Vie rurale

Les agriculteurs étranglés par les coûts de l’énergie


Philippe Etter est resté bouche-bée en janvier après avoir reçu une facture d’électricité d’Hydro One de 1000 $ supérieur aux mois précédents. -Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les agriculteurs ontariens prient les partis politiques de les aider à devenir plus compétitifs en abaissant les coûts de l’énergie. Cette question a pris une grande place du débat lors de la table ronde entre les candidats aux élections et les producteurs, organisée par l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) et le journal Agricom.

Près d’une vingtaine d’acteurs du milieu agricoles sont venus observer les représentants délégués par les trois principaux partis politiques faire face aux questions et aux remarques de cinq cultivateurs lors de l’événement « À table pour parler agro et franco », le 29 mai, au Club de golf de Hammond.

Fruit du hasard, ce sont les trois candidats de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell (GPR), Grant Crack, Roxane Villeneuve Robertson et Isabelle Sabourin, qui ont été désignés respectivement par le Parti libéral, le Parti progressiste-conservateur et le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, pour parler d’agriculture.

Plusieurs cultivateurs ont demandé aux candidats ce qu’ils planifiaient mettre en place s’ils étaient élus pour réduire les prix faramineux de l’hydro-électricité et accroître la disponibilité des sources d’énergie alternatives abordables, comme le gaz naturel.

Les coûts de l’énergie sont parmi les dépenses les plus dispendieuses des agriculteurs ontariens. Si bien que l’enjeu se trouvait parmi la liste des priorités adressée aux partis politiques par l’UCFO et la Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO).

Philippe Etter affirme avoir été estomaqué en janvier dernier lorsqu’il a reçu sa facture d’électricité d’Hydro One. Le producteur laitier de Sarsfield ne s’attendait certainement pas à découvrir un montant de 1000 $ supérieur aux mois précédents.

« Vous pouvez vous imaginer les frustrations que j’ai eues », s’est-il exprimé en s’adressant à Mmes Robertson Villeneuve et Sabourin ainsi que M. Crack.

Même scénario pour sa résidence pour laquelle il a reçu un réajustement de facture de 900 $ pour les douze derniers mois.

Les engagements des partis
Les conservateurs font bande à part avec leur plan qui privilégie le retour à l’énergie nucléaire. Roxanne Villeneuve Robertson a affirmé que son parti allait supprimer la Loi sur l’énergie verte. « Il n’y en aura plus de contrats de 20 ans qui nous coûtent des milliards de dollars pour les panneaux solaires et les éoliennes », a-t-elle répondu.

Selon elle, cette loi est responsable de la fermeture et du déménagement de plusieurs compagnies ontariennes à l’extérieur de la province.

« L’énergie verte nous coûte des milliards de dollars pour moins de 2 % de retour d’énergie. Ce n’est plus abordable », affirme la candidate conservatrice.

Le député libéral sortant, Grant Crack, a défendu les investissements de 32 milliards $ de son gouvernement dans le réseau hydroélectrique. « C’est important d’avoir un système fiable pour tous nos fermiers de la province », a-t-il répondu.

Il reconnaît que les tarifs d’hydroélectricité devraient augmenter en moyenne de deux à trois pour cent par années pour les prochains 20 ans, mais il croit que l’expansion du réseau du gaz naturel est la solution au problème.

Il soutient avoir parlé avec le ministre sortant de l’Énergie, Bob Chiralli, et la circonscription de GPR fait partie des endroits étudiés pour projet pilote de 200 millions $ pour l’expansion du réseau de gaz naturel.

Relancée par un agriculteur, Roxane Villeneuve Robertson a répondu : « On pourra regarder [la possibilité] du gaz naturel une fois que la dette sera éliminée ».

Réjean Pommainville, un agriculteur d’Embrun et représentant de la FAO est d’avis que le gaz naturel pourrait être viable, malgré la hausse annoncée de 40 % des coûts. « Une entreprise laitière de 100 à 150 vaches pourrait économiser jusqu’à 10 000 $ par année en chauffant son eau au gaz naturel. C’est beaucoup d’argent ».

Quant au NPD, Isabelle Sabourin qu’en supprimant la TVH sur les factures d’électricité, cela améliorerait le sort de l’industrie agroalimentaire.

À l’heure actuelle, seulement 20 % des régions rurales ont accès au gaz naturel.

Or, la FAO évalue qu’un « réseau élargi de gaz naturel qui desservirait tout l’Ontario rendrait disponible 1 milliard $ par année qui pourrait être investi dans la construction de l’économie rural ontarienne. »

L’Ontario est la deuxième province où les coûts de l’hydro-électricité sont les plus chers.

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