Volume 32 Numéro 10 Le 23 janvier 2015

Les agriculteurs diminuent leur consommation d’énergie


Les agriculteurs ontariens ont davantage réduit leur consommation de carburants que d'électricité.

SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Le secteur agricole de l’Ontario consomme cinq pour cent d’énergie de moins qu’en 2011-2012. Étonnamment, si l’on considère la plus grande taille des machineries agricoles, la plus grande source de réduction est celle des carburants. C’est l’une des nombreuses observations que rapporte le commissaire à l’environnement de l’Ontario (CEO), Gord Miller, dans son dernier rapport annuel sur les progrès liés à l’économie d’énergie publié à la mi-janvier.

Le secteur résidentiel remporte la palme en termes d’épargne énergétique avec neuf pour cent, suivi du secteur institutionnel qui est à égalité avec l’agriculture selon le document « Planifier pour économiser » que l’on peut consulter en ligne. Le titre du pire épargnant revient au secteur industriel.

Le CEO s’attarde à comparer les types d’énergies tels que le gaz naturel, les carburants de transport, l’électricité, le propane et l’huile.

Si la taille des parcs de machinerie énergivores a considérablement grossi au cours des dernières années, la consommation de carburants ne semble pas avoir augmenté selon les données du rapport. « Il est possible que la réduction de l’énergie dans le secteur agricole s’explique par l’acquisition de machineries agricoles plus économes et performantes au niveau énergétique », avance Martin Whicher, gestionnaire principal du secteur conservation de l’énergie et politiques au bureau du CEO.

L’électricité à la ferme
L’industrie agricole ne ménage pas ses efforts pour réduire sa consommation, mais il n’en a pas toujours été ainsi, indique la Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO).

« Les agriculteurs ont le plus haut taux d’adhésion aux programmes de conservation d’énergie. Ils ont réduit leur consommation d’électricité de 17,8 % depuis 2005 », explique Ted Cowan, chercheur spécialisé dans les dossiers de taxation et d’énergie à la FAO.  Parmi les 150 000 comptes hydro agricoles ontariens, près du quart ont officiellement participé aux programmes de conservation d’énergie.

Selon le chercheur, la FAO a longtemps martelé le message et encouragé les agriculteurs à participer à ces programmes alors qu’il n’y avait pratiquement aucun membre de l’industrie intéressé à ménager l’énergie.

« La conscience du prix est un facteur important pour encourager l’économie d’énergie, mais pas le seul, ajoute M. Cowan. Je crois que les producteurs agricoles sont prédisposés, par des générations d’expérience, par leur formation et leur sympathie, à la conservation de toutes sortes car ils en voient l’importance à travers les sols, l’eau, les boisés et encore plus. »

Encore plus d’économie énergétique
La réduction d’énergie en période de pointe est encouragée via une tarification variable en fonction de l’heure de consommation, comme c’est le cas dans le résidentiel. Plus il y a de demande, plus l’électricité coûte cher.

Pour encourager davantage l’économie d’électricité, le commissaire propose d’augmenter quatre fois plus le ratio du prix de l’électricité en période de pointe. Selon les calculs de la FAO, cette suggestion ferait augmenter le prix de 30 cents du kilowatt-heure (kWH) en période de grande demande.

« Cette proposition ne ferait pas nécessairement augmenter la facture d’hydro. Si c’est adopté par le gouvernement, il sera important de s’assurer que des programmes d’économie ciblés soient en place pour aider les clients, comme les petites et moyennes entreprises à réduire leur consommation d’énergie en période de pointe », précise Martin Whicher.

Il s’agit d’une suggestion qui ne plaît cependant pas à la FAO.

« Si les établissements de transformation des aliments ferment leurs portes ou déménagent ailleurs qu’en Ontario dû aux coûts élevés de l’électricité, ceci affecterait directement les marchés de proximité des agriculteurs, ce qui représente la plus grande part de leurs marchés », intervient M. Cowan.  « Si l’on veut utiliser l’incitatif du prix, il serait plus approprié de donner aux clients cinq cents du kWh utilisé en moins d’une année à l’autre », conclut-il.

Le rapport 2014 en énergie du CEO souligne les divers progrès accomplis en matière de conservation et ajoute que d’autres mesures sont requises pour vraiment donner la priorité à la conservation de l’énergie dans notre province.

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