Volume 37 Numéro 1 - Le 30 août 2019

Le consommateur a toujours raison!


En 2017, le ménage ontarien moyen a dépensé seulement 13 % de son revenu pour se nourrir. Photo : Archives Agricom

Par Alexandre Chabot
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N’y a-t-il pas une action plus vitale que celle de se nourrir ? La survie de tout être humain commence par sa capacité à bien s’alimenter. Pourtant, dans un pays comme le nôtre, avec les techniques agricoles modernes et l’abondance de nourriture, l’alimentation est bien loin d’être notre priorité.

En 2017, le ménage ontarien moyen a dépensé seulement 13 % de son revenu pour se nourrir. Et c’est sans compter que de ce 13 %, près d’un tiers a été dépensé au restaurant. C’est bien peu 13 % quand on pense que les dépenses liées au transport frôlent le 20 % et que les dépenses liées au logement sont de 31 % du revenu. Règle générale, plus un pays est développé, plus le pourcentage du revenu dépensé pour la nourriture est faible. Dans plusieurs régions moins nanties du monde, la part du revenu allant à l’achat de denrées dépasse les 40 %.

Dans un pays comme le Canada, l’accessibilité à de la nourriture en abondance et à un prix raisonnable, est presque assurée. C’est pour cette raison qu’une proportion démesurée du revenu est consacrée à d’autres secteurs de dépenses.
L’agriculture conventionnelle, qui utilise dans bien des cas pesticides, engrais minéraux et variétés génétiquement modifiées, permet d’avoir de très bons rendements et de fournir au consommateur un produit à un prix très accessible. Le portrait est le même en production animale. L’utilisation des différents outils technologiques permet d’avoir des produits alimentaires très abordables.

Le prix le plus bas restera le seul critère d’achat d’une certaine proportion des consommateurs, c’est inévitable. Toutefois, une part grandissante de consommateurs décide de choisir leurs aliments en fonction de leurs valeurs morales et éthiques. En ce moment, les produits qui répondent à cette demande se multiplient dans les supermarchés. Les produits biologiques, locaux, sans OGM, sans antibiotique, nourris à l’herbe, élevés en liberté et écoresponsables n’en sont que quelques-uns parmi ceux qui gagnent en popularité. Il y en aura encore beaucoup d’autres à venir si les consommateurs décident d’augmenter la part de leur budget consacrée à l’alimentation.

Ces modifications des habitudes d’achat annoncent plusieurs changements dans le secteur agroalimentaire. La nécessité de s’adapter sera particulièrement importante pour les agriculteurs. Dans la majorité des productions, les changements et les réflexions sont déjà entamés. Une chose est sûre, ça ne fait que commencer.

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