Volume 31 Numéro 19 Le 6 juin 2014

Le foin : un marché de niche ?


Donald Presseault livre 50 000 balles de foin en Floride. -Photo MDumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Donald Presseault livre 50 000 petites balles de foin par année à des propriétaires de chevaux de loisir de la Floride. Ses voisins et lui exploitent un marché de niche dans lequel les exigences des propriétaires équins floridiens sont très pointilleuses.

Cet agriculteur de la région de Judge, un ancien village situé sur la route 65 Est dans le Nord-Est ontarien, dessert 150 loyaux clients. Depuis 15 ans, il livre autour de 70 voyages par année et il peine à répondre à la demande.

Bien qu’il n’ait que 300 acres, dont il cultive seulement la moitié en foin – composé de luzerne, de mil et d’herbes –, il réussit à bien vivre de sa production. « C’est un produit de niche. Je n’ai pas besoin de 1000 ou 2000 acres pour bien vivre », soutient-il.

Si ses clients américains sont prêts à payer 9 $ par petite balle de foin, c’est qu’elles sont d’une qualité irréprochable. Les chevaux aiment un foin en pleine floraison avec de longues têtes de mil, pas un foin plein de protéines et produit tôt dans la saison, révèle le cultivateur. Pour obtenir la meilleure qualité, il suit un processus rigoureux qui fait de son foin le préféré des chevaux floridiens.

Il ne fauche qu’en plein soleil, vers 13 h ou 14 h. Puis moins de quatre heures après sa coupe, il passe le foin au macérateur afin de briser les tiges et la cire pour faciliter le séchage. Le lendemain après-midi, le foin est soulevé pour faire circuler l’air dessous, sans le tourner, pour ne pas perdre les si précieuses feuilles de la luzerne. Et bien sûr, le foin doit être exempt de poussière.

« Il faut garder le vert puisque la couleur est d’une grande importance pour les clients », explique M. Presseault.

L’un de ses secrets pour maintenir l’excellente santé de son sol et produire de bonnes récoltes en utilisant peu d’engrais est sa rotation de culture avec de l’avoine, du soya et de l’orge, sur un cycle de trois ans.

Un cultivateur tout aussi exigeant que ses clients
Faire du foin de cette façon impose des restrictions. « On ne coupe que ce qu’on peut ramasser. Je consulte trois sites de météo pour m’assurer qu’il y aura du soleil », affirme Donald Presseault. « Si on a du beau soleil, on a du beau foin », se permet de préciser son associé, M. Rheaume.

La formation de la balle de foin est tout aussi importante que sa composition. La petite balle doit avoir 32 pouces, peser 50 livres et contenir 14 à 15 galettes. Le nombre de galettes est primordial pour ses clients qui s’y fient pour calculer la ration quotidienne servie aux chevaux. Il faut donc vérifier occasionnellement le nombre de galettes par balle. S’il en compte 18, c’est une indication que la presse à foin ne va pas assez vite. Donald sait qu’il fait de belles balles quand il en fait 300 à l’heure.

Les techniques de production des autres cultivateurs qui fournissent du foin à Donald sont uniformisées, question d’avoir un produit constant de qualité irréprochable.

Pour certains, produire du de foin en petites balles est interminable. Pas pour Donald. Ses équipements lui permettent à deux hommes de récolter 2 000 balles par jour, notamment grâce à son chariot à foin autopropulsé. Cet équipement place le foin dans la partie arrière et quand le chargement est complet, il se vide d’un coup et en bonne position dans le hangar où le foin séchera au moins six semaines.

Une fois cette étape complétée, trois camions – deux réfrigérés et une plateforme – sont chargés et les balles de foin sont livrées directement en Floride. C’est alors qu’il ressent un fort sentiment de satisfaction l’envahir.

Donald Presseault ne s’en cache pas; il est bien content d’avoir réussi à faire progresser son entreprise là où plusieurs ont échoué.

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