Le 6 novembre 2002

Le tournage de FranCoeur est terminé pour cette année!

Par Étienne Alary


La maison de Don St-Laurent de St-Eugène qui sert de maison à la famille Létourneau dans FranCoeur.

Entre le 26 août et le 18 octobre 2002, l’équipe de production de FranCoeur a procédé au tournage des épisodes 3 à 12 de cette télésérie racontant l’histoire d’un jeune agriculteur (Luc Francoeur) désireux de prendre la relève de la ferme familiale. Agricom a profité de la dernière journée de tournage à la ferme de Don St-Laurent (famille Létourneau dans la télésérie) à St-Eugène, le 15 octobre, pour rencontrer le producteur exécutif de FranCoeur, Robert Charbonneau, ainsi que le réalisateur, Dereck Diorio.

«FranCoeur, c’est le message. Cette télésérie vient prouver que la francophonie hors Québec à sa place. Cette série démontre qu’il est possible de raconter une histoire, en français, à l’extérieur de Montréal», souligne le producteur Robert Charbonneau, des Productions R. Charbonneau. «Cette télésérie permettra aux francophones de l’Est ontarien de s’exprimer par l’entremise de cette histoire», raconte M. Charbonneau.

Robert Charbonneau indique qu’il a produit FranCoeur pour les gens d’ici. «C’est un cadeau que je leur fais. Je ne l’ai pas fait pour le public québécois. Il est possible que la clientèle québécoise s’intéresse à FranCoeur et il est fort probable que les Québécois finiront par voir cette télésérie mais s’il ne le voit pas, cela ne me fera pas de peine. Cependant, il est certain que je vais être déçu si les Franco-Ontariens ne regardent pas FranCoeur», explique le grand patron des Productions R. Charbonneau.

Afin de mettre toutes les chances de son côté, le producteur et l’auteur ont mis le paquet. «Il ne faut pas se le cacher, FranCoeur c’est de la fiction. L’histoire, qui a été romancée, tente tout de même de soulever des préoccupations régionales tout en étant un divertissement pour le public», mentionne le producteur exécutif.

Cette fiction s’est, par contre, grandement inspirée du réel. «Nous avons testé les deux premiers épisodes auprès de publics cibles et les deux premières émissions ont été très bien reçues. Par exemple, des jeunes qui viennent du milieu de la production laitière nous ont félicités pour l’authenticité que projette FranCoeur», souligne Robert Charbonneau.

Les débuts de FranCoeur

Même si le tournage des deux premières émissions de FranCoeur a eu lieu à la fin du mois de juillet, les débuts réels de ce projet remonte à l’été 2000, soit lorsque Mme Claudette Paquin a été nommée au poste de directrice générale de TFO. «Quelques semaines après sa promotion, j’ai pris rendez-vous avec elle. Je tenais à lui parler d’un projet qui me tenait à c’ur. Dès les débuts de notre entretien, j’ai remarqué qu’elle était très réceptive à l’idée, étant donné qu’elle provient d’un milieu semblable», indique M.Charbonneau.
Au dire du producteur délégué, ce projet était parfait pour la chaîne de télévision française de l’Ontario. «FranCoeur cadre parfaitement dans le plan stratégique de TFO pour regagner une clientèle qu’elle a perdue au cours des années», mentionne Robert Charbonneau.

Cependant, il n’y a pas que TFO là-dedans. «Le budget total de la télésérie est de 3,150 millions $. TFO finance une partie, tout comme le Fonds canadien de la télévision, Téléfilms Canada, le crédit d’impôt fédéral et provincial», énumère M. Charbonneau. «Des efforts ont également été faits pour obtenir des commanditaires majeurs mais ceux-ci préfèrent attendre que l’émission soit diffusée avant d’embarquer», ajoute-t-il.

Pour le producteur exécutif, l’aspect monétaire n’est pas tout. «La réceptivité de la communauté face au projet a été extraordinaire. Que ce soit les commerçants d’Alfred, des concessionnaires automobiles ou des particuliers qui nous ont prêté leur équipement agricole, tous ont collaboré au projet», fait remarquer Robert Charbonneau.

Comme sur des roulettes

Selon le producteur délégué des Productions R. Charbonneau, le tournage de toute la série s’est bien déroulé. «Nous n’avons pas eu de pépin et nous avons réussi à rencontrer les échéanciers que nous nous étions fixés», déclare Robert Charbonneau.
Ces dires sont corroborés par le réalisateur des émissions 3 à 12 de FranCoeur, Dereck Diorio. «Nous avons vraiment été chanceux. En 35 jours de tournage, il y a seulement eu deux jours de pluie», mentionne celui qui était responsable du plateau de tournage.

M. Diorio en était à ses premières expériences dans le tournage d’une télésérie francophone. «J’ai ma compagnie à Ottawa et j’ai déjà tourné des longs métrages. Étant donné que les Productions R. Charbonneau produisent plusieurs séries en même temps, l’équipe qui a tourné les deux premiers épisodes n’étaient pas en mesure de revenir pour la suite. Je connais Robert depuis quelques années déjà et il a fait appel aux services de mon équipe», explique M. Diorio.

Est-il difficile de tourner sur une ferme? «C’est le site idéal pour le tournage. En tournant à l’extérieur, nous avions beaucoup d’espace. Même les maisons dans lesquelles nous avons tourné étaient idéales pour le tournage», indique M. Diorio.

Selon le réalisateur, le tournage dans une étable n’a pas causé de problématique particulière. «Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre car c’est la première fois que nous faisions du tournage dans une étable mais tout s’est bien déroulé», indique Robert Charbonneau.
Ce lieu de tournage a donné lieu à des faits coquasses. «En tant que réalisateur, j’étais avantagé car je me tiens loin de la scène mais certains comédiens qui étaient proches des vaches se souviendront du tournage», s’exclame M Diorio.
Été 2003 : tournage de FranCoeur II
Avant même la diffusion du premier épisode de FranCoeur, qui est prévu pour le 13 février prochain à 20h, Robert Charbonneau a confirmé que FranCoeur serait de retour pour une deuxième année. «Les dirigeants de TFO ont vu les deux premiers épisodes de la série et ils ont été emballés par la qualité du produit. Ils nous ont demandé de préparer des scénarios pour une deuxième vague de FranCoeur», mentionne M. Charbonneau.
Le tournage de la seconde série se déroulerait entre les mois de juin et de septembre 2003. «Nous venons tout juste de terminer le tournage de la première série que déjà, nous travaillons à trouver des idées pour élaborer des textes pour la seconde. Des personnes un peu moins visibles lors de la première série pourraient être mises en valeur lors de la seconde», avance Robert Charbonneau.

Ce dernier confirme que les lieux principaux demeureront les mêmes. «La maison des Francoeur (ferme S & J Villeneuve) ne changera pas d’endroit, tout comme le site de la maison des Létourneau. En effet, M. St-Laurent qui vient tout juste de nous confirmer que nous pouvions revenir l’an prochain. De plus, le site des étables ne changera pas (ferme de Christian Durer)», avise M. Charbonneau.

Un des sites que l’équipe de production devra trouver est celui de la famille Weber. «FranCoeur, c’est l’histoire des francophones en milieu minoritaire qui ont à c’ur l’agriculture. La télésérie pivote autour de trois familles. Il y a tout d’abord celle des Francoeur qui nous raconte l’histoire de Luc Francoeur. Luc veut prendre la relève de la ferme familiale mais puisqu’il n’est pas le fils aîné de la famille, Bernard, le père, hésite et préférerait voir le fils aîné prendre la relève.», indique Robert Charbonneau.

Dans un deuxième temps, il y a l’histoire de la famille Létourneau. «Les Létourneau sont voisins des Francoeur et vivent des réalités différentes. Une des filles Létourneau (Gabrielle) est la grande amie d’enfance de Luc», souligne M. Charbonneau.
Puis, il y a la venue des Weber, dont la fille, Martine Weber, s’amourache de Luc Francoeur. «Les Weber sont des nouveaux arrivants au Canada. Ils arrivent avec leur vécu et leur argent», relate Robert Charbonneau en précisant que la famille Weber jouait un peu le rôle des vilains dans la télésérie.

«Dans la première série de FranCoeur, nous savons qui sont les Weber mais nous ne savons pas où ils habitent. Ils peuvent bien être propriétaires d’une ferme mais habiter dans un chalet dans une autre communauté, c’est quelque chose que nous développerons dans la deuxième série», explique M. Charbonneau. Ce dernier précise qu’il reluque déjà quelques fermes dans la région de St-Eugène qui pourraient accueillir l’équipe de tournage l’an prochain. «Il y a une grosse ferme à stabulation libre dans le coin et celle-ci pourrait bien être l’endroit idéal», ajoute-t-il.

Robert Charbonneau estime que FranCoeur pourrait s’échelonner au-delà de deux séries. «En Ontario, il y en a des histoires à raconter. Chaque région à ses particularités et il n’est pas impossible que des émissions se tournent ailleurs en province dans l’avenir», lance Robert Charbonneau. «Cependant, l’avenir de FranCoeur dépendra des cotes d’écoute. Il est assuré qu’il y aura une deuxième série FranCoeur mais si les cotes d’écoute ne sont pas là, FranCoeur ne se rendra peut-être pas à une troisième, voir une quatrième série», conclut le producteur exécutif des Productions R. Charbonneau.

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