Volume 30 Numéro 17 Le 10 mai 2013

Le maïs-grain au Témiskaming : un avenir brillant!


Jason et Danny Robert sont photographiés devant leur semoir de conception irlandaise Photo MDumont

Par Marc Dumont, collaborateur


Cultiver du maïs-grain est maintenant chose possible au Témiskaming. Grâce à l’achat de deux semoirs de conception irlandaise, un groupe d’agriculteurs prévoient semer 1 600 acres cette année.

En 2011, Lee Laframboise était à la recherche de la solution miracle pour combler les  200 à 300 unités thermiques manquantes à la saison de culture au Témiskaming pour la production de maïs-grain. C’est alors qu’un voisin lui a mis la puce à l’oreille : un nouveau type de semoir vu à Terre-Neuve permet de semer sous plastique.

Quelques recherches et le producteur laitier était déjà vendu à l’idée ! Ce nouveau semoir de conception irlandaise déroule du plastique perforé et épand un herbicide de pré-émergence.

Acheté puis mis à l’essai l’année suivante, les résultats pour la culture du maïs-grain sont surprenants.

Plusieurs agriculteurs cultivaient déjà du maïs d’ensilage depuis une quinzaine d’années dans la région, mais les températures nordiques ne permettaient pas de rendre le maïs-grain à point, le taux de sucre ou d’amidon étant insuffisants.

Or, avec la technique de culture sous plastique, l’effet de serre créé fait augmenter la température du sol de 8oC en moyenne! Les essais de l’an dernier ont donc permis à ces pionniers d’obtenir un meilleur rendement en maïs-grain, avec un taux d’humidité de 10 % inférieur à la normale, tout cela, un mois à l’avance sur l’horaire prévu.

Améliorations  Le succès est tel qu’il y aura deux nouveaux semoirs irlandais cet été au Témiskaming. Lee Lavictoire s’est associé à Alex et Eric Rivard pour l’achat du premier, tandis que Jason et Danny Robert en ont commandé un autre.

Celui acheté l’année passée a déjà été vendu afin d’en acheter un autre encore plus adapté aux conditions culturales canadiennes.

Les nouveaux semoirs peuvent semer huit rangs – contre les six de l’an dernier -, question d’avoir les mêmes dimensions que la table de la moissonneuse-batteuse.

Ils sont également équipés de quatre caméras qui permettront aux agriculteurs de surveiller si toutes les opérations de semence, d’épandage d’herbicide de pré-émergence, de déroulement et d’enfouissement de la pellicule plastique se passent normalement.

Le fabriquant irlandais y a aussi apporté des modifications afin de l’adapter aux sols argileux du Témiskaming. La nouvelle version comportera un cultivateur et un système de chaînes pour mieux enterrer le plastique, un problème rencontré l’an passé à cause des forts vents.

De plus, le tracteur sera guidé par un appareil GPS, ce qui permettra à l’agriculteur de se concentrer sur le semoir. Mais n’allez pas croire que semer sera une partie de plaisir puisqu’il faut installer de nouveaux rouleaux de plastique tous les cinq acres.

Rentabilité prouvée
Bien que l’utilisation de ce nouveau semoir coûte cher, il élimine les coûts rattachés à l’achat de maïs et à son transport. Le maïs importé du sud de l’Ontario contenait souvent une toxine responsable de nombreux avortements chez la vache laitière.

Puis comme dirait Lee : « J’aime mieux dépendre de mon propre terrain. » Il s’attend à avoir payé le coût du semoir en une saison juste par la différence que cela fera dans l’ensilage.

Possibilités infinies
Cette nouvelle technologie suscite beaucoup d’enthousiasme au sein de la communauté agricole. De nombreuses compagnies d’intrants agricoles ont déjà flairé la bonne affaire.

De plus, le nouveau semoir crée de nouvelles occasions d’affaires, comme pour cet agriculteur de Chatam, dans la région de Kent, qui s’en servira pour la première fois pour produire du maïs sucré.

L’utilisation de ce semoir irlandais permet aussi d’entrevoir les possibilités de cultures, comme les pois, tandis qu’aux États-Unis, on tentera de produire deux récoltes de maïs-grain par année.

NDLR :  Les semoirs sont arrivés d’Irlande en pièces détachées. Une fois assemblés, des ingénieurs irlandais débarqueront en sol canadien pour faciliter les ajustements en fonction du sol.

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