimentaires en faisant plusieurs dons. C’est le cas notamment du Dairy Farmers of Ontario (DFO) qui depuis 1995, fait don annuellement d’un million de litres de lait grâce à la participation de 500 producteurs laitiers. Ce mois-ci, DFO a annoncé un don supplémentaire de 160 000 litres qui s’additionneront au don de 65 000 litres déjà prévu.

«Nous réalisons que la communauté doit aider à répondre aux besoins de ceux qui ont de la difficulté à fournir des aliments nutritifs à leur famille, surtout à ce temps-ci de l’année, explique le président de DFO Bill Emmott. Il est impératif que l’industrie agisse. C’est notre façon de redonner quelque chose à l’Ontario et aux citoyens de notre province. »

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