Le 5 novembre 2003

Le Concours de labour du Témiskaming: un événement qui prend de l’envergure

Par par André Chabot, collaboration spéciale*


André Chabot (au centre), a présenté au nom de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, un drapeau franco-ontarien au comité organisateur du Concours de labour du Témiskaming.

Il est 11 heures, le téléphone sonne. C’est Pierre Glaude, directeur général adjoint par intérim à l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Il me demande si je suis disponible la fin de semaine des 26, 27et 28 septembre pour aller couvrir le concours de labour du Témiskaming. J’accepte avec plaisir.

Comme convenu, on se prépare à partir le 26 septembre. On passe au bureau pour ramasser le kiosque et on file vers le Moyen Nord.
Plein de souvenirs refont surface à mesure que l’on file sur la route 17. Je me souviens entre autres du voyage que le Groupement de gestion André Demers avait organisé, cela doit bien faire une quinzaine d’années. Ce voyage consistait à faire des contacts avec les agriculteurs du Nord pour jeter les bases de ce qui devait plus tard devenir le Groupement de gestion du Témiskaming. Nous avions à ce moment-là rencontrer plein de gens fort sympathiques que nous ne connaissions pas.

On roule pour arrêter à North Bay et par la suite on prend la route 11 en direction de New Liskeard, Earlton. Après avoir parcouru pendant plusieurs heures des montagnes et des lacs, on arrive à New Liskeard, une vue imprenable nous laisse voir du haut de la route 11 cette belle vallée verdoyante, le soleil couchant de 19 heures illumine le territoire du Clay Belt. Une belle grosse vache Holstein veille du haut de son socle sur un petit musée qui abrite le bureau touristique. Après 7 heures de route, nous prenons possession de notre chambre de motel pour la durée de notre séjour. Je réalise que la 11 est un circuit très fréquenté par les routiers qui se rendent dans l’Ouest canadien.
Levés tôt vendredi matin car on doit être tôt sur le site pour monter le kiosque de l’UCFO, on file vers Earlton où on voit de belles fermes, du beau terrain plat, de belles luzernes témoignent de la qualité de gestionnaire de nos amis agriculteurs du Nord. Je réalise qu’ils sèment de grandes superficies de blé d’automne également. Bref, nous sommes au c’ur d’une région agricole intense.

Rendus sur place a Bowmanlea Farm/Pineheights Trucking Ltd à Earlton nous sommes accueillis par François Rivard et Denis Toupin, qui sont fort occupés a répondre aux besoins des exposants. On installe le kiosque et je participe aux cérémonies d’ouverture, sous la présidence de Monsieur André Saintonge.

C’est le 5e concours de labour du Témiskaming. La machine est bien rodée et chacun sait ce dont il est responsable. La plupart des kiosques sont a l’intérieur mais il manque de place donc plusieurs ont monté leur chapiteau à l’extérieur il a plein de tracteurs neufs que les compagnies ont amenés sur place avec des charrues modernes et des machines de travail du sol, telles le chisel plow.
Les visiteurs arrivent en grand nombre, les activités ne manquent pas, atelier de maïs ensilage, atelier de charrue chisel. Les hommes de chevaux sont sur place traçant des sillons bien droits, un peu plus loin ce sont les tracteurs antiques. De plus en plus d’agriculteurs collectionnent les vieux tracteurs. Les visiteurs sont fascinés par le retour à la terre. On sait tous que le cheval a permis à l’homme de défricher les terres et aussi de les cultiver, mais l’arrivée des tracteurs a relayé ces nobles bêtes au rancart. Depuis quelques années les fervents amateurs de chevaux tentent de leur redonner leurs lettres de noblesse.

À l’intérieur Daniel Allaire dirige tout au long de la journée les talents amateurs, chanteurs et musiciens, se succèdent jusqu’à 16 heures. C’est la fermeture du site, on retourne au motel pour souper et c’est le retour à Earlton au centre récréatif pour le programme de la soirée qui est le tir de chevaux ainsi que le jugement des chevaux. Les villages environnants se sont sûrement vidés, le centre récréatif est plein de gens, les estrades sont remplies et on a installé 3 rangées de balles de paille et c’est plein. Un très bon spectacle
Samedi matin, il pleut averse une grosse pluie s’abat sur la région durant le déjeuner. Rendu sur le site la pluie a cessé et les laboureurs ont pris place pour leur deuxième journée de travail. À l’intérieur, les musiciens et chanteurs sont près pour accueillir les visiteurs. Les bénévoles tourbillonnent autour de la place soit au restaurant pour nourrir tout ce beau monde, soit pour organiser le tir de tracteurs pour les enfants. Les artisans ont exposé toutes sortes de trucs, peintures, jouets en bois etc. un encan silencieux se tient également.

Je réussis à obtenir une entrevue avec monsieur le Président, qui est fort occupé. André Saintonge est un homme plein d’énergie, monsieur Saintonge est un professeur à la retraite, un homme de la terre ayant acheté l’entreprise agricole, une ferme d’élevage de Charolais, de ses parents. André est un visionnaire il veut que l’agriculture se poursuive dans le Nord dans le respect des gens et de son environnement. Parlant du fait français, il veut que les francophones prennent leur place. C’est la raison pour laquelle il a présidé toutes les activités dans les deux langues, respectueux de la dualité linguistique. Conscient que l’on doit vulgariser le rôle de l’agriculture dans le monde moderne, Monsieur Saintonge et son équipe ont réalisé toute l’importance d’événement comme le concours de labour pour rapprocher les citadins des ruraux. Le fossé s’élargit constamment entre les deux groupes et je constate qu’il y a plein de gens qui ne sont pas agriculteurs et qui sont là aujourd’hui. Plusieurs aiment bien les chevaux et les machines antiques, ils amènent les enfants avec eux pour leur montrer comment on travaillait le sol autrefois.

Au sujet du développement du concours de labour du Témiskaming monsieur le président a plein de projets en tête dont un rapprochement avec le concours de labour provincial. Le vice-président de cet organisme plus que centenaire, Stan Davis, était sur place toute la fin de semaine. Une homologation possible du concours de labour du Témiskaming se dessine pour février 2004. Un nouveau volet a été développé cette année, c’est une tournée de fermes semblable à l’Agri-Tour dans l’Est ontarien, qui permet aux gens de visiter des entreprises agricoles permettant un rapprochement et une meilleure compréhension du monde agricole. André parle déjà du concours 2004. Quant à celui de 2003 tout est en place et on espère que le tout va bien aller dit-il.

L’an prochain tout est à faire, l’Association s’est affilée avec la municipalité d’Evanturel et l’événement se tiendra près d’Englehart sur la route 11 sur le terrain municipal et les fermes avoisinantes. Dans la programmation pour l’an prochain une nouveauté: des machines antiques en mouvement, les gens sont fascinés par celles-ci. On veut également développer de meilleurs espaces pour les roulottes et les motorisés sachant que de plus en plus de gens viennent de loin assister à cet événement. Des gens de Wendover dans l’Est ontarien, dont monsieur Claude Joly, son frère et ses deux fils, ont fait 1200 kilomètres pour être sur place avec leurs chevaux pour participer aux labours.

Monsieur le président voit très loin, c’est un gars de projet et il est à son meilleur lorsque c’est compliqué, pour lui c’est un défi. On doit mettre fin à notre entrevue, plein de choses à faire pour André. On doit libérer la place pour le souper qui est une foire gourmande à partir des produits du terroir soit du bison, boeuf et agneau. Ce souper haut en couleur au son de la musique et de chansons des s’urs Benoit met fin à cette journée.

Dimanche matin nous assistons à la messe des laboureurs à l’église d’Earlton animée pour des gens de la terre. C’est la dernière journée d’activités, au centre récréatif d’Earlton c’est le Gymkhana qui se déroule toute la journée. Nous, on décide de partir après la messe pour le retour, très heureux d’avoir rencontré des personnes fort sympathiques et engagées dans leur milieu. Grâce a des gens comme les organisateurs du concours de labour du Témiskaming nous pouvons être assurés que le patrimoine agricole franco-ontarien dans le Nord est entre bonne main et n’est pas près de s’éteindre.

*André Chabot, est relationniste pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens et un de ses anciens présidents.

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