Le 15 mai 2002

Le nouveau Farm Bill va accroître les aides agricoles de 70 %


Le Congrès américain s’apprête à signer la nouvelle loi agricole américaine et …la hausse de 70% des aides agricoles !

Attendu par toutes les puissances mondiales agricoles, mais aussi par les pays émergents ou en voie de développement en raison de l’impact des exportations américaines sur les marchés mondiaux, le ?Farm Bill’ américain représenterait un coût de 175 milliards de dollars sur dix ans, soit une augmentation de 73,5 milliards de dollars par rapport à la loi agricole précédente, selon le magazine Internet LesÉchos.fr.

Pour extraordinairement dépensière qu’elle soit, elle n’en est pas moins une machine à conquérir les marchés mondiaux, continue Les Échos, qu’elle promet de bouleverser, les ?farmers’ américains ayant la garantie d’un revenu sans obligation de maîtriser la production. «C’est un ?chèque en blanc’ pour produire. Plus on produit, plus on perçoit», affirme Ralph Ichter, consultant à Washington.

On peut s’attendre dans ces conditions à une très forte tension sur les prix internationaux, voire un effondrement, estiment les Européens. L’arme privilégiée des États-Unis demeure le ?marketing-loan’ dans la future loi agricole.

Particulièrement décrié par les pays concurrents, parce que perturbant le jeu de l’offre et de la demande, le ?marketing-loan’ se déclenche automatiquement lorsque les prix de marché tombent en-dessous du niveau des prix de soutien. Il permet aux États-Unis de vendre leurs produits agricoles à très bas prix sans que les producteurs y perdent. Soumis à des disciplines moins contraignantes que les restitutions européennes, les marketing-loans sont avec les garanties de crédit et l’aide alimentaire, un des instruments les plus importants de la politique américaine.

C’est ce qui a conduit l’Australie, traditionnellement hostile aux aides publiques agricoles et partisane de la loi du marché, à envisager de porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Canberra redoute tout particulièrement l’impact des subventions américaines sur les marchés des grandes cultures (blé, sucre et coton). Et n’exclut pas à titre de rétorsion de taxer les produits américains à l’entrée sur le territoire australien, révèle Les Échos.

Les grands secteurs bénéficiaires

Les subventions accordées aux producteurs de céréales et de coton américains vont s’accroître de 40 milliards de dollars sur dix ans.
Même les producteurs de lait, qui se voient offrir un nouveau programme de 1,3 milliard de dollars, ne sont pas oubliés. Les agriculteurs du Sud-est bénéficieront quant à eux de la nouvelle subvention de 4 milliards de dollars votée en faveur du secteur de l’arachide.

L’aide alimentaire destinée aux Américains démunis et distribuée sous forme de bons alimentaires augmentera de 6 milliards de dollars. C’est un point auquel les élus urbains du Congrès sont extrêmement sensibles et dont dépend leur accord sur les aides agricoles. Enfin l’enveloppe prévue pour rémunérer les efforts fournis en faveur de l’environnement fait un bond de 80% à 14 milliards de dollars.

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