Volume 28 Numéro 05 Le 20 octobre 2010

Laurent Farmer intronisé au Mérite agricole franco-ontarien

Par Pierre-Alain Blais, rédacteur en chef, Journal Agricom


Le 16 octobre dernier, lors du dévoilement du fusain de Laurent Farmer qui siégera dorénavant parmi les bâtisseurs de la francophonie rurale de l’Ontario: ses cinq enfants (de g. à dr.) Carole, Jean-Pierre, Diane, Michel et Claude, accompagnés d’André Pom

M. Laurent Farmer a été officiellement intronisé au Mérite agricole franco-ontarien, le samedi 16 octobre dernier, lors doeune cérémonie touchante empreinte de sensibilité et de patriotisme franco-ontarien, devant une belle assemblée de parents, amis et francophiles.

« Mon père était un homme très modeste et il serait très touché par cet honneur qu’on lui fait aujourd’hui », a déclaré sa fille Diane. Elle était venue avec toute sa famille spécialement de Toronto pour assister à l’intronisation de son père.

Diane Farmer a ajouté qu’elle se souvenait de son père comme doeun visionnaire du développement économique rural pour les francophones de l’Ontario. Il y voyait là, la seule façon de permettre l’épanouissement de la culture francophone en milieu minoritaire.

Selon Diane, ce développement passait par l’accès à l’information dans la langue maternelle française, l’accès aux outils de développement économique et bien sûr, la présence d’institutions.

Et, il a consacré une bonne partie de sa vie à réaliser des projets dans ce sens et favoriser l’avènement d’institutions qui allaient renforcer le fait français en Ontario, comme la création du Collège d’Alfred, dont on dit justement qu’il est loeun des pères fondateurs, a mentionné Alain Lavigne.

Alain Lavigne, dans les quelques années qui ont précédé l’ouverture du Collège d’Alfred en 1981, était jeune agriculteur dynamique à Ste-Anne-de-Prescott.

Il a confié à Agricom qu’à l’époque, il s’impatientait: Il trouvait qu’il était grand temps que les Canadiens-Français de l’Ontario aient accès à un enseignement agricole dans leur langue, et non pas seulement quelques cours bilingues ici et là qu’on voulait bien leur accorder.

Dans un témoignage bien relevé d’anecdotes, M. Lavigne a rappelé son étroite collaboration avec Laurent Farmer, qui l’a appuyé dans son projet et lui a fourni des contacts précieux au gouvernement qui allait éventuellement être essentiels pour convaincre le gouvernement conservateur de l’époque d’accorder une première institution d’enseignement postsecondaire aux Franco-Ontariens.

M. Lavigne a aussi rappelé que beaucoup de personnes influentes ont contribué à l’avènement du Collège, beaucoup y ont essuyé des coups « des nez qui saignent et des coups », dit-il de façon imagée. La partie n’a pas été facile, et M. Farmer a fait tout ce qu’il a pu dans les dernières années de sa carrière pour aider le Comité à naviguer les dédales de la bureaucratie à Toronto.

Pour Me François Boileau, Commissaire aux services en français de l’Ontario, également présent au dévoilement, tout ce qui a été dit sur le compte de ce grand bâtisseur, l’a ému et l’a rendu humble au point qu’il se disait « bouche bée d’admiration devant toute une vie de réalisations et de progrès pour la francophonie rurale franco-ontarienne ».

Chose certaine, Laurent Farmer représente encore aujourd’hui pour les gens qui l’ont connu, l’image même de l’agronome de comté, affable et toujours aussi passionné par l’agriculture et ses artisans.

Ses fils Claude et Michel se rappellent lorsqu’ils étaient petits, leur père conduisant sur les routes de la campagne de Prescott-Russell, toujours en train de regarder à gauche et à droite les cultures qui défilaient, tout en saluant tous les automobilistes qu’il croisait. On devait lui rappeler de regarder en avant, une fois de temps en temps!

« Il connaissait tout le monde, et tout le monde le connaissait ! »

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