Volume 33 Numéro 16 Le 22 avril 2016

Le Nord de l’Ontario renversera la tendance dans l’industrie du bœuf



L’industrie du bœuf est en perte de vitesse depuis 10 ans. Le nombre de têtes en Ontario a diminué du tiers. Pour renverser cette tendance, l’Association des producteurs de bœuf de l’Ontario lorgne du côté du Nord de l’Ontario et lance la campagne Beef North.

Les études de rentabilité ont établi que le potentiel est là et l’Association annonce son plan. Ce territoire à rouvrir, c’est la Grande enclave argileuse qui s’étend de Matheson à Hearst. On y dénombre environ 6 500 000 acres de terres très fertiles dont 800 000 acres pourraient devenir assez facilement des terres pour la production de bœuf.

Beaucoup de ces terres étaient en friche et avaient été abandonnées faute de relève et d’infrastructures agricoles. Depuis, 2014, l’Association des producteurs de bœufs de l’Ontario (Beef Farmers of Ontario : BFO) travaille à la relance de l’industrie. L’objectif est ambitieux : créer 30 fermes par année pendant 20 ans pour augmenter le troupeau provincial de 100 000 têtes de bétail.

Pour attirer de nouveaux éleveurs de bœuf, l’Association a produit un site Web : « Cow herd expansion in the North ». Elle souhaite établir un modèle de ferme bovine familiale dans le Nord avec un revenu convenable. L’étude se fait avec la municipalité de Kapuskasing, propriétaire de l’ancienne ferme expérimentale du gouvernement fédéral. L’Association s’est impliquée aussi avec le ministère de l’Agriculture avec un programme pour défricher des terres. Le Fonds patrimoine du Nord de l’Ontario accorde 500 $ de l’acre. Les Producteurs de bœuf font du lobbying auprès de la province pour avoir accès à des terres de la couronne pour l’agriculture. « Il y a un bon appui autour de la table », commente Matt Bowman, lui-même producteur de boeuf au Témiskaming et président de la BFO.

En plus, dans le Témiskaming le prix des terres est abordable. L’acre se paie entre 4 000 $ et 5 000 $ et plus au nord dans le district de Cochrane, on peut même en acheter pour 500 $ selon M. Bowman. En comparaison, dans le Sud, le coût pourrait grimper jusqu’à 25 000 $.

Aussi, le fourrage y pousse bien et la qualité du mil et des petites céréales produites dans cette région est « idéale pour la vache, un animal adapté au froid, mais il faut conserver les forêts. Elles protègent contre le vent », affirme pour sa part Jason Desrochers,  producteur de bœuf de 3e génération à Val-Gagné.

L’Association des producteurs de bœuf de l’Ontario regarde ce qui se passe en Abitibi au Québec. Avec une photo aérienne, on remarque qu’on ne voit que des champs cultivés pour le Québec alors qu’en Ontario, ce ne sont que des forêts. Au Québec, certaines fermes ont 500 têtes. C’est une grosse industrie appuyée par plusieurs agronomes et de la recherche. Avec l’appui du gouvernement de l’Ontario, les producteurs calculent pouvoir générer trois milliards de dollars en activité économique.

Les efforts des producteurs de bœufs ont déjà commencé à porter fruit. Environ deux douzaines de familles de mennonites se sont déjà installées dans la région de Val-Gagné. Ils ont déjà construit une école, une église et un magasin. Puis ils ont acheté beaucoup d’acres : entre 12 000 et 15 000.

Et comme le dit le proverbe, qui vivra verra.

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